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ME CHRÉTIENNE

Je suis la vivante étincelle Oui monte et descend tour à tour, La ffLeur à qui Dieu donne une aile, Un souffle, un regard, un amour.

Mon bonheur à moi, c’est la vie, La liberté sous le ciel bleu.

Le ruisseau, l’amour sans envie ; Le tien... c’est le secret de Dieu.

Mais Celui dont la main divine daigné nous former tous deux, Pour moi parfuma la colline,

Et de loin te montra les deux.

Pour se donner à toi Lui-même,

Il n attend rien qu’un peu de foi :

On dirait que ce Dieu qui t’aime 7Ve peut être heureux sans toi.

Le bonheur de ma vie entière,

R main pleine il peut le jeter ;

Mais le ciel !... il faut sur la terre Un peu souffrir pour l’acheter.

Marie Jenna

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Jsxe Violoneux du Diable

ans les dernières années du premier Empire vivait, seul depuis plus de soixante-quinze ans dans une chaumière isolée, sur la lisière du bois de Goumast, un pauvre bûcheron dont ceux qui l’ont connu faisaient le portrait suivant : grand, maigre, ayant l’air doux et rêveur, taciturne à décourager les questionneurs les plus importuns. Il n’avait jamais été marié ; tout le pays l’appelait le violoneux du diable.

Il y avait alors, de l’autre côté de la forêt de Goumast, un vieux castel qui, depuis longtemps déjà, n’existe plus... que sur la carte de l’état-major. On aimait à s’amuser au château de Montpipeau, et, parfois, certains jours d’automne, on mandait le violoneux de Ghaingv pour faire danser, après souper, les nobles châtelains et leurs invités. Un soir, le bal dura plus longtemps que d’habitude, et minuit était sonné à l’horloge du manoir quand le ménétrier, bien réconforté avec les restes du dernier repas, et que quelques verres de bon vin avaient rendu invulnérable à la fraîcheur du bois, s’engagea, insouciant, son violon sur le dos, dans les sentiers qui devaient le ramener chez lui et qu’il connaissait bien.

Cependant (il l’a raconté lui-même dans quelques occasions solennelles), il avait à peine fait trois cents pas, sous les sombres taillis, qu’il s’arrête inquiet ; des bruits inconnus frappent son oreille ; les bois sont remplis de rumeurs confuses ; à travers les vieux chênes courent des voix indécises, des appels lointains ; et au-dessus, dans l’air, il y a comme des battements d’ailes ; les cordes du violon résonnent d’elles-mêmes, par moment, comme si elles étaient frôlées par quelqu’un ou quelque chose qui demeurait invisible ; la forêt était hantée 1

Le ménétrier, ému, presse cependant le pas avec résolution, mais le tumulte grossit toujours et les bruits étranges s’accentuent davantage ; aux voix plus distinctes se mêlent, maintenant, comme des cris de détresse et de sinistres éclats de rire. Le cœur serré, la sueur au front, il arrive à la Clairière-des - Sorciers, sorte de rond-point où il s’est arrêté tant de fois et où il espère faire une pause et reprendre haleine.

Mais il n’a pas encore franchi la dernière cépée que, soudain, apparaît à ses yeux, éclairé d’une lumière rouge et intense comme celle qui sort du four d’un boulanger, un spectacle de l’autre monde : des diables, des diablesses, des diablotins, toutes les anciennes fées de la forêt, avec leurs casseroles pleines de feu, avaient donné là rendez-vous aux mécréants des environs qui avaient déjà vendu leur àme à Satan. C’était le jour et l’heure du Sabbat.

La clairière, toute tendue de voiles de soie, d’argent et d’or, était éclairée par d’innombrables lustres qui, pendus aux branches des chênes voisins, jetaient des flammes aux reflets effrayants. Le pauvre artiste, glacé de crainte, n’osait ni avancer ni reculer, quand un maître des cérémonies, noir comme un nègre, ganté de blanc, en culotte courte, mais le pied fourchu et le front surmonté de deux magnifiques cornes d’ébène, vient le saluer poliment et l’inviter à monter à la tribune de l’orchestre, recouverte de tapisseries resplendissantes.

11 fallait obéir. On lui fait un signe ; l’archet court, presque de lui-même, sur les cordes tendues, et, des entrailles du vieil instrument, sortent des airs magiques que le ménétrier n’a jamais appris, mais qui entraînent toute la bande dans une ronde échevelée.

11 voit tourbillonner devant lui, au milieu de ces fantasmagoriques splendeurs, des profils anguleux ; des nez pointus et en lames de couteau ; des rictus qui semblent séparer la tête en deux parts et qui laissent voir de blancs râteliers d’émail ; des yeux semblables à des charbons ardents ; des fronts plissés et parcheminés ; des physionomies bestiales ou féroces ; puis, ce qui lui fit le plus de mal, il l’a avoué plus tard, il reconnaît, parmi cette foule, revêtus d’habits de noce, des compatriotes, des voisins, des parents même, qu’il n’aurait pu supposer capables de s’être initiés à ces infâmes mystères et dont il n’a jamais voulu prononcer les noms.

