MESSES DE SON VIVANT
« Pour les Messes dont le fruit doit être appliqué à nous-même, il vaut mieux, c’est l’avis de saint Léonard de Port-Maurice, les faire dire pendant notre vie que d’attendre après la mort ; une seule Messe appliquée à notre âme pendant la vie, lui est beaucoup plus utile que plusieurs après la mort. 3
( Mgr Vaughan)
On ne pend pas justice à l’ouvpiep
Remarquable discours d’un tribun laïque, le fameux Brucker, dans la chaire de l’église Saint-Laurent, à Paris, quelques semaines après la révolution de 1848, devant un auditoire composé d’ouvriers révolutionnaires qui applaudissent d’abord frénétiquement, mais que l’orateur réduit à un silence stupéfiant.
« On ne fend pas justice à l’ouvrier . Non, on ne rènd pas hommage à l’ouvrier. On ne respecte pas l’ouvrier.
Quand on passe devant l’ouvrier, on ne s’incline pas devant lui, ou ne le salue pas, on ne daigne pas lui donner un regard, on le méprise, on l’insulte.
C’est un scandale, Citoyens, qui me révolte jusque dans le plus profond de mon être, et je n’en puis être le témoin sans en être très profondément indigné.
Non, non, on ne rend pas justice à l’ouvriei.
Et cependant, si je considère la seule église ou je vous parie, tout y atteste à la fois le labeur et le génie de l’ouvrier.
N’est-ce pas l’ouvrier, en effet, qui, de sa main puissante et hardie, a élevé à plus de cent pieds dans les airs cette voûte admirable qui fait penser au ciel ? N’est-ce pas lui qui a vaillamment entassé et cimenté ces pierres, pour en former ces piliers, ces colonnes, ces contreforts et ces murs dont la solidité est si parfaite et l’harmonie si admirable?
N’est-ce pas l’ouvrier qui, de sa main habile et délicate, a fouillé et ciselé ces délicieux chapiteaux, où toutes les plantes ont retrouvé dans la pierre une seconde floraison et tous les animaux une seconde vie? N’est-ce pas lui qui a sculpté les candélabres de cet autel et ce tabernacle même où la majesté de Dieu est voilée ?
N’est-ce pas l’ouvrier qui a savamment construit ces orgues immenses dont nous entendions tout à l’heure la grande voix qui nous fait assister aux concerts de là-haut ? N’est-ce pas lui qui a trempé, dans la vivacité des plus riches couleurs, ces belles vitres qui, le matin, apportent à vos yeux un jour si adouci, et sont pour vos intelligences un Catéchisme en couleurs si facile à comprendre ?
N’est-ce pas l’ouvrier qui a maçonné, charpenté, menuisé, tapissé, tissé, fondu, forgé toutes les parties et tous les ornements de cette église oii j’ai l’honneur et la joie de vous parler? N’est-ce pas lui, enfin, qui est l’auteur, le véritable auteur de tous ces chefs-d’œuvre et de toutes ces merveilles?
Et cependant on ne rend pas justice à l’ouvrier. (Applaudissements prolongés.)
REVUE DE LA SAINTE-FACE
N’applaudissez pas, malheureux !
Sachez qu’il n’y a dans tout l’univers qu’un Ouvrier :
Un Ouvrier véritablement digne de ce nom ;
Un Ouvrier qui a fait, tous les autres ouvriers ;
Un Ouvrier dont tous les autres ne font que copier servilement le» œuvres ;
Et cet Ouvrier, c’est Dieu !
C’est lui qui, incomparable architecte, a, de sa main toute-puissante, élevé la voûte des cieux : c’est lui qui a groupé harmonieusement les nébuleuses dans l’espace immense ; c’est lui qui a disposé dans l’éther l’architecture de tous les mondes; c’est lui, c’est cet ingénieur éternel qui a fait des chemins à tous les astres et qui leur ordonne de les suivre avec une régularité immortelle.
C’est lui qui, sculpteur incomparable, a ciselé les astres ; c’est lui qui a taillé notre terre comme un merveilleux diamant; c’est lui qui, dans l’éternité de sa pensée et de son plan divin, a créé le modèle et arrêté la forme de tous les êtres vivants ; c’est lui qui, dans le bloc de notre chair, a sculpté le corps humain, cette statue si bien proportionnée, si belle, et qui regarde le ciel.
C’est lui qui, peintre incomparable, a jeté sur la terre la variété des couleurs ; c’est lui qui, avec son inépuisable palette, a peint lui-même toutes les fleurs, tous les animaux, et le ciel, et la mer, et l’œil humain.
C’est lui qui a maçonné, charpenté, menuisé, tapissé, tissé, fondu, forgé tous les mondes, et surtout notre terre.
Et je dis qu’on ne rend pas justice à cet ouvrier, à l’Ouvrier.
Tout à l’heure, je vous ai vu entrer dans sa maison, le blasphème aux lèvres et le chapeau au front.
Tout à l’heure, vous êtes passés devant son tabernacle adorable, et vous ne l’avez pas salué.
Tout à l’heure, vous lui avez jeté (je les ai entendues) des insultes avec des menaces.
C’est une chose, en vérité, qui m’a révolté jusque dans le plus profond de mon être, et je n’ai pu en être le témoin sans en être très profondément indigné.
Non, non, on ne rend pas justice à I’Ouvrier. »
(Léon Gauthier, Portraits du xixe siècle.)
