I. — Les préparatifs de la Pâque légale
Texte évangélique : « Prima autem die Azymorum (Mat., xxvi, 17), quando Pascha immolabant (Marc, XIV, 12), accesserunt discipuli ad Jesum, dicentes : « Ubi vis paremus tibi comedere Pascha ? » (Mat., xxvi, 17.)
« Or, le premier jour des Azymes, lorsqu'on immolait la Pâque, les disciples s'approchèrent de Jésus disant : Où voulez-vous que nous vous préparions tout pour manger la Pâque ?
1. — Jésus a Béthanie. — Jésus est encore à Béthanie avec ses Apôtres * c’est de cette petite ville, voisine de Jérusalem, qu’il va partir pour la Ville Sainte, où II doit faire de si solennels adieux à ses chers Apôtres.
Ce «'est sans doute pas sans dessein que Jésus se rend ainsi à Béthanie avapt la dernière Pâque. Il y a là ses amis les plus chers après ses Apôtres : Lazare, Marthe et Marie ; Il veut les revoir une dernière fois, leur faire ses derniers adieux.
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Béthanie était pour Jésus le lieu du repos, le sanctuaire de l’amitié. Il y revenait souvent pendant ses courses apostoliques. Il aimait tendrement Lazare et ses sœurs ; et comme II est à la fin de sa vie, Il tient à leur donner une dernière preuve de sa fidélité. Ses adieux seront le testament de son amitié.
Jésus se sent ému à l’approche des plus solennelles manifestations de son amour. Il a sans cesse devant les yeux l’institution de son Eucharistie. Cette vue tourmente divinement son Cœur : elle lui donne une physionomie encore plus douce, plus affectueuse, plus tendre, qui va aller s’accentuant jusqu’à la fin. Qui aurait vu Jésus à Béthanie ce jour-là, en aurait été plus impressionné que d’habitude, et aurait senti dans le Cœur de l’Homme-Dieu une bonté plus touchante et un amour plus intense.
Déjà, depuis quelque temps, Jésus avait dû manifester ces sentiments intimes de son Cœur ; et c’est peut-être ce qui excita dans l’âme de Madeleine un amour plus véhément et la porta, quelques jours auparavant, à venir répandre sur la tête de Jésus un vase de parfum précieux. La bonté avec laquelle Jésus reçoit ce témoignage de son amour, le touchant merci qu’il lui adresse indirectement, en la justifiant et la louant devant les convives, font voir que c’est Lui qui avait inspiré â Madeleine cet acte de tendre amour, et que s’il permettait, à ces derniers moments, plus d’épanchement, à l’amitié des siens, Il en donnait Lui-même des preuves plus nombreuses et plus, touchantes.
Jésus n’a plus que quelques heures de liberté. Il a terminé sa vie publique et apostolique. Il a fait, en quelque sorte, ses adieux à la foule, à tous ceux qu’il avait évangélisés et qui accouraient à Lui. Son heure va sonner. Il se réserve quelques heures de calme, de solitude à Béthanie, comme pour mieux se disposer, Lui et les siens, au moment solennel de la Cène. Béthanie, où tout nous parle de douceur et d’amitié, est une préparation toute naturelle au grand festin de l’amour qui va avoir lieu tout à l’heure : c’est bien le vestibule du Cénacle.
2. — L'heure de la Paque. — Les heures se sont succédé et le moment des premières vêpres de la Pâque est arrivé (*). C’était un jour
(4) Prima autem die azymorum : le premier jour des azymes ou des Pains sans levain, c’est-à-dire le premier jour de la Pâque qui, cette année-là, commençait le jeudi soir, aux premières vêpres de vendredi ; — jour auquel on immolait la Pâquet c’est-à-dire auquel on égorgeait les agneaux dans les parvis du temple. Cette immolation commençait à trois heures de l’après-midi. Dès lor-s, il n’était plus permis d'avoir chez soi de pain levé ; et, pendant les sept jours que durait la solennité, on ne se nourrissait que de pain azyme.
mémorable chez les Juifs, un jour de joie et d’allégresse, le plus grand jour de l’année, — comme Pâques l’est maintenant pour les chrétiens. C’était un jour religieux entre tous, car il leur rappelait la délivrance de l’Egypte ; aussi le peuple tout entier le célébrait-il avec la plus grande solennité.
Les Apôtres, — que leur divin Maître avait, par ses exemples et ses enseignements, rendus exacts observateurs de la loi mosaïque, — ne laissèrent point s’écouler un instant et vinrent sans retard rappeler à Jésus la solennité Pascale, non pas que Jésus eût pu l’oublier, mais le grand désir qu’ils ont de manger la Pâque en compagnie de leur Maître leur fait prendre les devants. Et ils viennent tous ensemble « accesserunt dîscipuli ad Jesum » exprimer leur joie à Jésus de voir enfin arrivé le moment de la Pâque ; et, comme des enfants autour de leur père, ils le lui répètent à l’envi.
