APPEL CONFIANT
Aux Communautés Religieuses et aux âmes pieuses en faveur de la Revue « La Voix du Bon-Pasteur »
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V enez à moi, oous qui souffliez
et je üows soulagerai
( Suite)
æAis voici la merveille des merveilles : c’est le dernier mot de la Puissance infinie au service de l’Amour infini. In Jinem
, ^ Afin de ne pas perdre en quelque sorte son état de victime et de Prêtre-Victime, et de pouvoir continuer cœur à cœur avec les hommes et d’une manière sensible son rôle de divin médecin et de suprême consolateur, Jésus s’est fixé dans son sacrement de prédilection : l’Eucharistie ! qu’il a institué comme le Mémorial vivant de sa Passion et de sa mort, véritable et unique Sacrifice reproduisant, jusqu’à la fin des tempè, celui du Calvaire avec le même Prêtre et la même Victime. Voilà pourquoi saint Paul peut dire en toute vérité : « Toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce sang, vous annoncez la mort du Seigneur» (I Cor., n, 26.)
Par le souvenir toujours présent de ses souffrances et de sa mort, le Sauveur s’engage donc à compatir à nos propres douleurs, puisqu’elles ont provoqué les siennes dont elles sont la cause et comme la raison d’être. Il s’engage à nous garder un cœur dévoué d’où II fait jaillir sans interruption la compassion et les secours de la vraie consolation et d’un réconfort que le monde est impuissant à procurer.
Car, encore une fois, est-ce que les créatures peuvent savoir nos peines ? Et quand même nous pourrions les exprimer à peu près, est-ce que les hommes sentiraient tout ce qu’il y a de réalité dans nos plaintes ? Pour Vous, ô Jésus, Vous savez tout ! Du fond de votre Sacrement, Vous distinguez tous les froissements de mon âme, tous les secrets mystères de ma conscience, toutes mes appréhensions, toutes les palpitations de mes angoisses ! Vous me connaissez si bien ! Et Vous m’attirez à Vous par les liens d’une si douce et si amoureuse confiance que je me sens plus libre avec Vous — Vous le Seigneur Souverain — qu’avec le meilleur et le plus intime de mes amis : il est mon ami, et Vous êtes Jésus!...
Pour consoler, il faut encore la puissance. Ce qu’il y a de plus triste sur la terre, c’est de rencontrer des souffrances qu’on ne peut soulager. Voyez le désespoir d’une mère devant la science impuissante à guérir son enfant qui se meurt ; elle cherche, elle s’agite, et la pensée de son
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cœur est celle-ci : dire que je suis sa mère et que je ne puis rien... mais vous, ô divin Consolateur, Vous pouvez tout. Lorsque j’ai prié près de vos tabernacles, lorsque votre sang coule dans les veines de mon corps malade ou de mon âme endolorie, j’ai le droit de Vous dire : « Seigneur, Vous avez appelé ceux qui souffrent ! Vous avez promis de les guérir; je souffre, moi aussi : me voici, guérissez-moi. » Et si la guérison n’arrive pas subitement et par miracle, nous pouvons être persuadés que Jésus nous réserve une consolation plus noble et meilleure : la grâce de souffrir avec esprit de foi et de répéter avec Lui le Fiat de la résignation, la prière la plus digne du cœur chrétien qui a le droit de se plaindre comme Jésus : Que ce calice, ô mon Père, s’éloigne de moi ! cependant, que votre volonté se fasse, et non la mienne !
Puissions-nous connaître de plus le « don de Dieu » : Jésus ! Jésus- Victime surtout ! Cette connaissance deviendrait pour notre âme une grâce féconde de lumière et de paix et provoquerait en nous je ne sais quelle sainte et filiale audace qui nous exciterait à tout oser demander et ii tout oser espérer pour le soulagement et la guérison de nos maux.
La dévotion à la Sainte Image, qui reflète si fidèlement les souffrances du Roi-martyr, contribuera à nous donner cette connaissance, elle nous rendra plus aptes à savourer tous les fruits du sacrement d’amour. Quelles délices alors de sentir Jésus vivre en nous et nous dire : ne crains rien, c’est moi ! tu es faible, moi, je suis la Puissance. Appuie ton cœur sur mon cœur, décharge tes peines sur moi qui connais par expérience toutes les douleurs — les tiennes par conséquent, — ne crains rien, te dis-je : à deux l’on est plus fort. Alors vraiment, pour l’âme qui se donne loyalement, généreusement, sans retenir rien d’ellemême, c’est l’heure où se réalise dans toute son efficacité la promesse tombée des lèvres de Jésus : Venez à moi, vous qui souffrez, et je vous soulagerai !...