« De même que Dieu seul est Dieu, de même aussi Jésus seul est Jésus, c’est-à-dire Sauveur, c’est-à-dire consolateur, soutien, médecin, remède. Allons à Lui, si nous voulons être consolés. »
Mgr de Ségur.
Mite (Connexion obtenue par la Mnte=face
Monsieur le Directeur,
Une personne amie vient de me passer un numéro de votre splendide Revue. Je l’ai lu avec avidité, tellement je l’ai trouvé intéressant et plein d’une spiritualité simple et réconfortante, surtout pour les âmes visitées par la souffrance.
Je vous demande de bien vouloir m’inscrire non seulement au nombre de vos abonnés, mais aussi de vos propagateurs. Très volontiers, je m’efforcerai de répandre le plus possible cette magnifique Revue, qui est de nature à faire tant de bien. Et je le ferai dans les sentiments de la plus vive reconnaissance pour une grâce insigne obtenue dernièrement par l’intermédiaire de la Sainte-Face.
Ma petite fille, Gertrude, âgée de dix ans, fréquente le catéchisme. Un soir, en rentrant, il y a près de quinze jours, elle me dit sur un ton un peu tremblant, inaccoutumé : « Maman, j’ai été bien distraite cet après-midi pendant la leçon de catéchisme.
— Chère petite, dis-moi ; que s’est-il passé ?
— Dans la salle, un peu derrière Monsieur le Curé, il y a, suspendue au mur, une grande image. Je l’avais bien vue auparavant ; mais elle ne m’a jamais autant frappée que cette fois. J’avais beau vouloir suivre la leçon de M. le Curé, c’était plus fort que moi ; j’étais comme poussée à la regarder. Elle est si belle ! Ce n’est pas une image comme les autres !
— Quelle est donc cette image ? Qu’est-ce qu’elle représente ?
— Je ne sais pas, maman ; je suis trop petite pour lire ce qu’il y a d’écrit au bas. C’est une figure ! c’est la figure d’un mort ; mais on dirait qu’il pense encore. Ses yeux sont fermés ; mais il semble nous regarder quand même. »
Je me suis vite rappelée qu’elle parlait de la Sainte-Face de Jésus d’après le Saint-Suaire de Turin, que j’avais déjà vue à ce même endroit.
Comme j’avais , dans mon livre de prières, une petite image de cette même Sainte-Face, je la lui montrai.
En la voyant, la pauvre enfant a tressailli de joie, la porta à ses lèvres et la baisa avec une grande piété.
« Maman, voulez-vous me la donner ?
— Je le veux bien ; mais à une condition : que, pendant neuf jours, tu récites à haute voix, le soir avant de te mettre au lit, la prière qu’il y a au verso, pour la guérison de ton cher papa.»
Mon mari était malade au lit, souffrant terriblement des suites d’un accident.
Mais j’avais une autre intention encore plus importante que celle de sa guérison corporelle, c’était celle de son âme, bien malade et bien souffrante elle aussi.
Lui, qui autrefois aurait tout fait pour ne pas manquer à ses devoirs, religieux, en particulier à la messe du dimanche ! Et maintenant depuis quelques mois, ça ne lui disait plus rien, entraîné sans doute par l’influence néfaste de certains confrères médecins. Ma douleur fut extrême quand, après son accident,
REVUE DE LA SAINTE-FACE
je le voyais s’approcher rapidement de la mort, sans qu’il veuille voir le Prêtre, La pensée qu’il aurait pu mourir sans s’être réconcilié avec le Bon Dieu me torturait. Je ne voulais pas y croire.
Je multipliai mes prières et mes sacrifices pour lui mériter la grâce de faire une bonne mort ; et je m’adressai à la Sainte-Face, poussée par un sentiment de très grande confiance.
C’est alors que l’incident de ma chère petite Gertrude est survenu. Sa chambre est tout à côté de celle de mon mari.
Le soir même, elle récita la prière à la Sainte-Face, tel que je lui avais demandé. Mon mari, quoique très souffrant, l’avait bien entendue, mais n’y porta aucun intérêt.
Le troisième soir, après avoir écouté attentivement toute la prière de Gertrude, il l'appelle un peu intrigué. L’enfant lui présente l’image de la Sainte- Face et la prière au verso. Son regard s’arrête longtemps sur la Sainte-Face de Jésus, quand tout à coup de grosses larmes s’échappent de ses yeux.
Un instant après, se tournant vers moi, il me dit d’une voix émue, profondément remué par la grâce : « Je voudrais me confesser. Appelle M. le Curé. »
En l’entendant, j’éclatai en sanglots. Je le croyais à peine. Mes larmes ne suffisaient pas à exprimer ma joie et ma reconnaissance.
Après l’avoir confessé, M. le Curé vint le lendemain lui donner la Sainte Communion et lui administrer les derniers Sacrements.
Deux jours après, se sentant plus faible, alors que nous étions tous autour de son lit, par quelques signes il demanda à Gertrude de réciter la prière à la Sainte-Face. Ce devait être la dernière. Elle n’était pas terminée qu’il avait déjà rendu son àme à Dieu.
Grande fut notre peine ! mais ma joie fut encore plus profonde de savoir son àme sauvée ; grâce inappréciable obtenue par l’intermédiaire de la Sainte-Face.
Et je ne vois pas de plus grand moyen d’exprimer ma reconnaissance que de répandre le plus possible votre si attrayante Revue, spécialement dédiée à la Sainte-Face.