3. — La joie des Apôtres. — C’est un jour de Jete, et ils sont si heureux de le passer avec leur Père ! Ils ont vu leur cher Maître si souvent triste ; ils se réjouissent maintenant, à la pensée que cette solennité va lui apporter une certaine consolation. Ils ont été témoins de la haine des pharisiens contre Lui, et plusieurs fois ils ont craint de perdre leur Maître ; aujourd’hui, en ce grand jour de fête qui était une joie générale, ils Le revoient au milieu d’eux, ils ont l’assurance de célébrer encore cette fois la Pâque avec Lui, et, dans leur commune allégresse, ils se pressent autour de Lui, ils Lui disent avec un accent ému : « Maître, le jour de l’allégresse est arrivé, c’est la Pâque. Vous êtes encore avec nous, et c’est ce qui nous rend heureux. Oh ! qûelle fête pour nous que de pouvoir la manger avec vous î Quelle consolation de nous voir encore tous réunis autour de vous, dans cette grande solennité ! Oh ! ditesnous bien vite où vous voulez que nous préparions tout ce qu’il faut pour cette fête de famille. Ubi vis par émus tihi comedere Pascha ? »
4. — Les Apôtres ne pensent qu’a leur Maître. — Mais les Apôtres avaient appris à connaître et à aimer leur divin Maître toujours si bon, toujours si miséricordieux, même lorsqu’on Lui voulait du mal. Ils avaient eu, plus d’une fois, la douleur de constater combien Jésus était peu compris, combien même II était traité par plusieurs avec indifférence et avec mépris. Ils savaient que cette ingratitude des hommes allait droit au cœur de leur Maître, et ils durent souvent Le voir pleurer, Lui qui séchait les larmes de tous les malheureux. Ils avaient vu grandir la persécution contre Jésus, ils savaient qu’on Lui en voulait à
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mort ; et le Cœur de Jésus, si bon et si tendre, était obligé de se fermer et de mettre des bornes à ses dons et à son amour, pour ne pas trop multiplier les ingrats.
Cette douleur pesait lourdement sur le Cœur de Jésus ; ses Apôtres le savaient, ils le voyaient. C’est pourquoi, tout heureux de l’occasion que leur donne cette fête de réjouir un peu leur Maître, ils s’empressent de L’aller trouver, et Lui font clairement entendre que c’est surtout pour Lui qu’ils sont heureux, que c’est à Lui qu’ils pensent, pour Lui qu’ils sont si empressés : « Ubi vis paremus tibi ? Où voulez-vous que nous vous préparions la Pâque ? » — C’est le moment de la Pâque, c’est-à-dire de la joie. O Maître, vous en avez tant besoin ! Les hommes sont si ingrats pour vous, en retour de tous vos bienfaits ; ils vous font tant souffrir ! Oh ! oubliez un moment ces tristes souvenirs, chassez ces sombres pensées, laissez votre cœur se livrer tout entier à la joie... Cette fête est la vôtre, nous voulons la préparer pour vous ; dites, où voulez-vous que nous vous la préparions? Notre joie sera de vous voir joyeux, notre bonheur sera de vous voir heureux. Notre vraie Pâque à nous, c’est de pouvoir partager la vôtre, c’est de pouvoir vous tenir compagnie, c’est de pouvoir être témoins de votre joie... »
5. — La Fête de Jésus. — Les Apôtres font de cette fête la fête de Jésus. En désirant préparer la Pâque pour Lui, tibi , ils disent plus vrai qu’ils ne pensent 5 car c’est bien, en effet, la Pâque de Jésus, la vraie fête de leur Maître. C’est Jésus qui va devenir le couronnement de cette solennité ; et quand, tout à l’heure, ils se lèveront de table, les Apôtres se seront nourris de Jésus, ils auront mangé sa Chair et bu son Sang. La vraie Pâque aura été la Pâque Eucharistique.
C’est pour Jésus que les Apôtres préparent tout ; car c’est Jésus qui va être le mets délicieux du festin, l’Agneau véritable qu’il immolera Lui-même et qu’il servira ensuite à ses chers Apôtres. Jésus y sera tout : le Serviteur, le Chef, le Maître, le Prêtre, la Victime ; les Apôtres ne seront que des convives invités au Banquet céleste, pour s’y rassasier d’un pain nouveau descendu du ciel.
C’est donc visiblement le Saint-Esprit qui inspire les Apôtres, en leur faisant dire : Ubi vis paremus tibi ? Où voulez-vous que nous vous préparions la Pâque ? ( A suivre.)
Pendant le Carême, on recevra avec reconnaissance, au centre de l'Œuvre de la Sainte-Face (228, Boulevard Péreire, Paris), toutes les messes que les abonnés et les lecteurs de <l La Voix du Bon-Pasteur » voudront bien y envoyer. Ces messes seront acquittées sans retard.
Une brebis égarée, ramenée an bercail par les influences eucharistiques du Bon-Pasteur (svae)
Le lendemain, je repassai par le même chemin et, en approchant de l’église où j’étais entré la veille, j’éprouvai les mêmes impressions et je me sentis attiré.
A peine avais-je ouvert la porte, que les paroles mystérieuses : // est là ! résonnèrent de nouveau à mes oreilles.
Je me répétais : II est là! et mes yeux se fixèrent sur le Tabernacle.
Tout ce qui m’entourait semblait prendre une voix pour me dire : // est là / Les murs mêmes me criaient : Il est là !
Cette pensée m’absorbait, et je me disais : « Pourtant, hier je L’ai vu mourir sur la croix. Comment est-Il là ? »
II est là ! Il est là !