La sarabande infernale dura une heure. Alors, sur un signe du maître qui commandait céans, le ménétrier s’arrête, remet son violon dans son fourreau, promet, sur l’injonction qui lui est faite, de revenir quinze jours après, à la même heure, et, plus mort que vif, se hâte de regagner sa demeure. Il n’essaya pas même de dormir, et, au petit jour, il frappait, pâle et anxieux, à la porte du vieux curé de Ghaingy.

C’était un digne prêtre, qui, bien loin à la ronde, à Huisseau, à Bucy, à Ingré, jusqu’à la Loire, de la Chapelle-Saint-Mesmin à Meung, était la terreur des sorciers et avait la réputation d’être fort contre l’enfer. Son paroissien lui raconte les moindres détails de l’aventure de la nuit, la fatale promesse qu’on lui avait arrachée de retourner à la Clairière-des-Sorciers, ses craintes sur ce qui va s’ensuivre ; et lui demande ce qu’il doit faire. « Mon fils, lui répond le prêtre, avant tout, que ta conscience soit en bon état, et aucun véritable mal ne saurait t’atteindre. Si donc tu as perdu la grâce de Dieu, prends soin de la recouvrer au plus vite. Quant à la malheureuse promesse que tu as faite, tu la tiendras ; mais, écoute bien ce que je vais te dire : dès que tu seras à ta place et que, à tes premiers accords, la bande de Satan commencera à s’ébranler, tu t’arrêteras, et, brusquement, tu commenceras à jouer l’air du Pange lingua. Tu reviendras m’en dire l’effet. Va maintenant ; je prierai pour toi. »

Ainsi réconforté par les conseils et les encouragements de son curé, le ménétrier attendit, sans trop d’inquiétude, la nuit terrible. A l’heure dite, il arrivait à la clairière. La noire assemblée était plus nombreuse encore et plus animée que la première fois ; les diables agitaient leurs tridents redoutables et riaient en montrant leurs longues dents ; les fées folâtres frappaient du poing le cuivre de leurs casseroles enflammées : de tous les gosiers des initiés sortaient des sons inarticulés, dont on n’aurait pu dire s’ils témoignaient la joie ou la souffrance. Cependant, le ménétrier franchit les degrés de l’orchestre et prend possession de son siège ; l’archet se lève ; les cordes vibrent ; danseurs et danseuses partent en cadence... Dans l’élan furieux qui les emporte, ils n’ont pas remarqué que le musicien brise la mesure et s’arrête tout à coup.

Mais, aux premières notes de la mélodie sacrée, qui exprime si bien l’adoration et l’amour, un cri aigu, douloureux s’échappe de toutes les bouches ; les premiers, les démons éperdus s’élancent par-dessus les grands chênes : dans leur précipitation, les fées renversent le feu qu’elles portaient ; affolés de ter-

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reur, les sorciers et les sorcières s’enfuient dans toutes les directions ; les lustres tombent ; les lampes s’éteignent ; et le ménétrier, tout à l’heure assis sur un coussin de velours, achève le Pange lingua dans un buisson d’épines... A son tour, il se met en chemin, mais, cette fois, il était calme et triomphant. Ni diable ni sorcier ne se rencontra sur sa route, et depuis lors, les esprits infernaux ne dirigèrent plus contre lui aucune entreprise. Les mécréants eux-mêmes évitaient sa rencontre. Il fut constaté, dans la suite, que l’herbe qui avait été foulée par les pieds de bouc de Satan restait chétive et empoisonnait les animaux qui la mangeaient. Rien ne voulut pousser là où les fées avaient renversé leurs casseroles. La clairière des sorciers demeura maudite et les bûcherons attardés font encore un long détour pour ne pas la traverser durant la nuit.

Et c’est depuis lors que le ménétrier de Chaingy fut appelé, par tous, le violoneux du diable.

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Petit Questionnaire

Réponse à quelques questions posées par nos chers abonnés.

Question. — La Maison du Bon-Pasteur accepte-t-elle des honoraires de Messes en timbres-poste ? — Pouvez-vous célébrer la Sainte Messe à un jour indiqué ?

Réponse. — Vous pouvez nous envoyer en timbres-poste vos honoraires de Messes, si vous ne pouvez pas nous les envoyer par chèque ou mandat. — Notre Œuvre Sacerdotale nous permet facilement de faire célébrer des Messes aux jours indiqués. Remerciements.

Question. — Je voudrais devenir Zélateur de la Sainte-Face. Y a-t-il une cotisation annuelle à verser ?

Réponse. — Pour être Zélateur, il suffît de se faire inscrire, c’est-à-dire envoyer ses nom, prénom et adresse à M. le Directeur de la Maison du Bon- Pasteur et de s’engager à répandre le plus possible cette sainte Image, selon sa situation et ses moyens. Une cotisation annuelle de 10 fr. pour la France et de 15 fr. pour l’étranger, permet à tout Zélateur de concourir efficacement à la diffusion de la Sainte-Face et aux besoins généraux de l’OEuvre dans toutes les parties du monde.