Perle d'flrrçïtîé
Jésus a fait aux hommes un commandement de s'aimer les uns les autres : c'est un devoir. A côté de l’amour du prochain, II a placé l’amitié : c’est une délicatesse de son Cœur. Deux cœurs chrétiens unis dans une pieuse amitié se soutiennent et se consolent réciproquement.
Quand on l’accomplit pour deux, le devoir est plus doux ; la fidélité, quand on en fait comme une prière pour l’être que l’on aime, est plus généreuse et plus constante.
S’aimer d’une véritable amitié, c’est s’entr’aider dans la voie de la vertu, c’est se porter mutuellement à aimer Jésus et à accomplir toutes ses volontés.
Ç’est ainsi que je veux toujours aimer.
La voix dü BON-PASTEUÜ
lia CFoi* et Saint Joseph
Ésus, ce divin Enfant, sur lequel Joseph a toujours les yeux et qui fait l’admirable sujet de ses saintes inquiétudes, est né sur la terre comme un orphelin, et il n’a point de père en ce monde. C’est pourquoi saint Paul dit qu’il est sans père : sine pâtre . Il est vrai qu’il en a un dans le ciel ; mais à voir comme il l’abandonne, il semble que ce Père ne le connaît plus. Il s’en plaindra un jour sur la Croix, lorsque l’appelant son Dieu et non pas son Père, « Et pourquoi, dira-t-il, m’abandonnezvous ? » Mais ce qu’il a dit en mourant, il pouvait le dire dès sa naissance, puisque dès ce premier moment son Père l’expose aux persécutions et commence à l’abandonner aux injures. Tout ce qu’il fait en faveur de ce Fils unique pour montrer qu’il ne l’oublie pas, du moins ce qui paraît à nos yeux, c’est de le mettre en la garde d’un homme mortel qui conduira sa pénible enfance ; et Joseph est choisi pour ce ministère. Que fera ici ce saint homme ? Qui pourrait dire avec quelle joie il reçoit cet abandonné, et comme il s’offre de tout son cœur pour être le père de cet orphelin ? Depuis ce temps-là, il ne vit plus que pour Jésus- Christ, il n’a plus de soin que pour lui ; il prend pour ce saint Enfant un cœur et des entrailles de père ; et ce qu’il n’est pas par nature, il le devient par affection.
Il nous faut apprendre, par les traverses continuelles qui ont exercé saint Joseph depuis que Jésus-Christ est mis en sa garde, qu’on ne peut conserver ce dépôt sans peine, et que, pour être fidèle à sa grâce, il faut se préparer à souffrir. Oui certes, quand Jésus-Christ entre quelque part, il y entre avec sa Croix, il y porte avec lui toutes ses épines, et il en fait part à tous ceux qu’il aime. Joseph et Marie étaient pauvres ; mais ils n’avaient pas encore été sans maison, ils avaient un lieu pour se retirer. Aussitôt que cet Enfant vient au monde, on ne trouve point de maison pour eux, et leur retraite est dans une étable. Qui leur procure cette disgrâce, sinon celui dont il est écrit que, « venant en son propre bien, il n’y a pas été reçu par les siens », et qu’il n’a pas de gîte assuré où il puisse reposer sa tête ?
Mais n’est-ce pas assez de leur indigence ? Pourquoi leur attire-t-il des persécutions ? Ils vivaient ensemble dans leur ménage, pauvrement, mais avec douceur, surmontant leur pauvreté par leur travail assidu. Mais Jésus ne leur permet point ce repos : il ne vient au monde que pour les troubler, et il attire tous les malheurs avec lui. Hérode ne peut souffrir que cet Enfant vive : la bassesse de sa naissance n’est pas capable de le cachera la jalousie de ce tyran. Le ciel lui-même trahit le secret : il découvre Jésus-Christ par une étoile ; et il semble qu’il ne lui amène de loin des adorateurs que pour lui susciter dans son pays propre un persécuteur impitoyable.