Mes souvenirs revinrent peu à peu. Je me rappelai que trois jours après sa mort, Jésus était sorti triomphant du tombeau et qu’enfin II était monté au ciel.
Il est là ! Il est là !
me disait la voix intérieure. — Mais s’il est monté au ciel!...
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Dans mes doutes, je cherchai à réagir contre ces impressions étranges qui s’étaient emparées de moi, lorsque des paroles que j’avais entendues autrefois au catéchisme me revinrent à la pensée : « Jésus est au ciel et au Saint Sacrement ».
Il est là! Oui, Il est là! me disais-je. L’Eglise me l’enseigne. Autrefois je l’ai cru. Pourquoi ne le croirais-je pas encore?
Un sentiment indéfinissable de joie s’empara de mon àme.
Je me sentais heureux de penser et de croire que Jésus est toujours là !
Mes yeux et mon cœur étaient comme rivés au Tabernacle. Et sous l’influence d’une action toute divine, tout s’illuminait pour moi des clartés de la foi.
Il est là !
vraiment, ce Jésus que j’ai si longtemps méconnu !
J’avais oublié qu’il avait promis d’être avec nous jusqu’à la fin des siècles, et qu’au soir de la Cène II avait institué l’Eucharistie et le Sacerdoce pour nous la conserver.
C’est donc bien vrai que
Jésus est là !
et qu’il sera toujours là !
A l’avenir je vais vivre de cette douce vérité.
Cela me rappelle les jours heureux de mon enfance, et je me sens rajeunir...
Je me revois au jour heureux de ma première Communion, et désormais je vais pouvoir goûter chaque jour ce même bonheur...
Jésus est là !
Ah ! que m’importe les peines, les épreuves, les souffrances. Jésus est là, et II m’aidera à tout supporter pour son amour.
Ce sera ma réparation, ma force et ma persévérance.
Jésus est là !
Je veux vivre en chantant mon bonheur.
Jésus est là !
Je veux mourir en l’emportant dans mon cœur.
fleeaeil bienveillant fait à notre Revue
Nous sommes touchés de voir l’accueil fait partout à notre Revue. Les nombreux témoignages d’estime et d’édification que nous recevons vont au-delà de nos espérances. On en admire la présentation, le bon goût et la perfection du travail ; et c’est en effet ce à quoi se sont appliquées nos dévouées collaboratrices, les Sœurs Oblates de Béthanie. Mais ce qui nous touche plus particulièrement, "c’est de rencontrer tant de sympathie et de pieuse correspondance chez tous pour la spiritualité et la réconfortante doctrine qui donnent déjà à la Revue son principal cachet. Puissions-nous contribuer à faire connaître et aimer Jésus davantage, et à sanctifier les âmes dans la voie d’amour et de sacrifice qui doit les conduire au ciel.
Les sentiments exprimés dans les citations qui suivent trouveront sûrement écho dans le cœur d’un grand nombre. Nous formons déjà une grande famille ; soyons unis dans une même foi et un même esprit.
« Vous nous aviez annoncé l’apparition de votre Revue, et je riî’en réjouissais, sachant le bien qu’elle ferait, par l’expérience que j’ai des publications de la Maison du Bon-Pasteur. Je ne m’attendais pas toutefois à tant de beauté et à une telle perfection de fond et de forme. Je ne puis vous exprimer ma joie, à la pensée du bien que vous allez faire. Que d’àmes, en vous lisant, vont être édifiées, consolées, réconfortées ! Vous avez une telle manière de présenter les choses, que l’on est comme forcé de penser comme vous et de tout voir dans la vérité du surnaturel. Pour ma part, je suis bien résolu à m’inspirer de votre forte doctrine et à vivre de la douce spiritualité d’amour que vous nous prêchez. Merci sincère. »
« J’ai trouvé votre Revue bien belle, par le sérieux, la piété, la beauté ot la variété des articles, leur heureuse disposition, leur clarté, leurs enjolivures discrètes, le choix du format et la royale couverture, et enfin tout un ensemble qui plaît à l’esprit et au cœur. »
«? Le premier numéro de la Revue « La Voix du Bon-Pasteur », m’est arrivé. Je l’ai lu avec avidité. Mon àme y a trouvé ce dont elle avait besoin : de l’esprit de foi dans l’accomplissement de mes devoirs et de la douce résignation dans mes souffrances. Un mois d’attente pour recevoir un autre numéro va me paraître bien long. Je me consolerai en relisant certains articles qui m’ont particulièrement touchée. »
« Je vous envoie bien vite mon Bulletin d’abonnement de Bienfaiteur. Vous avez été bien inspiré de créer cette catégorie d’abonnés. Ce sera un moyen de vous aider ; car je me figure les sacrifices que vous avez dû vous imposer pour nous donner une Revue si belle sous tout rapport. »
« J’étais sur le point de m’abonner à deux revues pieuses que l’on m’avait suggérées, lorsque j’ai eu connaissance de « La Voix du Bon-Pasteur ». Le choix a été vite fait. Vraiment, votre Revue est magnifique à tout point de vue. Que de sérieux, de pieux, de varié, d’édifiant et d’agréable tout à la fois ! Je remplace le second abonnement que je m’étais proposé de prendre, par une aumône pour votre belle Œuvre. »
Jésus, le Bon-Pasteur, nom de suavité et d’amour
Unissons-nous aux Anges et aux Saints du Paradis, aux justes de la terre ; unissons-nous spécialement à l'auguste Vierge Marie et à son époux, Saint Joseph, pour chanter le nom de Jésus, lui rendre nos hommages, Padorer, l’aimer, le louer comme il le mérite.