Le jour de sa nomination, le Zélateur reçoit une Image-Diplôme, et son nom est inscrit dans un Livre d’Or. (Prière d’envoyer 5 fr. pour le port).

Le titre de Zélateur donne droit à une bénédiction spéciale du Souverain Pontife, en même temps qu’à la participation à un certain nombre de messes chaque mois.

INTENTIONS DE PRIÈRES

Notre Saint-Père le Pape. — Les évêques, les prêtres du monde entier. — Notre Revue de la Sainte-Face et la diffusion de notre chère Image dans tous les pays du monde. — Les Zélateurs de la Sainte-Face. — Les Propagateurs de notre Revue. — Trois généreux bienfaiteurs. — Un malade. — Une mère de

famille éprouvée Une conversion. — Règlement d’une affaire temporelle très

importante. — Une question difficile à régler. — Deux Prêtres. — Une Communauté religieuse enseignante. — Une guérison. — Plusieurs intentions.

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i ES cieux ont suspendu leur harmonie, car Marie chante pour endormir Jésus. De sa voix divine, la Vierge si belle, plus rayonnante qu’une étoile, parlait ainsi : « O mon Fils, ô mon Dieu, ô mon trésor bien-aimé, tu dors; moi, je meurs en te voyant si beau! Pendant que tu reposes ainsi, ô mon bien-aimé ! tu ne regardes point ta mère, mais l’air que tu respires est un feu qui embrase mon coeur.

« Tes yeux, quoique fermés, ont pour moi des éclairs. Oh ! que se passera-t-il en moi quand tu vas les ouvrir? Tes joues de rose me ravissent le cœur ; mon Dieu, oui, mon âme meurt pour toi ! Tes lèvres si pures m’invitent à te baiser ; pardonne, ô mon bien-aimé ! je n’en puis plus, non ! »

Elle se tait, et bien doucement, pressant le petit Enfant sur son cœur, elle dépose un baiser sur son front divin.

Mais Jésus se réveille et amoureusement, de ses beaux yeux, regarde sa mère qui l’aime tant.

Mon Dieu ! ces yeux, ce regard, quel trait pour le cœur de la Mère ; quel dard transperce son âme !

Et tu ne languis pas d’amour pour Jésus, toi si dure, ô mon âme, en voyant Marie défaillir pour Jésus ! Que j’ai tardé à vous aimer, beautés divines ! maintenant du moins je ne cesserai plus d’être embrasé pour vous.

Le Fils et la Mère, la Mère avec le Fils, la Rose et le Lis, entrelacés désormais, seront mes amours ! st Alphonse de Liguori

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Le Crucifix et le forgeron

urant le cours d’une mission paroissiale, un forgeron, voisin de l’église où se donnaient les exercices de la mission, se montrait particulièrement rebelle à la grâce et même acharné contre les prédicateurs. Au moment du sermon, il prenait à tâche de redoubler le tapage de son bruyant atelier, et quand le missionnaire montait en chaire, ce qu’on entendait tout d’abord, c’était le forgeron frappant sur l’enclume des coups formidables.

La mission allait finir.

Un des Pères avait un grand crucifix en métal. Un jour le Christ se détache du bois qui le retient : un clou était tombé. Il arrive bravement chez le susdit forgeron :

— Monsieur, je viens vous demander un service. On m’a dit que vous étiez très habile : voyez s’il y aurait moyen de réparer l’accident arrivé à ce crucifix, auquel je tiens beaucoup.

Le front de l’ouvrier s’était légèrement plissé en voyant entrer le prêtre. 11 prend néanmoins le crucifix, examine la chose et répond :

— Oui, Monsieur l’Abbé, tout peut s’arranger.

— Je vous laisse donc mon crucifix, dit le missionnaire, veuillez le réparer.

Ce jour-là, le marteau ne tourmenta pas l’enclume au moment du sermon.

Le lendemain, on vit même le forgeron se glisser dans l’église à la tombée

de la nuit.

Une heure après, le missionnaire, descendu de la chaire, trouvait à la sacristie un homme qui l’abordait, respectueux, un peu ému.

— Monsieur le Curé, voici votre crucifix, et puis... confessez-moi !

— Très volontiers, mon ami... Mais qui donc vous a inspiré ce bon désir?

— Ah ! mon Père, quand je me suis vu ce grand crucifix dans les mains, je me suis mis à trembler... Il m’a semblé qu’il me parlait, qu’il me faisait des reproches, qu’il me disait : « Mon ami, reviens à moi, je t’aime tant ! j’ai tant souffert pour toi 1 » Enfin, je me suis senti tout retourné. Mon Père, je suis bien misérable, mais puisque le bon Dieu a voulu mourir pour nous, n’est-ce pas qu’il aura pitié de moi?

Notre forgeron était converti. Le lendemain, il s’approchait du banquet divin.

Bon chrétien, bon Français

Confiant son fils à Mme de Montesquiou, Napoléon lui dit : « Faites-en un bon chrétien. »

Quelqu’un s’étant permis de sourire, Napoléon riposta avec vivacité. « Je sais ce que je dis, il faut faire de mon fils un bon chrétien, car autrement il ne serait pas bon Français, »

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