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I. — Les préparatifs de la Pâque légale

Texte évangélique : « Prima autem die Azymorum (Mat., XXVI, 17), quando Pascha immolabant (Marc, Xiv, 12), accesserunt discipuli ad Jesum, dicentes : « Ubi vis paremus tibi comedere Pascha ? » (Mat., xxvi, 17.)

« Or, le premier jour des Azymes, lorsqu on immolait la Pâque, les disciples s'approchèrent de Jésus disant : Où voulez-vous que nous vous préparions tout pour manger la Pâque ? »

Application Eucharistique

a Paque perpétuelle des chrétiens. — Le premier jour des Azymes c’est, pour tout chrétien, depuis sa Première Communion, tout jour que Jésus-Hostie vient illuminer par la communion. L’Eucharistie est la Pâque nouvelle, le festin des grandes fêtes devenu le festin de tous les jours.

Tous y sont invités et s’en doivent approcher, au moins une fois l’an, cette obligation étant plus impérieuse encore que celle qui obligeait les Juifs à célébrer la Pâque. Mais l’amour de Jésus pour nous, Payant poussé à faire de sa Pâque nouvelle une Pâque perpétuelle, nous sommes tenus, pour répondre à ses desseins d’amour, de venir souvent au Banquet eucharistique ; et si c’est tous les jours qu’est dressée la table du festin, ce n’est que justice et reconnaissance de répondre à cette divine et amoureuse invitation de Jésus, en nous nourrissant chaque jour de l’aliment divin qu’il nous y a préparé.

Tous les jours deviennent donc ainsi pour nous des jours de fête, de vraies solennités pascales. Chaque jour de communion est vraiment un jour de Pâques, puisqu’on y mange réellement le véritable Agneau immolé chaque matin sur l’autel, l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, l’Agneau de la Jérusalem céleste, cause des joie et des délices sans fin des élus, l’objet divin des solennités éternelles de la Patrie, Immober la Pâque , pour nous, c’est offrir le Sacrifice auguste de nos autels ; manger la Pâque , c’est nous nourrir de la Chair sacrée de notre

Sauveur, au Sacrement de son amour ; commencer le temps pascal , c’est entrer dans la première heure d’un jour de communion.

Tous les moments de notre vie peuvent donc devenir des moments solennels, des moments de grande joie spirituelle, comme l’étaient ceux qui précédaient la Pâque des Juifs. Car chaque jour, si nous le voulons, nous pouvons nous dire que nous sommes à la veille du grand jour, le plus grand de l’année juive d’autrefois, celui de la Pâque ; chaque matin, nous pouvons nous réjouir à la pensée que, tout à l’heure, on immolera pour nous la Pâque ; que nous y participerons, que nous serons nourris et fortifiés par la manducation de l’Agneau sans tache.

2. — Les préparatifs de la Paque eucharistique. — Aussitôt que le premier jour des Azymes était commencé, chaque famille se mettait en devoir de préparer tout ce qu’il fallait pour célébrer la Pâque et devait se munir d’un agneau immolé au Temple, afin de le manger au repas du soir.

Pour nous, une grande partie des préparatifs est déjà faite. La salle du festin est prête et ornée, ce sont nos églises ; la table est dressée, c’est, la Table sainte ; les mets y sont déjà apprêtés et servis, ce sont les Hosties saintes qui remplissent les ciboires de nos Tabernacles ; l’Agneau a été immolé, non seulement dans les parvis du temple, comme autrefois, mais dans le saint des saints, sur l’autel de nos sanctuaires, il est prêt à être mangé; et cet Agneau, c’est notre Dieu luimême, Celui qui, après s’être immolé une première fois sur le Calvaire pour notre salut, s’immole encore à chaque instant du jopL sur tous les autels du monde. -,

Il ne nous reste plus à faire qu’une partie des préparatifs, celle qui nous regarde personnellement. De son côté, Jésus a fait tout ce qu’il devait faire; Il a préparé le festin, Il nous a invités, Il nous attend. Nous n’avons plus qu’à nous mettre dans les dispositions voulues pour manger la Pâque eucharistique ; c’est-à-dire nous purifier, ranimer nos désirs, raviver notre amour, établir notre âme dans le calme et la paix, oublier pour un moment nos occupations et être tout entiers à la grande action que nous allons faire.