Jésus ! C’est le chant éternel de la Patrie : les Anges et les Saints modulent sans cesse ce nom béni qui remplit l’immensité des Cieux ! Le nom de Jésus est le cri de foi, d’espérance et d’amour de l’humanité croyante, souffrante et militante. Le nom de Jésus est la terreur des démons dans l’enfer.
Tout lui rend hommage : et la sainteté et la misère, et les pécheurs et les justes, et ceux qui peinent ici-bas et ceux qui jouissent dans la Patrie. Tout ce qui a voix au ciel et sur la terre chante le nom de Jésus ; c’est le thème perpétuel de la foi de ceux qui croient, de l’espérance de ceux qui attendent, de l’amour de ceux qui aiment.
Quand on prononce le nom de Jésus, on est illuminé, on est pacifié, on est fortifié, on est consolé, on est embrasé, on est souverainement heureux; car Jésus est la source de tout ce qui est beau, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est grand, de tout ce qui est saint, de tout ce qui parle de bonheur, de paix et d’amour.
Jésus ! C’est plus qu’un monde : c’est le Ciel î On passerait sa vie à prononcer ce nom adorable, que la vie serait pleine et sanctifiante ! On passera son Ciel à le répéter sans fin, et les délices de la Patrie se renouvelleront sans cesse dans ces chants d’amour et de louange.
Jésus! Je ne connais pas de nom plus doux, plus suave, plus enivrant ! Quand j’ai dit Jésus, j’ai dit la sainteté infinie de mon Dieu ; quand j’ai prononcé le nom de Jésus, j’ai purifié mes lèvres et elles peuvent chanter à l’unisson des Anges et des Saints dans leurs concerts éternels.
Quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus illuminer mon esprit, je
me suis plongé dans la lumière et la vérité : quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus pénétrer et embraser mon cœur, je me suis senti consumé d’un amour inconnu me poussant à tous les sacrifices et à tous les héroïsmes ; quand j’ai appelé Jésus à mon secours, ma volonté s’est fortifiée et j’ai connu des courages que j’ignorais.
Quand le nom de Jésus a soufflé au milieu des tempêtes et des orages qui m’agitent, j’ai senti le calme et la paix m’inonder à flots.
Oh ! oui, Jésus est tout au ciel et sur la terre. Il domine l’oeuvre de ses mains, Il répand à flots la lumière <( en tout homme venant en ce monde » (Joan., i, 9), Il éclaire les intelligences, Il pacifie les cœurs, Il fortifie les volontés, Il embrase de la folie de son amour les âmes qui Le prennent en partage et veulent se contenter de Lui.
Jésus ! Depuis que ce nom divin s’est fait entendre ici-bas, l’exil est devenu la Patrie, parce que la terre est son royaume où II veut être connu, adoré, aimé, servi comme II l’est au Ciel !
Avec ce nom béni, les âmes de foi transportent les montagnes, commandent aux éléments, guérissent tous les maux, précipitent les démons en enfer, arrachent les âmes à leurs ennemis infernaux. Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les phalanges des élus se sont multipliées, des armées de martyrs ont versé leur sang, les déserts se sont peuplés, les pécheurs ont abandonné leur voie perverse, les Saints ont constellé le firmament de l’Eglise, les Vierges ont rempli les cloîtres, les Prêtres ont couvert le monde !
Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les âmes ont goûté des joies ineffables jusque là inconnues à la terre, elles se sont plongées dans des délices enivrantes où, détachées de toute affection terrestre, elles n’ont plus connu que les amours du Ciel.
C’est le nom de Jésus qui accompagne, vivifie, purifie, sanctifie l’humanité dans sa marche vers l’éternelle Patrie. Depuis que Jésus est venu sur la terre, Il s’est emparé des esprits et des cœurs, Il a subjugué les volontés, Il a régné sur les nations, Il a gagné l’amour de l’humanité, Il est devenu l’idéal que les âmes poursuivent du berceau à la tombe.
Personne n’a jamais été autant aimé, autant chanté que Jésus, notre adorable et ineffable Jésus ! Son nom est sur toutes les lèvres, on en entend les échos en tous lieux, la terre et le Ciel se le renvoient sans cesse, les âmes commencent à le chanter dans l’exil pour continuer à le chanter éternellement dans la Patrie.
Avec Jésus devant les yeux et son amour dans le cœur, les âmes marchent joyeuses, fortes et généreuses dans les sentiers épineux de la vertu ; elles se chargent avec bonheur de leurs croix, montent au Calvaire et meurent avec Jésus dans d’ineffables jouissances î ( A suivre.)
kEVUÈ DÉ LA SÀINTE-ÉACE
l'ai fait ma première (Communion, moi !
a petite ville de T*** sommeille. La nuit est obscure. Pas de lune, même pas la lueur sympathique d’une étoile. De temps à autre, des rafales de vent font grincer les girouettes des « homes » endormis, gémissent dans les arbres du square, ou s’engouffrent, en hurlant, dans les ruelles tortueuses et noires.
