‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 19 sur 88 · Le benheur est essentiel à la destinée de l’homme · texte numérisé non relu

Le benheur est essentiel à la destinée de l’homme

L’homme n’a pas la liberté de désirer ou de rejeter le bonheur. Il est fait pour être heureux, comme il est fait pour une destinée qu’il n’a pas choisie, mais qui tient à sa propre nature.

Il peut choisir les moyens d’être heureux, mais il ne peut se soustraire à la tendance native qui le pousse vers le bonheur. Tout consiste donc à savoir employer les vrais moyens qui conduisent au bonheur. Ces moyens sont aussi essentiels que sa destinée elle-même. Ils sont nécessairement établis à l’avance par Celui qui a créé l’homme pour le rendre heureux. C’est pourquoi celui-ci ne peut atteindre sa destinée, que s’il sait s’en servir dans les desseins du Créateur.

Qu’elle est consolante la pensée que nous sommes essentiellement faits pour le bonheur ; mais un bonheur qui réponde à toutes les aspirations de l’àme humaine ; un bonheur qui fasse oublier les misères de cette vie et en soit la récompense ; un bonheur qui demeure et repose sur les joies et les gloires de l’immortalité.

ff Pour être heureux, il suffit de mettre le bonheur là ou il est. >)

REVUE DE LA SAINTE-FACÈ

JQ étions partout en honneur le ponfvait authentique de Jésus

W E devoir le plus essentiel et le plus urgent de tous les catholiques, de tous les citoyens clairvoyants et résolus, c’est de ren(^re à Société ce qui lui manque et ce dont elle a besoin :

Dieu ! Non un Dieu dont la Majesté suprême habite les cieux et que nous voile le mystère insondable de la Trinité Sainte; mais un Dieu en quelque sorte palpable et visible, un Dieu qui nous révèle son amour d’une manière tangible et qui, par sa présence, ensoleille notre vie et nous conduise à l’heureuse béatitude à laquelle nous sommes destinés.

Et ce Dieu, c’est Celui qui, pour se rapprocher de ses créatures et pour les attirer vers Lui, n’a pas dédaigné de prendre une nature humaine et qui, devenu semblable à nous, a voulu mourir comme nous, après avoir souffert infiniment plus que nous. C’est le Dieu qui, pour perpétuer sa présence au milieu du monde, a dépensé son incomparable puissance à se faire indiciblement petit et qui, dans le silence et l’humilité du Tabernacle, attend nos hommages et s’offre à nos commit-

LA VOIX DU BON-PASTÈUït

nions. C’est le Dieu qui, souverain de l’univers, a poursuivi nos éloignements et nos froideurs avec l’insistante obstination d’un mendiant et qui, pour nous ressaisir enfin dans notre indifférence, a découvert à l’humanité les trésors infinis de son Sacré-Cœur. Le Dieu qu’il faut rendre à la Société, en un mot, c’est Notre Seigneur Jésus-Christ, vivant au milieu de nous. Par Lui, mais par Lui seul, installé comme un frère et comme un ami au foyer des familles, au centre des œuvres, au sein de la nation, refleuriront la paix, l’harmonie, la concorde, l’esprit chrétien et la charité.

Mais ce divin Jésus, aimant et souverain, comment le rendre à la Société ou comment vers Lui, le grand oublié, ramener les esprits et les cœurs ?

Ce ne sont pas les moyens qui manquent au zèle et à l’ingéniosité de l’apostolat. Pourtant, au peu de fruits qu’ils obtiennent et aux étendues désolées qu’ils laissent encore en friche, on peut conclure qu’un moyen nouveau, ou simplement renouvelé, ne serait pas inutile. Et la conclusion sera d’autant plus pressante si, dès le premier abord, ce moyen se présente avec un frappant caractère d’efficacité par sa nature propre, en même temps que d’adaptation aux esprits qu’il faut ponquérir et d’opportunité par rapport aux besoins du siècle.