3. — Le grand festin. — La communion c’est, le grand jour de fête, c’est la vraie Pâque de l'âme. — C’est la fête de Y action de grâce, car l'âme y vient fêter l’amour de Jésus pour elle, toutes ses puissantes efficacités, toutes ses éclatantes délivrances de tant d’ennemis dont elle se voit sans cesse entourée. — C’est la fête de la joie, car c’est la manducation de la Victime sainte qui, en mourant, a fermé l’enfer et rouvert les portes de la Patrie, et qui, maintenant, en se faisant l’aliment de nos âmes, devient la cause de notre bonheur éternel, dont les germes, sont déposés en nous à chacune de nos communions.

De même qu’aux grandes solennités l’on se revêt de ses habits les plus riches, ainsi, pour s’approcher de la Table sainte, l’âme doit chercher à s’orner des plus belles vertus ; c’est de la simple convenance.

Mais cette fête est un festin, et l’on ne va aux festins qu’après s’être abstenu, pendant un temps, de toute nourriture, afin de manger avec plus d’appétit et de faire honneur ainsi à ceux qui nous invitent. De même, l’âme qui se dispose à prendre part au divin banquet de l’Eucharistie, doit s’y préparer par un jeûne spirituel, qui lui sera d’autant plus profitable qu’il sera plus complet ; c’est ainsi qu’elle doit s’appliquer à se vider de toute attache aux créatures, à écarter toute préoccupation qui la pourrait ralentir ou troubler, à se défaire de tout fardeau qui la pourrait appesantir, à enlever tout obstacle qui pourrait nuire à la pureté et à l’élan de ses saints désirs.

4. — Les divines harmonies de la Communion. — Dans la Pâque eucharistique, tout doit être en harmonie entre Jésus et l’âme. A la pureté de l’Agneau divin doit répondre la pureté de l’âme ; à l’immolation volontaire de cet Agneau sans tache, l’immolation volontaire de l’âme, exprimée par la pureté de vie, le repentir de ses fautes, la pratique des vertus, l’acceptation généreuse et anticipée des sacrifices, l’abandon confiant au bon plaisir divin, l’offrande totale de soi-même dans un même holocauste avec Jésus. Aux désirs embrasés qu’a Jésus de se donner à elle en nourriture, l’âme doit répondre par d’ardents désirs de Le recevoir, par une sainte soif de se désaltérer de son Sang précieux, par une faim amoureuse de se rassasier de cette divine nourriture.

5. — L’amour, secret des saintes immolations. — C’est l’amour de Jésus pour nous qui immole ce divin Sauveur à l’autel ; c’est également notre amour pour Lui qui doit nous pousser à nous immoler nous-mêmes, afin de manger plus fructueusement cette Pâque sacrée> Cet amour toutefois que nous portons à Jésus n’est qu’un effet et comme un écoulement de celui que Jésus Lui-même a pour nous ; voilà pourquoi nous célébrons souvent la Pâque eucharistique, afin que, par la manducation de l’Agneau divin, l’amour même de Jésus s’écoule plus abondamment dans notre âme, et en nous rendant plus semblables à Lui par les ardeurs de l’amour, nous rende en même temps plus conformes à Lui par notre immolation.

Bien plus, par la communion nous immolons en quelque sorte Jésus, en L’obligeant de perdre en nous sa vie sacramentelle. A notre tour, nous devons avoir à cœur de nous livrer et de nous donner tellement à Jésus, qu’il soit libre de nous immoler à son amour, et qu’en retrouvant en nous comme une vie nouvelle, Il ait la liberté et la consolation de continuer son immolation par tous les sacrifices qu’il se plaira â nous envoyer.