Depuis longtemps, les derniers retardataires ont regagné leur logis. Minuit est passé et le froid est vif. Pas un cri d’oiseau de proie..., pas même un frôlement d’aile de chauvesouris. C’est l’anéantissement de tout ce qui est vivant, et, seul, le vent qui siffle dans les hautes cheminées règne en maître sur la cité.
Cependant, si l’œil pénétrait les ténèbres, il verrait, dans l’impasse voisine de l’église, deux ombres se glisser. Rapides, muettes, ces ombres effleurent le sol sans bruit. Le vêtement qui les' enveloppe semble un suaire n’offrant aucune prise à la tempête. Sont-ce des êtres humains ou des revenants d’outre-tombe ?
Ils se dirigent vers une des portes latérales de l’édifice religieux et s’arrêtent là. Alors, les manteaux s’entr’ouvrent : des mains armées d’outils palpent la porte, cherchent la serrure... Un heurt continu s’élève, tantôt sourd, tantôt aigu, se confondant presque avec le bruit des éléments déchaînés. Le bois éclate, le fer se tord ; encore une dernière pesée et l’obstacle cède ; l’entrée de l’église est libre...
Une lanterne sourde s’allume. Elle projette sa lueur blafarde sur le visage de deux hommes au regard sinistre. Leurs yeux perçants, amis de la nuit, explorent l’immense nef où ils s’avancent et se portent sur le point lumineux que fait tout là-bas, la petite veilleuse du sanctuaire. C’est vers ce point de repère qu’ils se dirigent.
L’homme qui marche le premier s’arrête devant la balustrade en fer1 forgé séparant le chœur de la nef. Il a vingt-cinq ans à peine ; il ignore la peur ; et pourtant ce silence majestueux que n’ont point les autres demeures, cette envolée de colonnes allant se perdre sous les voûtes, ces statues qui semblent des juges sur leur piédestal de marbre ; tout cela l’étonne et le surprend. Il s’arrête. De la flamme vacillante de sa lanterne il explore l’abside, et voici que tout à coup, dans cette intelligence vouée aux infamantes besognes, des souvenirs se font jour... Tout un passé de grandeur qu’il ne pensait plus avoir vécu, surgit 4u chaos de crime où il s’enlise depuis quinze ans.
Rapidement, sa pensée rétrograde vers l’enfance oubliée ; il revoit sa mère, l’humble et sainte femme, penchée tout le jour sur son ouvrage dans la mansarde pauvre mais proprette. Et des jours heureux de ce temps, l’un d’eux se détache lumineux : celui de sa Première Communion. Une grande dame du quartier l’avait alors habillé de pied en cap et mis beau comme un prince. Il était l’égal de son fils, le petit comte de B***, son camarade d’église. C’est cette sainte Table quijui rappelle que sur une marche semblable il s’est agenouillé radieux ! Des profondeurs de la nef s’élevaient des flots d’harmonie : c’étaient les grandes orgues chantant sa gloire, car, à ce moment, un prêtre descendait les degrés de l’autel et s’avançait vers lui avec un ciboire d’or. Sous la nappe brodée, sa main effleurait celle du descendant des Condé, et tous deux, le fils de l’ouvrier comme le fils du riche, ils avaient reçu, également beaux, également purs, le Dieu d’amour.
Ainsi, ce voyou méprisé et honni, traqué par la police et rejeté de la société, avait eu là, au pied d’un autel, son jour de fête et de grandeur. Le « bon Dieu ! » ah ! il y a longtemps qu’il a oublié ce qu’en disait son catéchisme ; mais à cette heure il sent que ce Dieu, c’est pour lui sa mère et cette enfance idéale et lointaine, comme aussi le souvenir de sa beauté d’adolescent pur et bon. Oui, le « bon Dieu », c’est lui-même, à dix ans, le ruban symbolique au bras, embrassant sa mère croyante et ayant foi en elle.
Dans ce temps-là, il avait nom André Gerbois ; mais, hélas ! cet André mourut avec sa mère. Resté seul, à douze ans, avec un père indigne, l’enfant connut les révoltantes ivresses et les journées sans pain. Il habitait un quartier nouveau ; nul ne le connaissait, et, livré à lui-même, débauché bientôt par de précoces bandits, le petit André d’autrefois conquit vite le sobriquet de Hardi. Ses rapines ne se comptèrent plus ; ses condamnations pas davantage. Tout le Paris policier avait son signalement, comme aussi celui de Marteau, son « entraîneur » et « associé ». Ce dernier, brutal comme son nom de guerre, tapait dru lorsqu’on lui tombait dessus pendant qu’il opérait. Il avait laissé sur le carreau plus d’une victime. A eux deux, Marteau et Hardi avaient fait tous les crimes..., mais c’était la première fois qu’ils s’attaquaient à une église.
Blasés sur les coffres-forts souvent récalcitrants, sur les couverts armoriés des châteaux et les bàs de laine des petits rentiers, ils convoitaient maintenant l’or des vases sacrés, les pierres précieuses enfouies dans leurs ciselures, enfin toute la richesse si légendaire des sanctuaires.
Mais depuis que Hardi « se rappelle », il hésite. Marteau, qui l’a rejoint, dit, brutal :
— Ben quoi, marche donc !
L’autre, subitement résolu, riposte :
— Allons d’abord aux troncs.