Comme un frère et comme un ami ; — c’est ainsi qu’il faut rétablir Jésus, au milieu des familles et des institutions. Et cette expression, que justifie pleinement la condescendance affectueuse avec laquelle Jésus daigne s’offrir à nous, renferme une indication significative. Si vous avez perdu un parent très cher ou un compagnon très aimé, dont vous désirez que le souvenir, toujours vivant en votre esprit, reste aussi présent sous vos yeux ; si vous voulez que sa mémoire demeure en bénédiction dans votre foyer, se perpétue comme un modèle aux regards de vos enfants, que ferez-vous en premier lieu? Vous installerez son portrait, à la place d’honneur, en votre maison.

Ce portrait vous sera d’autant plus cher qu’il rappellera plus fidèlement la physionomie du disparu et que, sous les traits de son visage, on pénétrera plus avant jusqu’au fond de son cœur. Devant cette image parlante, il vous sera doux et réconfortant d’évoquer les bienfaits du mort, et d’élever votre pensée jusqu’à son âme immortelle. A ceux des vôtres qui n’eurent pas le temps de le connaître ou pour lesquels il fut moins intime, ce tableau, placé en évidence et toujours environné d’un culte familial, vous donnera la fréquente occasion de retracer sa vie, d’énumérer ses titres à la reconnaissance et à l’admiration, de proposer son exemple. Et, par ce moyen, celui qui n’est plus continuera d’exercer une heureuse influence auprès de ceux qui survivent, et sera entre eux comme un lien très souple et très fort.

Ainsi, très simplement, devons-nous agir avec ce Jésus qui vient à

nous comme un frère et comme un ami ; et qui nous apparaît sous les traits de son divin Visage, tels qu’il les a imprimés Lui-même sur le linceul dont II fut enveloppé dans le tombeau. Nous avons le bonheur de posséder son portrait fidèle et ressemblant ; suspendons-le dans notre intérieur, comme le plus cher et le plus éminent des portraits de famille. Efforçons-nous de le répandre et de le montrer au peuple. Que, dans chacun des foyers chrétiens, dans chacune des œuvres pieuses et sociales, la Face adorable de Notre Seigneur Jésus-Christ rayonne aux yeux de tous, parle à l’intelligence et au cœur de tous, rappelle à tous à quel guide il faut recourir dans les difficultés, à quel conciliateur dans les discordes, à quel soutien dans les détresses.

Ainsi, Jésus, le vrai Jésus, tel qu’il vécut en Palestine et mourut sur la croix, Jésus constamment exposé devant les regards de l’humanité souffrante, apparaîtra de plus en plus comme la consolation, le remède et le salut.

pète du Saint-Suaire de p. S. Jésus-Christ

Vendredi après le deuxième Dimanche de Carême : 5 Mars

« O Dieu, qui nous avez laissé les vestiges de votre Passion sur le Saint- Suaire dont votre Corps très sacré fut enveloppé par Joseph, à la descente de la Croix, accordez-nous, dans votre miséricorde, que, par votre Mort et votre Sépulture, nous arrivions à la gloire de la Résurrection. » (Oraison de la Messe.)

Cette fête est bien celle des dévots de la Sainte-Face, car elle leur rappelle que c’est durant son séjour au tombeau que le Christ a daigné marquer des empreintes de son Corps adorable le Linceul qui l’enveloppait et y laisser les traits de sa Face divine. L’Eglise célèbre cette fête dans sa sainte liturgie et commémore ainsi cet évènement important. A son exemple, recueillons-nous auprès des vestiges de la Passion que Notre Seigneur a laissés sur le Saint-Suaire, et imprimons en nous-mêmes ces vénérés stigmates qui nous rappellent les souffrances de Jésus notre Sauveur, mort pour notre salut.

Nous rappelons aux dévots de la Sainte-Face du Saint-Suaire qu’une indulgence plénière est attachée, aux conditions ordinaires, à tous ceux qui méditeront sur la Passion devant cette Image, chaque jour du Dimanche de la Passion au Samedi-Saint, au jour de Pâques, ou à un jour de l’Octave de cette fête.

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