‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 76 sur 88 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Revue de la Sainte-Face

« Montrez-nous, Seigneur, votre Face, et nous serons sauvés. »

Ps. LXXIX, 4.

SOMMAIRE

Ancienneté du culte rendu à la Sainte-Face et au Saint-Suaire. — A l’École du Bon-Pasteur. — La cloche chrétienne, voix de l’Eucharistie. — Pourquoi douter. — L’heure de la grâce. — Plus de soucis. — Jésus est la révélation de la Divinité. — Si nous nous étions trompés. — La fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix. — Jésus, le Bon-Pasteur, espérance et consolation de tous ceux qui souffrent. — L’éclat resplendissant au ciel de la Face adorable de Jésus, d’après saint Thomas d’Aquin. — Lisez ce petit livre. — Le bonheur du devoir accompli. — Le grand drame de l’amour, l’Eucharistie et la Passion, étudié dans l’Evangile. — Bel exemple de douceur dans l’infirmité. — O Marie, soyez ma protectrice. — Intentions de nos Abonnés. — La Rose du Vatican. — Comme un songe. — Au pied de la Croix. — La Voix du Bon-Pasteur, la Revue des familles. — O mes enfants, c’est Dieu (poésie). — Prière à Saint Michel. — Les Pourquoi de la vie : Pourquoi pleurer. — On ne peut se passer du Pape. — Jésus le Divin Moissonneur.

Ancienneté do ealte

rendu à la Sainte-face et au Saint-Suaire

A dévotion à la Sainte-Face n’est pas nouvelle. Constantinople montrait, comme la plus vénérée de ses images, celle du divin Crucifié imprimée sur le linceul, dont le chroniqueur Robert de Clari constate la présence dans le palais impérial des Blachernes, au début du xme siècle. La chronique de Lirey témoigne du culte empressé des populations pour le Suaire où se voyaient les traits du Sauveur. Divers chroniqueurs, Antoine Lalaing, notamment (xvr siècle), nous parlent des ostensions du Saint-Suaire et du concours du peuple qu’elles amenaient. Plus tard, Pingon, Chifflet et d’autres historiens relatent les nombreux miracles dus au Saint-Suaire de Turin.

Enfin l’Église a dit souvent son sentiment sur le culte de la Sainte- Face et du Saint-Suaire. Celui-ci fut pieusement conservé en Palestine, à Constantinople, puis en France, où de riches chapelles furent bâties pour le recevoir. Celle de Chambéry fut érigée en collégiale par le Pape Paul II, qui accorda de nombreuses indulgences à ceux qui visiteraient la pieuse Image avec les dispositions convenables. Successivement les Papes Sixte IV, Jules II, Léon X, Clément VII, Benoît XIV, etc., enrichirent de nouvelles faveurs le pèlerinage, la confrérie, l’office et la fête en l’honneur du Saint-Suaire, établis dans la sainte chapelle de Chambéry.

La liturgie romaine apporte un argument décisif en faveur du culte du Saint-Suaire et de la Sainte-Face. Elle consacre au Saint-Suaire le vendredi de la seconde semaine de Carême. Ainsi, « par ce saint office toute la chrétienté atteste et confirme la croyance traditionnelle à l’égard du Suaire vénéré depuis des siècles à Lirey, à Chambéry et à Turin. Car c’est à lui qu’il s’applique. Cet office, plein d’émotion et de piété, s’exprime en termes qui témoignent hautement de la foi de l’Église romaine au Saint-Suaire de Turin ».

L’ancienne liturgie est très riche en offices en l’honneur de saints Suaires conservés à titre de dévotion. On possède encore d’anciennes messes de la Sainte-Face, comme celle de Laon ou de Soissons, celle de Fréjus, celle de la paroisse Saint-Jossé de Paris, celle de Soignies en Belgique, etc. Autant de messes approuvées, avant la Révolution, dans certaines églises particulières.

A Rome même, le 23 novembre 1611, on fit la dédicace d’un autel, sous la coupole duquel se gardait la Véronique , et cet autel était encensé le troisième dimanche de l’Avent, avec les autels des Apôtres. A Besançon, en 1544, on établit une confrérie en l’honneur du Saint-Suaire, et, en 1579, le Pape Grégoire XIII donna à l’autel du Saint-Suaire de Besançon le privilège de l’indulgence plénière pour les morts. L’église de Cadouin est également très riche en magnifiques offices sur le Saint- Suaire et la Sainte-Face. Il en est de même à Cahors et à Carcassonne.

Les linges (blancs d’ailleurs ou simplement tachés et sans portraits) vénérés dans ces dernières églises sont loin d’avoir l’authenticité de la relique de Turin, qui seule est le vrai Suaire de l’Évangile, portant les empreintes du Corps du Christ ; ils inspiraient cependant la piété des fidèles, et l’Église la soutenait, parce que cette piété, ayant pour objet la personne de Jésus-Christ, était bonne en soi.