REVUE 1>E LA SAINTE-FACE

Quando Pascha immolai a nt ; quand iis immolaient la Pâque. — La Pâque eucharistique est l’effet du concours mutuel que se prêtent Jésus et l’âme pour faire de leur amour un amour unique, et pour opérer, sous l’influence de ce puissant amour, une commune immolation qui soit le don total de l’un à l’autre ; immolation et don qui permettent à Jésus de se nourrir en quelque sorte de Pâme, par la jouissance et la complaisance qu’il prend en elle, en même temps que l’âme se nourrit véritablement de Jésus pour en vivre et pour en vivre éternellement.

3riseur ds Croix

Peu après la grande Révolution, un respectable ecclésiastique travaillait au salut des âmes dans un hôpital et prodiguait les secours et les consolations de la religion aux malades et aux blessés qui s’y trouvaient en grand nombre.

On lui parla d’un soldat, dont la vie paraissait un prodige, dans l’état de mutilation où il était. 11 eut la curiosité de le voir. Il s’approche, et aperçoit un homme dont la figure portait l’empreinte d’un grand calme.

« Mon ami, lui dit-il, on m’a dit que vos blessures étaient très graves. »

— « Monsieur, répondit-il, levez un peu la couverture. »

Le prêtre obéit et recule d’horreur en voyant que cet infortuné n’a plus de bras.

« Quoi, lui dit alors le blessé, vous reculez pour si peu de chose? levez la couverture aux pieds. »

11 lève, et il voit qu’il n’a plus de jambes.

— « Ab ! mou enfant, s’écrie le charitable prêtre, combien je vous plains ! »

— « Non, répond le malade, ne me plaignez pas, mon Père, je n’ai que ce que je mérite : c’est ainsi que j’ai traité un crucifix. Je me rendais à l’armée avec mes camarades ; nous rencontrâmes sur la route un crucifix qui avait échappé à la fureur des patriotes. Aussitôt, on se mit en devoir de l’abattre. Je fus un des plus empressés ; je montai et, avec mon sabre, je brisai les jambes et les bras du crucifix et il tomba. A mon arrivée au camp, on livra la bataille et, dès la première décharge, je fus réduit à l’état où vous me voyez. Mais Dieu soit béni, qui punit mon sacrilège en ce monde, pour m’épargner en l’autre, comme je l’espère de sa grande miséricorde. »

El ’T'-'IgLiJLiMCi HlTT LSS

Un jour, le célèbre abbé Combalot prêchait dans une grande église de Lyon. Après avoir llagellé de sa parole vigoureuse les mécréants du jour, surtout cette pauvre et sotte espèce pui va redisant que c’en est fait de l’Église catholique, et qu’ils vont tout de bon, cette fois, l’enterrer, l’orateur descendait de la chaire à pas lents lorsque, tout à coup, il s’arrête et remonte :

a Mes frères, dit-il, h ses auditeurs surpris, de votre ville de Lyon vous voyez le Mont-Blanc, n’est-ce pas ? eh bien, je vous le dis, les rats ne le mangeront pas ! »

Un sourire passa dans l’auditoire qui comprit. Le Mont-Blanc divin n’a pas peur des rata libres-penseurs.

LA VOIX DU BON-PASTÉÛk

Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

Fit/ jour de son Ascension, l’ Homme-Dieu, vainqueur de la mort et de l'enfer , est monté aux deux pour y prendre possession de son Royaume éternel.

Honorons le triomphe de notre divin Libérateur qui est aussi le nôtre : Dieu, selon l’expression de l’Jkpôtre saint Paul, nous a fait asseoir dans les Cieux avec Jésus-Christ ; en Lui , la nature humaine est élevée au-dessus de toute principauté, de toute vertu, de toute domination.