— Mince de braise ! Es-tu fou ? C’est là-dedans, le magot. On verra après pour le reste !
Marteau a désigné le Tabernacle, et une sorte de révolte a passé dans l’àme de Hardi. Non, jamais il ne souffrira que cette porte dorée subisse le viol projeté. Jamais, lui présent, on ne touchera à ce calice d’or, où est le bon Dieu de sa Première Communion.
— Je te dis que nous irons d’abord aux troncs, répète-t-il avec force.
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Une dispute s’élève. Ni l’un ni l’autre ne cède. La colère de Marteau va s’augmentant. Hardi semble posté là, comme un défenseur, près de cette balustrade, et Marteau, tout à coup, s’élance sur lui, le bouscule, puis secoue avec fureur les portes de fer. Celles-ci s’ouvrent avec fracas. Le bruit résonne sous les voûtes, se répercute derrière les piliers, au fond des chapelles. Et l’on dirait que les statues se sont animées soudain, qu’elles-mêmes ont grondé l’anathème contre le violateur de leur temple.
Un instant interdit, Marteau s’avance vers l’autel, mais Hardi, à son tour, bondit vers lui :
— Tu n’y toucheras pas au bon Dieu, rugit-il, tu n’y toucheras pas ! Tout, excepté ça. J'ai fait ma Première Communion , moi, et cela ne s’oublie pas 1
L’autre vomit un torrent d’injures et de blasphèmes.
Hardi répond :
— C’est vrai, je ne suis qu’une canaille comme toi, mais je mourrai tout de même, s’il le faut, pour le défendre. Tu ne l’auras pas, le bon Dieu, je te dis que tu ne l’auras pas !
Les yeux dans les yeux, aussi farouches l’un que l’autre, ils se regardent. Hardi s’est planté au pied de l’autel, ses poings solides en défendent l’accès. Marteau voit rouge, il écume de rage, il se précipite sur cet allié de tout à l’heure devenu un obstacle, et la lanterne roule et s’éteint. Dans une obscurité presque complète, les deux hommes s’étreignent, poitrine contre poitrine. Leur souffle haletant se confond. Leurs forces sont égales et la lutte s’éternise, silencieuse, sans que l’un d’eux perde ou gagne un pouce de terrain.
... Mais, peu à peu, les muscles, exaspérés de l’effort, faiblissent. Les poitrines exténuées râlent. Les rivaux semblent moins deux ennemis que deux frères, tant la fatigue a figé leurs membres et les a liés l’un à l’autre.
Qu’importe, si le but est atteint ! Les deux corps agonisent, mais Hardi sait qu’il est vainqueur, que l’autre n’a pu faire un pas. Alors, comme si Marteau eût senti ce triomphe muet, une infernale idée lui donna une dernière force. Rapide comme l’éclair, il se dégage, saisit un poignard, le brandit en avant. Hardi gémit ; il halète : « Lâche ! lâche ! lâche !... » mais il ne tombe pas, il ne recule pas...
Comme un lointain et pâle reflet d’étoile, la petite veilleuse brillait là, tout près, dans son reposoir de vermeil, doucement amoureuse. Elle souriait au drame, elle mirait son immatérielle beauté dans le sang coulant goutte à goutte sur le parvis de marbre...
Vers quatre heures et demie, le sacristain vint sonner Y Angélus. Il était entré par une porte opposée à celle qui avait été fracturée ; aussi descendait-il du clocher, ignorant la dramatique scène terminée depuis peu, lorsqu’un bruit étrange attira son attention. Il prêta l’oreille... Etait-ce donc une illusion?... quelqu’un semblait gémir doucement, et cette plainte courait le long du temple, telle une brise au champ de mort. Il écouta encore : le bruit venait du parvis, tout là-haut.
Il s’avança et, dans la pénombre du sanctuaire, il vit, étendu en travers des marches de l’autel, un corps humain.
Vite, il vola au presbytère donner l’alarme. Un prêtre vint presque aussitôt. Gomme si le moribond eût attendu cette suprême visite, ses yeux, que vitrait déjà la mort, s’ouvrirent tout grands, et sa bouche tordue par l’agonie souffla : < J’ai défendu le bon Dieu, et je crois qu’il n’y a pas touché... oh ! dites-moi qu’il n’y a pas touché ! » Et comme pour expliquer tout, il balbutia par deux fois : J'ai fait ma Première Communion , moi !
Le prêtre regardait le flot vermeil qui maculait le parvis ainsi que les empreintes de pas traçant une allée sanglante de l’autel à la porte. Son esprit reconstituait la lutte entre les voleurs, puis la fuite du meurtrier, les pieds tout imprégnés du sang de sa victime.
Le mourant répétait : «Je l’ai défendu de mon mieux. Il ne fallait pas qu’il fût pris !... On ne touche pas au bon Dieu... Dites-moi qu’il est là encore, le bon Dieu... »
Une immense pitié, une admiration sans bornes saisit le cœur du prêtre à l’endroit de ce voleur, sans doute, mais de ce chrétien toujours fidèle au souvenir d’une première Communion. Il ouvrit le tabernacle resté intact, grâce à tout ce sang répandu là... Il prit le ciboire, l’éleva au dessus de la tête du martyr, et ce fut le bon Dieu lui-même qui traça sur l’agonisant le signe de la miséricorde et du pardon.
