‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 32 sur 88 · LA CRAVATE BLANCHE · texte numérisé non relu

LA CRAVATE BLANCHE

Un jeune garçon nommé Georges, était en 1862 un des élèves les plus édifiants du catéchisme d’une des paroisses de Rouen.

Il fit sa première communion avec une piété admirable, et ayant entendu dire qu’il fallait respecter comme des souvenirs précieux les vêtements du jour de la première communion, il prit la résolution de porter toute sa vie une cravate blanche et de ne la quitter que s’il avait le malheur de faire une faute grave.

Au collège, où il communiait tous les huit jours, il gardait toujours sa cravate blanche, bien que parfois elle lui attirât quelques railleries.

La guerre de 1870 éclate, Georges est des premiers à s’enrôler comme volontaire dans les zouaves de Gharette, sans jamais quitter sa cravate blanche.

A la bataille du Mans, il fut à la tête des 500 qui réussirent par leur ardeur héroïque à reconquérir des positions importantes perdues ; mais il fut blessé mortellement dans la lutte et on le porta dans l’ambulance voisine le 14 Janvier 1871 au matin ; le Prêtre qui l’avait confessé lui apporta le Saint Viatique.

Georges pria l’aumônier d’ouvrir son sac, d’en retirer sa cravate de première communion, son chapelet et son brassard qu’il portait toujours avec lui ; et ces objets si chers lui rappelant la ferveur de son enfance, il reçut son Dieu avec une foi et un amour ineffable.

L’aumônier ne le quittait pas. Monsieur l’abbé, lui dit Georges mourant, je ne regrette ici que ma mère, vous lui direz que son Georges est mort en chrétien, et vous lui enverrez ma cravate blanche et mon brassard de première communion. » Cette cravate n’avait reçu d’autre tache que celle de sa blessure.

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Mes Réflexions sur l’Avenir Ce que je désire

Je ne sais combien d’années il me reste à vivre. Je n’ai pas le pouvoir de m’en fixer le nombre, mais bien celui de les passer saintement.

Je désire d’instinct le bonheur ; et pour être heureux, il faut être vertueux. Je n’ai pas le droit de me rendre malheureux ; et je le serais si je n’étais fidèle à mes devoirs ; si je ne m’appliquais à pratiquer toutes les vertus de mon état.

Oh ! comme je désire sincèrement ne plus offenser Jésus ! J’en prendrai les moyens coûte que coûte.

Comme je désire correspondre fidèlement à tous les desseins de Jésus sur moi ! Ce sera ma principale préoccupation.

Comme je désire que le reste de ma vie me compte pour le ciel ! Pour cela j’aimerai Jésus ; et, par amour pour Lui, je supporterai courageusement toutes les peines de la vie et je mettrai mon bonheur à accomplir en tout sa sainte et adorable volonté.

Ce que j’espère

J’espère, aidé de la sainte grâce de Jésus, me servir des leçons du passé, pour faire désormais de ma vie une vie que je puisse considérer sans être obligé de me voiler la face.

J’espère, toujours assisté de Jésus, marcher sans trébucher dans la voie du devoir, courir même dans le chemin de la vertu et de la perfection.

J’espère ne plus connaître d’autre joie que celle de la piété, ne plus m’attacher qu’aux choses du ciel, ne plus vouloir d’autre bonheur que celui d’aimer Jésus.

Mes espérances me portent en haut vers les demeures éternelles. Je n’ai que faire de la terre où tout passe, j’aspire à des joies sans fin dans le sein de Dieu.

Jésus m’a fait pour Lui ! Il m’appelle à une destinée éternelle, dans un amour sans limite et dans une union sans fin. A moi de conquérir ma couronne. J’y emploierai avec confiance le reste de ma vie,

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Ce qui m'attire

Ce ne sont plus les illusions du passé, dont l’attrait a disparu ; ce sont les vérités qui demeurent, dont Jésus est la source et l’éternelle beauté.

Ce ne sont plus les affections humaines qui m’ont un instant charmé et où mon pauvre cœur n’a été que trop souvent meurtri sous les ruines ; c’est un amour divin plus fort que la mort, un amour qui demeure et prend sa source dans le sein de l’Eternel.

Celui qui me charme et me ravit, c’est Jésus ! Celui qui m’attire invinciblement et qui a pris toute la place dans mon cœur, c’est Jésus !

Je sens qu’il me suffit et que je suis devenu la proie de son amour.

Le Jésus en qui sont absorbés éternellement les Bienheureux, a fasciné mon âme. J’ai soif de Lui, je voudrais mourir pour Le posséder. En attendant, je vais vivre pour L’aimer, et en L’aimant m’immoler pour Lui.

Comment je veux vivre

C’en est fait ! Ma vie future sera une réparation de ma vie du passé, une protestation de mon appartenance totale à Jésus, une fidélité amoureuse à son divin service.

Je ne considérerai les choses d’ici-bas que dans leur relation avec les choses éternelles ; ne donnant de valeur aux créatures et aux biens de ce monde que dans la mesure où ils me portent à Jésus et peuvent me conduire au ciel.

Je m’acheminerai vers la Patrie, le cœur en haut et les yeux fixés sur Jésus.

Si je jouis, je jouirai avec Jésus. Si je souffre, je souffrirai pour Jésus. Si je peine, je peinerai pour expier mes fautes et faire la volonté de Jésus. Si par malheur je faiblis, je recourrai à Jésus. Si mon amour chancelle, j’irai à l’Eucharistie l’accroître et l’alimenter.

Si l’exil me paraît trop long, je m’en ferai un Paradis, en allant me blottir dans le Cœur de Jésus et en m’y laissant consumer du feu de son éternel amour.

Comment je veux mourir

Pour bien mourir, il faut bien vivre. Pour bien vivre, il faut servir fidèlement Jésus. Pour Le servir, il faut se sacrifier. Pour se sacrifier, il faut L’aimer. Pour L’aimer, il faut savoir se contenter de Lui.

Je vais donc commencer à mourir à tout ce qui n’est pas Jésus, afin de me préparer à mourir uniquement pour Lui.

Quand ma vie arrivera à son terme, je me serai déjà détaché de

tout le créé, j’aurai pris l’habitude de me vaincre et de me renoncer, j’aurai cherché à faire en tout le bon plaisir divin, j’aurai soupiré sans cesse après Jésus, je me serai attaché à ses pas et plongé dans son Cœur.

Je m’en irai vers mon Bien-Aimé, qui, après avoir été la passion de ma vie, deviendra mon éternelle félicité. Oh ! puissé-je vivre et mourir consumé d’amour pour Jésus, à qui j’appartiens sans retour !

SI d’ R VAIS SU

Si j’avais su que Jésus fût si bon, je n’aurais pas été si triste, et je ne me serais pas découragé. J’ai gaspillé mon temps et j’ai perdu mes forces. Non, je ne veux plus me laisser tromper de la sorte. Je sais que Jésus m’aime, et je vais mettre en Lui toute ma confiance. Je sais aussi que tout mon bonheur consiste à L’aimer ; et avec sa grâce je L’aimerai et Lui resterai fidèle.

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