Jésus-Christ est monté au Ciel pour nous en ouvrir l’entrée. Il est noire Chef; nous sommes ses membres. 7\ssis à la droite de son Père. Il est auprès de Lui notre Avocat, noire Médiateur, noire Pontife.

Elevons nos esprits et nos cœurs ; regardons-nous, ici-bas, comme des voyageurs et des étrangers ; le Ciel est notre véritable Patrie où nous devons régner éternellement avec Jésus-Christ dans l’assemblée des Saints. milieu des tentations, des combats et des afflictions qui troublent continuellement cette vie mortelle, consolons-nous par l’attente du moment qui doit nous réunir à notre Chef adorable, dans le séjour éternel de la paix, de la félicité et de la gloire .

Nous rappelons aux dévots de la Sainte-Face du Saint-Suaire qu’une indulgence plénière est attachée, aux conditions ordinaires, à tous ceux qui méditeront sur la Passion devant cette Image, aux fêtes suivantes, ou un jour de l’octave.

1° L'Invention de la Sainte-Croix (3 Mai) — 2° L’ascension (18 Mai).

lia souffrance : visite du Bon Dieu

Souvenez-vous de Job, le patient héroïque, l’athlète de la douleur. Vielles de quatre mille ans, ses souffrances émeuvent encore les âmes comme au premier jour. Job, dont le poème incomparable restera à jamais comme le monument éternel de la foi en Dieu dans la douleur et de la douleur transfigurée par l’espérance !

Lui, Y homme le plus haut de l'Orient, comme dit la Bible, perd tous ses biens, ses fils, ses filles, sa santé. Il tombe, frappé d’un mal horrible, couvert de plaies hideuses. Tout le trahit, l’outrage, l’abandonne. Sa femme le pousse au blasphème et ses amis l’accusent d’avoir mérité ses maux en offensant Jéhovah. Sa misère inénarrable lui fait une solitude que la douleur seule remplit...

Que lui reste-t-il donc? Il lui reste Dieu ! Écoutez ce qu’il lui dit : « Vous m'avez visité dès le matin et votre visite a gardé mon âme et l'a remplie de lumière. Vous me torturez ; mais c'est d'une manière admirable. . . » Derrière la maladie qui le ronge et le sépulcre qui l’attend, il salue l’aube éblouissante de la résurrection et il y trouve sa suprême consolation : « Je sais que mon Rédempteur est vivant! Au dernier jour, je ressusciterai dans ma chair, je verrai mon Dieu! Cette espérance est aujond de mon cœur)).

Ce n’est sûrement pas d’une manière aussi terrible que Jésus visite votre chère âme, mais puissiez-vous Lui faire toujours bon accueil, même quand II se présente avec sa croix, et imiter alors la foi intrépide et l’espérance invincible du patriarche de l’Idumée !

Les épreuves sont souvent une grâce de la bonté spéciale de Jésus. Il les réserve à ses meilleurs amis. Il habite d’une manière particulière les cœurs brisés. Voyez donc sa conduite envers Marie, sa mère toute pure, et Joseph, son père nourricier. C’est Bossuet qui le remarque : » Avant que Jésus fût né, ils vivaient pauvrement mais tranquillement dans leur ménage, gagnant doucement leur vie par le travail de leurs

mains. Mais aussitôt que Jésus leur est donné, il n’y a plus de repos pour eux. Cependant, ils ne se plaignent pas de cet enfant incommode qui ne leur apporte que persécution. Il faut bien qu’on le sache : l’on n’a pas Jésus pour rien; il faut prendre part à ses croix. Partout où entre Jésus, Il y entre avec sa croix et ses épines et II en fait part à ceux qu’il aime. »

Vous plaindriez-vous d’être traités par le Divio Visiteur comme II a traité ses bien-aimés parents?