André Gerbois — le pseudo-Hardi — rendit le dernier soupir, un vrai soupir de joie, avec la dernière parole de l’absolution, les yeux sur le calice d’or pour lequel il mourait.
Petit Questionnaire
- «>viv<3^ -
Question. — « Plusieurs personnes m’ont demandé s’il fallait se faire inscrire spécialement pour avoir droit à la Messe hebdomadaire célébrée pour les Propagateurs de la Revue ? »
Réponse. — « Non, il suffit d’être Propagateur et d’en remplir les fonctions.
Question. — « Il ne nous est pas toujours facile de faire célébrer des Trentains dans nos paroisses de campagne. Ne pourriez-vous pas les acquitter ou les faire acquitter par les Prêtres hospitalisés dans vos diverses maisons sacerdotales ? i
Réponse. — « Votre offre est très opportune. Non seulement nous pouvons acquitter ces Messes sans retard, mais c’est pour nous un secours et une réelle charité. »
Question. — « Vous offrez un onzième abonnement à la Revue à tout Propagateur qui vous envoie les noms de dix abonnés. J’aimerais à savoir si vous faites la même faveur pour chaque dix nouveaux abonnés; car je me propose de faire bénéficier des Œuvres pieuses de ces abonnements supplémentaires gratuits. »
Réponse. — - « Oui, il est servi autant de onzièmes abonnements qu’il est envoyé de dix abonnés. Votre idée d’en faire bénéficier des Œuvres pieuses vous sera doublement méritoire. »
RÉVUE DE LA SAiNVE-FACË
Jka SainteJ£[ace défigurée par les pécheurs
otre-Seigneur apparut à sainte Gertrude, en la posture où il était lorsqu’on l’avait lié et attaché à une colonne entre deux bourreaux, dont l’un le déchirait avec des épines et l’autre le meurtrissait avec un fouet plein de gros nœuds, tous deux le frappant au visage qui lui parut si défiguré que son cœur se fendit et fut rempli de compassion. Ne pouvant arrêter le cours de ses larmes durant tout le jour, chaque fois que ce visage se représentait à elle, cette sainte âme estimait qu’en toute la terre il ne s’en pouvait voir aucune figure plus défigurée et dans un état plus déplorable. Car la partie déchirée par les épines était tellement en pièces, que les coups de fouet qui avaient blessé l’œil, avaient rendu cette partie si délicate toute enffée et toute livide.
A cette vue la sainte s’écria : Hélas ! Seigneur, quel remède pourrait-on maintenant trouver qui fût propre à adoucir la douleur cuisante de votre divine Face ? *Notre-5eigneur lui dit: « Le remède le plus doux et le plus propre qu’on puisse me préparer, c’est de méditer amoureusement ma Passion et prier charitablement pour le salut de tous les pécheurs ; les uns et les autres frappent Dieu au visage, en ce qu’ils offensent et déshonorent Celui qui règne souverainement dans le ciel. »
(Vie de sainte Gertrude)
Un modèle dans la souffrance
Sainte Madeleine de Pazzi fut une des âmes les plus éprouvées par la Croix du Sauveur ; maladies du corps, tourments de l’esprit, sécheresses du cœur, scrupules, angoisses de toutes sortes : telles furent les souffrances qui durant plusieurs années, traversèrent sa vie et en firent une immolation sans trêve.
En fidèle disciple du Divin Crucifié, elle supporta toujours, sans plainte ni murmure, sans découragement ni abattement, ces divines épreuves, les considérant comme des caresses de son céleste Epoux. Dans une de ses maladies, au plus fort de ses souffrances, qu’elle endurait avec une sérénité parfaite, une de ses sœurs lui demanda d’où pouvait lui venir une telle patience : « Voyez donc, lui répondit la sainte, en lui montrant un Crucifix placé au pied de sa pauvre couche, voyez ce que l’amour de Jésus a fait pour notre salut, les souffrances qu’il a endurées sans se plaindre : c’est là ce qui me soutient et me console. Comment se plaindre dans la souffrance, quand on a sous les yeu^
LA VOlk DJU BON-PASTEUR
Jésus, le
divin
Semeur
ses âmes, comme la terre, ont besoin de culture. Conscientes de leur destinée et faites pour orner les parterres éternels, elles cherchent un terrain propice pour s’implanter et elles aspirent après la grâce qui les doit féconder.
Trop ignorantes des soins qui leur conviennent et trop faibles pour assurer leur croissance ; il leur faut un tuteur qui les conseille, les dirige, les protège et prenne sur lui la responsabilité de les conduire à maturité.
Jésus voyant l’embarras des âmes et connaissant leur impuissance naturelle, descend alors de son ciel et, passant par l’Eucharistie, où II a déposé toutes les semences du Paradis, Il s’approche de chacune, se rend compte de son état, consulte ses desseins éternels et puise dans ses trésors les grâces qui lui permettront de réaliser l’idéal qu’il a formé.
Jésus s’en va ainsi par le monde, jetant aux âmes ses bienfaits et s£s grâces.