Que fera ici saint Joseph ? Représentez-vous, chrétiens, ce que c’est qu’un pauvre artisan, qui n’a point d’autre héritage que ses mains, ni d’autres ressources que son travail. Il est contraint d’aller en Egypte et de souffrir un exil fâcheux, et cela pour quelle raison ? Parce qu’il a Jésus-Christ avec lui. Cependant, croyez-vous qu’il se plaigne de cet Enfant incommode, qui le tire de sa patrie, et qui lui est donné pour le tourmenter ? Au contraire, ne voyez-vous pas qu’il s’estime heureux de souffrir en sa compagnie, et que toute la cause de son déplaisir, c’est le péril du divin Enfant qui lui est plus cher que luimême ? Mais peut-être a-t-il sujet d’espérer de voir bientôt finir ses disgrâces? Non, il ne l’attend pas; partout on lui prédit des malheurs. Siméon l’a entretenu des étranges contradictions que devait souffrir ce cher Fils : il en voit déjà le commencement, et il passe sa vie dans de continuelles appréhensions des maux qui lui sont préparés.
Est-ce assez pour éprouver sa fidélité ? Chrétiens, ne le croyez pas ; voici encore une étrange épreuve. Si c’est peu des hommes pour le tourmenter, Jésus devient lui-même son persécuteur : il s’échappe adroitement de ses mains, il se dérobe à sa vigilance, et il demeure trois jours perdu. Qu’avez-vous fait, fidèle Joseph ? Qu’est devenu le dépôt sacré que le Père céleste vous a confié ? Ah 1 qui pourrait ici raconter ses plaintes ? Si vous n’avez pas encore entendu la paternité de Joseph, voyez ses larmes, voyez ses douleurs, et reconnaissez qu’il est père !... Pater tuus et ego dolentes quærebamus te.
Voyez par quelles souffrances Jésus éprouve la fidélité et comme il ne veut être qu’avec ceux qui souffrent. Ames molles et voluptueuses, cet Enfant ne veut pas être avec vous ; sa pauvreté a honte de votre luxe ; et sa chair, destinée à tant de supplices, ne peut supporter votre extrême délicatesse. Il cherche ces forts et ces courageux qui ne refusent pas de porter sa Croix, qui ne rougissent pas d’être les compagnons de son indigence et de sa misère.
Bossuet, (ler Panég. de saint Joseph.)
MESSE HEBDOMADAIRE et Prières quotidiennes pour nos Abonnés
Nos chers Abonnés nous écrivent nombreux pour nous exprimer leur reconnaissance des prières qui sont faites à leur intention au Centre de l’Œuvre. Nous les remercions à notre tour ; et nous leur donnons rendez-vous tous les jeudis à la Messe célébrée pour eux et à toutes leurs intentions.
Si tous ne nous les écrivent pas, ils peuvent les formuler dans leur cœur et nous les offrirons en leur nom à Jésus au Saint Sacrifice de la Messe.
Chaque jour également, et dans la même intention, des prières quotidiennes sont faites publiquement pour eux dans nos diverses maisons. Ces prières créent entre nous des liens surnaturels qui attirent nécessairement des bénédictions spirituelles.
Soyons unis : nous servons et aimons le même Maître.
Jésus, le Bon -Pasteur, nom de suavité et d’amour (svite)
Jésus ! Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé une première fois dans le Ciel, il a été un nom d'adoration et de combat. Les mauvais Anges n’ont pas voulu prononcer avec foi et amour ce nom béni et c’est pourquoi ils devront le maudire éternellement dans la haine.
Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé pour la première fois sur la terre, il a été entendu par la créature la plus pure sortie des mains du Créateur. Au seul nom de Jésus que lui annonça l’Ange de l’Incarnation, Marie a été éclairée, embrasée, plongée dans l’adoration et l’amour, et elle s’est abîmée dans l’humilité la plus profonde pour accomplir les desseins de Jésus qui venait sauver le monde. <? Ecce an cilla Do mini ! »
Quand le nom de Jésus était prononcé pendant sa vie terrestre, c’était comme un courant électrique qui touchait et ravissait les âmes. Ou il fallait aller à Lui et s’abandonner à son amour, ou il fallait Le fuir et Le maudire, Jésus : ou tout ou rien !
Quand les démons entendaient de nouveau ce nom qui les avait précipités dans les enfers, ils étaient terrassés et ils suppliaient Jésus de ne point les tourmenter.
La dernière fois que le nom adorable et divin de Jésus a été offert en adoration à l’humanité coupable, ce fut en lettres de sang. Sur la croix de Jésus mourant, le nom de <? Jésus de Nazareth » domine le monde et reste suspendu entre le ciel et la terre comme un étendard de sang et de feu, à la suite duquel les nations devront accourir pour vaincre l’enfer et recouvrer leurs droits au Paradis. Depuis lors, le nom adorable et divin de Jésus est gravé dans tous les cœurs et personne ne pourra jamais effacer ce nom béni qui doit être la joie de la terre et la félicité éternelle de la Patrie.