Les saints l’avaient compris, et c’est pourquoi ils étaient si heureux dans leurs souffrances. A la Un de sa vie, François d’Assise, malade, demeura quarante jours dans une cabane de roseaux. Un jour que le saint, torturé par la douleur, n’en pouvait plus, on l’entendit qui disait : « O mon Jésus, jetez les veux sur votre pauvre serviteur. Venez à mon secours ét accord ez-rnoi la grâce de supporter en patience toutes ces infirmités ». Une voix répondit aussitôt, une voix céleste, et elle disait : « François, peut-on acheter trop cher un joyau qui permet d’acquérir un royaume hors prix ? Ce joyau, c’est la souffrance. Il ne faudrait pas s’en défaire pour le monde entier, quand même toutes les montagnes se changeraient en or, toutes les pierres en diamants, en baume tous les ruisseaux. — Oui, Seigneur, reprit le stigmatisé de la croix, c’est ainsi que j’apprécie les souffrances que vous m’envoyez. Elles me sont comme une visite de Vous, ô Crucifié, et comme un don de votre amour». Et la voix mystérieuse ajouta : « Le chemin de la croix est le chemin du ciel». Aces mots, François se leva, embrasé d’une ferveur nouvelle, et il fit venir la vierge Claire, elle aussi souffrante, afin qu’elle profitât des divins enseignements. Et ces deux séraphins de la terre s’entretinrent longtemps des richesses de la douleur et des ivresses de la croix.

« L’épreuve, c’est la visite du Seigneur, écrit Mgr Gay. Le mot est consacré dans la langue des chrétiens. S’ils voient l’un d’eux qui pleure dans sa maison de deuil, ou à côté d’une ruine, ou sur un lit de souffrance, ils disent : « Dieu est venu visiter notre frère ». Et c’est vrai. Il nous visite ainsi pour notre plus grand bien.

« Ses croix sont des faveurs parce qu’elles sont, quand nous les acceptons, des trésors pour payer nos dettes, des baptêmes pour laver nos fautes, de nouveaux traits de ressemblance avec Jésus, des degrés d’ascension vers notre Père céleste. Il les bénit ces croix en nous les présentant, et quand sa main les met sur nos épaules, quels Ilots de compassion et d’assistance jaillissent sur nous de son cœur miséricordieux ! De cela aussi il faut dire : « Si nous savions le don de Dieu! (Jean, IV, 10). Et encore : « Si nous connaissions bien le temps de sa visite ! » ( Luc, xix, 44) c’est-à-dire le temps où Jésus vient à nous dans la tribulation. »

Faisons-lui bonne figure ; il y va de notre salut.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

^Exclamation

Jésus monte au Ciel

Jésus ,

vous vous en allez !

Pourquoi donc nous quitter ?

Comment m’habituerai-je à ne plus vous voir ; à ne plus vous sentir à mes côtés ; à ne plus entendre le doux son de votre voix, à ne plus rencontrer votre tendre regard :

à ne plus pressentir les affectueuses palpitations de votre cœur 7 * * *

Vous vous en allez si loin, ô Jésus , mon amour, et je ne pourrai vous suivre !

Pourquoi me faire celle peine, lorsque, vous le savez, je me suis attaché à vos pas et que je ne connais plus d’autre amour que vous 7 J’ai toujours trouvé tant de suavité à vous contempler tout près de moi ; et voilà que maintenant il me faudra monter jusqu’au ciel pour vous retrouver, vous adorer et vous aimer !

Ah ! vraiment, mon Jésus, ce n’était pas la peine de me ravir et de me fasciner, comme vous l’avez fait, pour ensuite me laisser seul et m’abandonner !

O Jésus, mon amour, il me semble que tout est perdu, maintenant que vous n’êtes plus là.

Ah ! quel vide je ressens dans mon âme,

après que vous l’avez tant remplie !

La terre entière me semble un désert.