Le culte rendu au Saint-Suaire de Turin est tout autre chose ; celuici seul porte visibles les images antérieure et postérieure du Corps de Notre Seigneur, témoignage que s’est rendu à elle-même la Divinité dans ce Corps privé de vie,

REVUE DE TA SAINTE-FACE

Rome, en outre, a autorisé une messe de l’Image de la Sainte-Face, qui fait le privilège de quelques diocèses, pour le moment, mais qu’on peut espérer voir s’étendre dans toute la chrétienté, à mesure qu’aug-

Chapelle du Saint-Suaire de Turin

menteront les oratoires et églises élevés, nombreux déjà, en l’honneur de la Sainte-Face.

Rome nous gouverne, et quand l’heure sera venue, le Saint-Suaire et la Sainte-Face auront tous les honneurs auxquels ils ont droit.

« due j'expire altéré de la soif ardente de voir la Face désirable de 'Notre Seigneur Jésus-Christ, »

Saint Edme

1 Geôle du 3 cm-I?asfeup

Mes Réflexions sur les divers âges de la vie

Les années de l’enfance

Années d’enfance, années de sourires. Tout sourit à l’enfant qui naît et qui s’éveille à la vie.

Lui aussi sourit à tout ce qui l’entoure. Lorsque son regard s’arrête sur sa mère, quelque chose d’inconscient se passe dans son cœur et fait s’épanouir sur ses lèvres le premier sourire.

Il sourit à tous ceux qui le pressent dans leurs bras. Il sourit à la lumière qui le réjouit, à l’air qu’il respire, à la vie qui l’anime. Il sourit aux anges qu’il semble voir voltiger au-dessus de son berceau. Il sourit au nom de Jésus qui lui parle au cœur un langage qui vient du ciel.

Fleur fragile, plantée sur la terre d’exil par la main du Créateur qui plus tard viendra la cueillir pour la transplanter au paradis, elle ouvre sa corolle à la divine rosée de la grâce, elle reçoit avec ivresse les impressions célestes qui la préparent aux joies éternelles, elle aspire à une vie toute divine qui bientôt s’épanouira dans la connaissance et l’amour du Jésus qui aime tant les petits enfants dont les sourires Le charment, en attendant qu’il soit Lui-même leur ineffable suavité dans les cieux. Ob! qu’elles sont belles les années angéliques de l’enfance chrétienne !

Les années de la jeunesse

Années de la jeunesse, années d’espérances. La voie s’ouvre large et bordée de fleurs sous les pas de ceux qui commencent à cheminer dans la vie. C’est un printemps qui semble devoir toujours durer.

Ils ignorent qu’à l’automne la nature se dépouille de sa verdoyante parure et que les fleurs fanées jonchent le sol. Tout brille aux yeux dont les regards encore jeunes ne cherchent que les couleurs éclatantes. La vie semble ne pas avoir d’horizon qui la limite, tant elle leur paraît devoir durer toujours. Rêves et illusions.

A ces espérances éphémères, il en est d’autres cependant qui prennent racine non plus dans les songes de l’irréflexion, mais dans la réalité des éternelles vérités. Ce sont les espérances qui naissent dans les cœurs purs ect que Jésus Lui-même y dépose pour les faire s’épanouir ensuite dans la piété et la vertu. Saintes espérances qui orientent la vie du côté du ciel, qui fortifient les volontés chancelantes, qui purifient les cœurs tourmentés, qui préparent pour l’avenir des joies pures et stables, dont Jésus demeurera le principe et la récompense.

Heureuse la jeunesse qu’ont fécondée la pureté et l’amour de Jésqs !

REVUE DE LÀ SAINTE-FACE

Les années de l’âge mûr

Années de l’âge mûr, années de réflexions. Les sourires de l’enfance et les espérances trompeuses de la jeunesse se sont évanouis. On sourit encore, mais on pleure aussi. L’espérance n’a pas déserté le cœur, mais le voile qui dérobait l’avenir est tombé. Le temps des illusions est passé, les déceptions les ont chassées. Les rêves d’avenir sont restés dans le domaine du souvenir, n’ayant pu trouver dans le cours des années un point d'appui qui leur donne une réalité. L’heure des responsabilités a sonné. Il faut faire face aux exigences de la vie, en s’aidant des leçons du passé et en préparant la sécurité de l’avenir.

A la vue du temps qui s’écoule empressé et rapide, et en face d’une éternité qui s’avance, l’âme se recueille et sent le besoin de regarder du côté du ciel pour raviver dans son cœur la foi qui illumine et les espérances qui font vivre, pour puiser en Jésus la charité divine qui alimente les vraies affections d’ici-bas et qui donne au bonheur terreslre le caractère de la félicité des bienheureux. Jésus est ainsi le divin trait d’union entre la jeunesse disparue et la vieillesse qui s’annonce.