Jésus ! ce nom adorable et divin est non seulement gravé sur la pierre et le marbre de nos temples, mais II est vivant dans tous les tabernacles du monde. Celui qui le porte est toujours avec nous : c’est
REVUE DE LA SAINTE-FACE
sa beauté que nous contemplons, c’est sa voix que nous entendons, c’est son amour qui nous presse, ce sont ses délices qui nous enivrent !
Jésus-Eucharistie est pour nous sur la terre, comme pour les élus dans le Ciel, l’Agneau toujours immolé, Celui au nom duquel tout genou fléchit au Ciel, sur la terre et dans les enfers !
O Jésus ! je veux passer ma vie à vous louer et à vous chanter, je veux ne jamais me rassasier de vous prononcer, je veux trouver mon bonheur et mes délices à vous répéter sans cesse, je veux vous jeter à tous les échos, vous graver dans tous les cœurs ! Je me servirai de vous comme d’une lumière éclatante et d’un feu consumant pour m’illuminer et m’enflammer moi-mème, et ensuite pour éclairer et embraser tous les cœurs !
O Jésus ! Jésus toujours ! Jésus sans fin ! Je veux me taire pour ne plus prononcer que votre seul nom ; je veux fermer les yeux à toutes les choses de la terre pour ne plus voir que vous seul ; je ne veux plus connaître d’autre affection que votre amour souverain ; je veux me laisser fasciner par vos charmes irrésistibles et m’épuiser à vous adorer, à vous bénir, à vous contempler, à vous aimer sans mesure et sans fin,
Jésus ! Jésus ! Prenons l’habitude d’appeler par son nom le Dieu qui nous a rachetés et qui demeure nuit et jour auprès de nous au Sacrement de son amour.
C’est le nom de Jésus que nous avons balbutié sur les genoux de notre mère. C’est le nom de Jésus que nous avons mêlé à nos premières prières. C’est le nom de Jésus que nous avons chanté dans notre enfance. C’est le nom de Jésus que nous avons invoqué dans notre jeunesse. C’est le nom de Jésus qui met de la force et du courage dans l’âme, qui charme la vie et console dans la mort.
Oh ! prononçons sans cesse ce nom divin ; et quand nous ne pourrons plus le prononcer sur la terre, mourons pour aller le chanter dans la Patrie.
UE CHEJVHfl DU CIEL
Où allez-vous ? Au ciel. — Par quel chemin y allez-vous ? Par celui des commandements et des enseignements de l’Eglise. — En la compagnie de qui voyagez-vous ? Celle de Jésus mon Sauveur et de Marie ma Mère. — Que vous demandent-ils ? De ne pas pécher. — Et si vous avez péché, que faut-il faire ? Me confesser et faire mes pàques, — Très bien ; faites-le et vous irez au ciel,
REMïËRE
AROLE DE
ÉSUS
L'Enfant divin grandit, mais à sa lèvre encore 1 VuIIe parole nose éclore ;
Son pied sur notre sol pose ses premiers pas ;
Triais V Enfant-Dieu ne parle pas.
Comme tous les petits, Jésus sourit et pleure ;
Mais pour parler il attend V heure :
L’heure où, dans les berceaux, chaque frêle enfançon, Commence à dire sa chanson.
La chanson dont les mots flottent comme en un rêve, Mais quune mère heureuse achève.
Or, un matin, Jésus, V Enfant-Dieu sommeillait.
Et Marie en priant veillait.
Sa main berçait l’Enfant qui gouverne le monde,
Mais baisant sa tête blonde,
La Vierge se souvint de la prédiction Du vieillard béni de Sion.
Et la Vierge pleura de ces larmes amères
Dont la source est le cœur des mères.
Elle pleurait, songeant que Jésus pleurerait.
Que pour nous son sang coulerait.
L’Enfant si doux à qui les anges et les mages Offraient naguère leurs hommages,
L’Enfant si beau, son Fils, quelle serre en ses bras, Serait meurtri par des ingrats.
Il serait leur jouet, leur rançon, leur victime !...
Et prise d’une angoisse intime,
La Vierge des douleurs se penchait au-dessus Du front si pur de son Jésus.
Une larme tomba de sa joue embrasée ;
Or, Jésus, sous cette rosée.
Se réveille, regarde, et, levant à demi
Son front tout à l’heure endormi,
Dit, avec un sanglot qu’un long soupir éclaire,
Deux mots, les deux premiers : *Ma î&lère !