Je cours, triste et éperdu.

par toutes les routes, et je demande à tous les échos si mon Bien-Aimé n’est pas passé par là, et si, en vérité, il est parti pour ne plus revenir.

Je sais bien, pourtant, ô mon Jésus,

que vous m’aimez encore, et que votre absence me cache un mystère

que je ne puis comprendre.

Encore un peu de temps, m’avez-vous dit un jour, et Lu ne me verras plus ; et encore un peu de temps et tu me reverras.

O mon Jésus, je crois à votre parole ; mais, je vous en supplie, réalisez votre promesse.

Faites-moi vite comprendre comment vous pouvez unir ces deux choses :

vous en aller et rester !

Disparaître à mes regards ravis et continuer quand même à m’éblouir et à me charmer !

Vous éloigner

dans les hauteurs inaccessibles des cieux

et cheminer encore à mes côtés sans jamais me quitter.

Vous m’avez instruit, ô tendre Maître, et je ne peux l’oublier.

Vous venez des profondeurs de l’éternité.

Verbe éternel et Fils de Dieu, le ciel vous réclame et vous remontez dans le sein de votre Père.

Votre mission sur cette terre est accomplie ; et pourtant, je le sais, vous ne partez pas tout entier.

Pain vivant, descendu du ciel, pour demeurer dans l’humanité, vous vous êtes fait le compagnon de mon exil ; et en même temps que les anges vous adorent dans la gloire, je vous rends les mêmes hommages au Sacrement de l'Eucharistie, où je vous retrouve aussi beau, aussi grand et aussi aimant que dans la Patrie.

O mon Jésus, en montant au ciel,

une nuée vous a dérobé à mes regards ; et j’aurais pu désespérer de jamais vous revoir.

Mais en perçant les voiles du Sacrement de vos tendresses, je vous retrouve et vous reconnais.

Oh ! oui, dans l’Hostie, c’est bien vous, mon Jésus, et je ne pense plus à me plaindre de vous avoir vu vous envoler.

Un moment désemparé, en vous voyant quitter cette terre,

j’ai de nouveau rencontré votre regard, et j’ai fait de l’Eucharistie le sujet de mes plus sublimes contemplations.

J’ai retrouvé le calme et la sécurité, assuré de vous avoir toujours à mes côtés,

pour m’instruire, me guider et me protéger.

J’ai senti votre cœur battre sur le mien et inspirer les douces mélodies qui font le charme de ma vie.

Non, non, rien nemanque àmonbonheur. Mon attraction suprême, c’est Jésus ;

ma vie, c’est d’aimer Jésus ; mon amour, c’est de vivre de Jésus ; mon ciel, c’est l’Eucharistie !

Je m’en vais

par les chemins escarpés de l’exil, jusqu’à la Patrie

où toutes les voies sont aplanies, où toutes les ombres sont évanouies, où rayonne Jésus, la splendeur de l’Éternel, et où règne la contemplation dans les délices d’un amour sans fin.

O Jésus, mon Bien-Aimé, que mes yeux seront limpides, quand j’aurai fini de pleurer et que je n’aurai plus qu’à vous contempler !

Que mon cœur sera serein et pacifié, quand il n’aura plus rien à désirer et que vous serez son partage pour l’éternité !

Que mon âme,

assoiffée d’amour et de félicité, jouira ineffablement de demeurer en vous et de vous posséder !

O Eucharistie, ciel de mon exil !

O céleste Patrie, Eucharistie de mon éternité !

je vous confonds

dans une même ravissante beauté et dans un même éternel amour.

Pour vous voir, ô Jésus, délices de mon âme, je vous contemplerai dans l’Hostie.

Pour vous connaître, ô Jésus, éternelle vérité, je vous étudierai dans le Sacrement de vos divines merveilles.

Pour vous aimer, ô insatiable et tendre Jésus, je m’embraserai aux feux de l’éternelle charité, que vous avez allumée dans tous les Tabernacles où vous demeurez et où vous vous consumez.