Étendant les bras, Il prodigue à pleines mains ses faveurs. Il jouit de jeter dans les sillons, qu’il a Lui-même creusés, les semences de son choix et les dons de son amour. Suivant les terrains qu’il traverse et les qualités du sol qu’il cultive, Il donne avec abondance ou II mesure la quantité et la qualité de ses semences. Gomme II possède la totalité des graines destinées à ensemencer le monde des
REVUE DE LA SAINTE-FACE
âmes, Il donne à qui II veut et comme il lui plaît, selon la nature et la destinée de chacune. S’il juge bon, parce qu’il a rencontré un terrain rocailleux et résistant, de le laisser inculte, Il passe outre et II attend qu’il soit plus approprié. S’il en entrevoit un, au contraire, que le labeur des vertus a profondément remué et débarrassé des mauvaises herbes qui étouffent la semence et l’empêchent de croître, Il accourt et II y dépose avec amour ses graines préférées. Se penchant sur la terre, Il creuse davantage le sillon, et après y avoir déposé sa divine semence, Il la couvre pour que le soleil de la tentation ne la brûle point et que les oiseaux du ciel, qui sont les distractions et la dissipation, ne viennent pas la dérober et la jeter au vent.
Jésus, le divin Semeur, se fait ainsi un véritable jardin du vaste champ des âmes. Possédant une immense variété de semences et connaissant à fond la nature et la fécondité du sol, Il distribue ses grâces suivant les dispositions et les besoins de chacune. Tantôt, c’est une semence de lumière et de vérité qu’il jette dans un esprit troublé ou tourmenté par le doute. Tantôt, c’est une semence de miséricorde et de pardon, dans une âme pécheresse. Ici, c’est une semence d’attrait et de paix dans un cœur désabusé du monde et assoiffé d’affection. Là, c’est une semence de courage et de force dans une volonté chancelante. Partout et pour tous, c’est une semence de vie éternelle que la chaleur de l’amour et la rosée des pleurs ont mission de féconder pour en faire des plantes de Paradis.
Jésus, dont les richesses sont intarissables, ne dépose pas toujours les mêmes semences dans les âmes, et pour une même âme II les varie suivant ses devoirs d’état et ses progrès dans la vertu. Il use parfois de semences plus tendres, et Il les cueille dans son Enfance. Il en mélange de diverses essences, et II les trouve dans ses trente-trois années de vie cachée. Il se sert aussi de semences plus fortes, plus résistantes, et II les prend sur le Calvaire au pied de la Croix. 11 préfère par-dessus tout celles qui produisent l’amour et la douceur, et II les tient en réserve dans l’Eucharistie.
Toutes cependant sont destinées à croître sous l’œil et dans l’amour de Jésus , le divin Semeur, et à produire des fruits d’éternité.
Aux Propagateurs de la Revue
Esprit. — Se rendre bien compte du but poursuivi par la Revue, qui est premièrement l’extension du culte rendu au véritable portrait de Notre Seigneur Jésus-Christ, tel que Lui-même a daigné l’imprimer sur le Suaire dont 11 a été enveloppé dans le tombeau et qui est conservé à Turin ; portrait véritable que Notre Saint Père le Pape Pie X désirait voir se répandre partout et exposé à la vénération dans toutes les familles chrétiennes.
En second lieu, le développement de l’esprit d’amour et de sacrifice dans la piété, propre à sanctifier davantage les âmes et à les fortifier au milieu des peines et des épreuves de la vie.
Rôle. — Se pénétrer de cet esprit pour soi-même et travailler à le communiquer aux autres, par la diffusion de la Revue.
La faire connaître autour de soi, auprès de ses parents, connaissances et amis ; engager à s’y abonner ; recevoir les abonnements et en envoyer le montant au centre de l’Œuvre, avec les adresses complètes ; s’ingénier de toute manière à multiplier le nombre des abonnés, s’adresser aux âmes pieuses, aux familles chrétiennes, aux œuvres religieuses, aux jeunes filles, enfants de Marie et autres, et en général à toutes les personnes susceptibles de profiter de cette lecture mensuelle, agréable à l’esprit, attrayante pour le cœur et réconfortante pour l’àme.
Accomplir ce rôle comme un véritable apostolat, de nature à devenir pour l’àme la source de bien grandes grâces pour soi et pour les autres.
Trouver d’autres Propagateurs et les signaler au centre de l’Œuvre.
Les Propagateurs sont invités à conserver les noms de toutes les personnes qu’ils abonnent, — comme il est fait également au centre de l’Œuvre, — afin de faciliter la distribution de pieux imprimés envoyés à cet effet dans le cours de l’année.
Avantages. — Un abonnement gratuit à la Revue pour dix abonnements recueillis.
Une participation personnelle à une Messe hebdomadaire célébrée pour tous les Propagateurs ; ainsi qu’aux prières quotidiennes récitées pour eux en communauté dans tous les Cénacles de la Fraternité Sacerdotale.
Matériaux de Propagande. — Beaux Prospectus illustrés mis à la disposition des Propagateurs, ainsi que des feuilles de Bulletin d’abonnement, envoyés sur demande.
Quelques numéros de la Revue à montrer et à en faire ressortir la beauté, la perfection d’impression et l’importance de la rédaction.
Adresse. — Pour toute communication et envoi d’argent :
M. le Directeur de la Maison du Bon-Pasteur, 228, Boulevard Péreire, Paris.
Maisoi? du Bon-Pasteur, 228, Boulevard Péreire, Paris (17e)
Chèques Postaux — Compte n° 208 64 Paris
i” ANNÉE