A mon tour, ô Jésus, emportez-moi au ciel.

Je veux y monter avec vous, et passer mon éternité à vous glorifier et à vous airrier.

REVÙÈ DE LÀ SAINTE-ÉACÊ

§Æ §YS DE LA §IÈRE J&DMiRABLE

Le lys releva sa gracieus-e tige et commença en ces termes son histoire . .

Je naquis dans une des magnifiques plaines qui entouraient la ville de Nazareth dont le nom même signifie : cité des fleurs. Un doux rayon venait à peine d’ouvrir mon calice à la bienfaisante lumière du jour, que les milliers de lys mes frères qui m’entouraient, s’écrièrent : « Oh ! qu’il est ravissant ! » Je n’en conçus pas d’orgueil, mais je remerciai Dieu de ce qu’il m’avait fait si beau, et je le priai de conserver toujours à mes pétales leur éclatante blancheur, de ne jamais permettre qu’on m’enlève un seul de mes longs filaments d’or, et de me garder toujours le parfum si suave qui s’exhalait à ce moment de ma fraîche corolle pour sa plus grande gloire.

Après avoir contemplé un instant le beau ciel bleu, je refermai mon calice à peine entr’ouvert et ma tige encore frêle tressaillit de bonheur à la pensée de la délicate vertu dont fêtais le louchant symbole. Au même moment je me sentis enlever de la place où j’étais.

Je levai la tête, j’étais sous l’aile d’un ange. « Ne crains pas, lys de prédilection, me dit-il, ta mission est admirable et ta vie sera immortelle. Tu représenteras pendant de longues années la pureté d’une vierge immaculée, et après sa mort elle te fera germer dans les cœurs qui lui seront consacrés. » A ces paroles, mon calice s’épanouit, ma tige devint plus belle, et mon cœur de fleur ressentit un tendre amour pour la petite Vierge qui allait répondre au doux nom de Marie.

L’Ange pénétra dans une humble maisonnette, où il me déposa près du berceau d’une toute petite enfant ; les anges par milliers se pressaient autour d’elle, et faisaient retentir l’air des plus joyeux cantiques. Je m’unis à eux et tâchai de me rapprocher le plus possible du cœur de cette petite Vierge si jeune encore et déjà si agréable à Dieu.

L’enfant grandit, je grandis avec elle, et lorsqu’elle eut atteint l’àge où ses parents jugèrent à propos de la placer au temple, j’y allai avec elle, et quand de sa voix argentine elle fit sa consécration à Dieu, elle m'offrit à lui comme gage de fidélité.

Ses jeunes années s’écoulèrent doucement dans la maison du Seigneur, où son temps était partagé entre la prière, l’étude des livres saints, et un travail assidu.

Mais le moment du sacrifice approchait. Marie avait quatorze ans, et pour obéir à la loi, elle dut s’éloigner de sa retraite pour s’unir à l’époux que Dieu lui destinait. Alors, elle me pressa sur son cœur en me disant : « Lys éclatant

LA VOIX DU BON-PASTLUIv

de pureté et de blancheur, reste avec moi toujours, car tu m’es mille fois cher.» Oh ! j’étais trop content, c’étail là ma noble mission.

Un jour que Marie était en prière, j’étais auprès d’elle exhalant mes plus doux parfums aux pieds de l’Éternel ; l’Ange qui m’avait enlevé à une terre vile et méprisable lui apparut pour lui annoncer qu’elle serait la xMère de Jésus, le Sauveur du monde, puis se tournant vers moi : « Ne craignez pas, Marie, car -ce lys sera plus que jamais l’emblème de votre pureté sans tache. »

Au bout de quelques mois, Jésus naquit au milieu de l’hiver dans une pauvre étable, et je fus l’unique ornement de cette pauvre demeure. Oh ! comme je m’inclinai avec bonheur devant l’Etre infiniment saint... L’Enfant grandit, et sa plus grande joie était de venir souvent respirer ma douce odeur ou de dormir à l’ombre de ma blanche corolle.

Hélas ! ce bonheur ne dura pas toujours, Jésus devint homme, son temps était venu, il allait mourir sur la croix pour le salut des hommes. Marie forte et résignée suivit son divin Fils au Calvaire et elle y demeura abîmée dans la douleur ; cependant au milieu de ses larmes ma vue la faisait encore sourire. Debout aussi, appuyé sur le bois sacré, je tâchais de recevoir quelques gouttes de ce sang précieux afin de pouvoir pleurer puisqu’il n’y avait plus de larmes, si ce n’egt la divine rosée qui était répandue pour tous ceux qui profaneraient mon nobje symbole.

Après l’Ascension, Marie se retira dans la demeure de saint Jean ; là, elle priait, elle vivait avec Jésus dans le Sacrement de son amour, elle m’avait placé auprès du tabernacle où je devenais plus blanc et plus beau à mesure que les flammes du feu divin consumaient le cœur de la Mère Admirable.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Enfin dans une extase d’amour son âme s’envola dans le sein de Dieu. Je la suivis au tombeau qui ne posséda pas longtemps ses restes précieux, car les anges vinrent bientôt enlever ce corps virginal pour le porter au ciel. Marie, m’écriai-je, ô ma Reine, je veux vous suivre dans la gloire ! loin de vous ma fleur se flétrira et perdra son céleste parfum ! « Lys bien-aimé, mon plus cher trésor, me dit la Vierge très pure, non, demeure sur la terre, tu fleuriras dans le cœur des enfants et des vierges. Puissent-ils te conserver avec soin, car le Cœur de mon Jésus ne se plaît qu'au milieu des lys. »

Ainsi me parla la fleur aimée de la Mère Admirable tandis qu’agenouillée auprès de sa fresque bénie, je priais Marie de me révéler un de ses secrets d’amour...

Je viens de le comprendre ton simple et pur langage, ô lys, fleur chérie de la Vierge du temple, aujourd’hui à la voix de Jésus son divin Fils.

Je place un vœu dans ta corolle :

C’est un parfum mystérieux ;

Ah ! qu’avec les tiens il s’envole,

Qu’ils se confondent dans les cieux (1).

(*) Cette gracieuse composition est l’œuvre d’une enfant de treize ans, élève au Sacré-Cœur, qui chantait ainsi son amour pour la Reine des Vierges et les charmes de la belle vertu qui ravissait son cœur. Répondant aux appels divins, elle se consacra au Seigneur comme la Vierge du Temple, et c’est au service de l’Eucharistie, où Jésus lui révèle ses secrets d’amour, qu’elle exhale les parfums de son âme et consume sa vie.

Deux fêtes du mois de JVIai

3 Mai. — L'Invention de la Sainte-Croix.

L’Eglise a consacré le 3 mai à honorer la Croix de notre Sauveur parce que ce fut le jour où elle fut trouvée par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, après avoir été cachée pendant trois siècles. « Salut, ô Croix, notre unique espérance ! Toi qui nous a conduits aux joies pascales, augmente la grâce dans le juste, efface le crime du pécheur. » ( Hymne : Vexilla Regis.)

4 Mai. — Fête du Saint-Suaire de Notre Seigneur ,

On célèbre en ce jour, à Turin, la fête du Saint-Suaire. On sait que le précieux linceul où Notre Seigneur daigna imprimer l’image de son Corps divin, alors qu’il était au tombeau, est conservé à Turin dans la chapelle royale. On ne l’expose en public que très rarement, mais il est vénéré d’une manière toute particulière tous les ans, le 4 mai.

Joignons-nous en esprit aux pieux adorateurs qui auront le bonheur de se prosterner aujourd’hui devant cette sainte relique.

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