Les années de la vieillesse

Années de la vieillesse, années de souvenirs. Le vieillard se plaît à les faire revivre. N’espérant plus rien du monde, désabusé des créatures, éclairé sur la vanité des choses humaines, il scrute le passé pour y retrouver les quelques joies autrefois goûtées, pour y ramasser les fleurs oubliées sur le chemin, pour y entendre les mélodies qui l’ont jadis charmé.

Mais au déclin de la vie, à l’heure où tout prend une teinte d’éternité, ce qui parle le plus éloquemment à l’âme, ce sont les purs souvenirs de la vertu, les souvenirs réconfortants du devoir accompli, les souvenirs consolants des fautes expiées et des vertus pratiquées.

On s’en va plus paisible vers la mort, quand on a pleuré ses fautes et qu’on s’est purifié par la pénitence. On regarde l’éternité avec plus de confiance, quand on s’y prépare par la sainteté de la vie. On contemple le ciel avec plus de joie, quand on y aspire avec l’amour de Jésus dans le cœur et une confiance inébranlable en sa miséricorde.

Le secret du bonheur

Pour être heureux, il ne suffit pas de vivre, il faut vivre saintement. L’adolescent n’est vraiment heureux que s’il sait résister aux penchants mauvais de la nature et s’il conserve à son âme la pureté. Celui qui avance dans la vie ne goûte de bonheur durable que s’il met Jésus à la base de ses affections et aspirations. Celui qu’avoisine la mort ne peut la regarder sans trembler si son âme ne jouit pas de l’amitié de son Dieu.

Tout le reste est faux et trompeur. Le bonheur n’est qu’en Jésus. Pour vivre comme pour mourir, il faut aimer Jésus. Pour se maintenir dans le devoir, il faut recourir à Jésus. Pour sécher ses larmes et sanctifier ses joies, il faut les offrir à Jésus. Pour être heureux d’un bonheur qui demeure, il faut être fidèle à Jésus, en faire son ciel sur la terre en attendant qu’il soit notre tout dans l’éternité.

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voix île rtëuchariôtie

'avez- vous entendue cette voix ? Vox dilecti pulsantis : c’est la voix du Bien-Aimé qui frappe doucement. Ouvre-moi ton cœur, ô ma tendre sœur, ô àme fidèle. Ecoute, ma Fille, et prête l’oreille ; c’est un amant divin qui t’appelle. L’entendstu le son de cette cloche ? Elle t’annonce l’heure du’ festin nuptial. Oui, le Roi du ciel s’est épris de la beauté de ton àme ; il te faut quitter ta maison et venir à l’église. Pourraisje résister aux charmes de cette voix ?

Lève-toi donc, surge, propera, arnica mea, et veni ; hàte-toi, l’aurore s’est levée, les Anges ont adoré ; viens, un Dieu t’attend pour te combler de ses caresses dans l’union la plus sainte, la plus pure, la plus enivrante. Prépare ton cœur, embellis-le de fleurs et de fruits parfumés : le Bien-Aimé, Jésus veut aujourd’hui descendre dans ta demeure. — Oui, aujourd’hui c’est un jour de communion, c’est le jour du feu et de l’extase. N’as-tu pas compris le son de cette cloche, la parole de cette voix amie qui te presse ? C’est la voix amoureuse de la divine Eucharistie !

La divine Eucharistie !... Ce mot, peut-on le prononcer sans ressentir comme un doux miel sur les lèvres, comme un feu brûlant dans les veines? La divine Eucharistie !...

Oh ! que cette cloche, qui me la nomme et m’appelle à ses pieds, est aimable et mélodieuse !

L’Eucharistie!... Ici la parole s’arrête, le cœur seul a un langage secret pour s’exprimer.

L’Eucharistie m’appelle aujourd’hui. Je suis faible ! elle veut me communiquer sa force. — Sonne donc, ô cloche bénie, tu m’annonces la victoire !

Je suis si pauvre ! L’Eucharistie veut m’enrichir des biens éternels. — Sonne encore, ô cloche sacrée, tu m’annonces tous les trésors du ciel et de Dieu même !

Divine Eucharistie ! Ah ! tous les jours j’ai faim, j’ai soif, j’ai besoin d’un aliment pour rassasier mon esprit et mon cœur, j’ai soif d’un breuvage pour désaltérer mes ardeurs. — Sonne donc, ma cloche chérie, tu m’annonces le pain vivant, le pain de la patrie ; sonne, de désir et d’amour mon cœur est consumé !

Divine Eucharistie, je suis si infirme ! j’ai besoin d’un baume pour panser les plaies de mon âme. — Sonne toujours, ma cloche bien-aimée, tu m’annonces le bon samaritain qui vient guérir mes blessures en versant sur elles l’onguent précieux de sa chair et de son sang !

Mais plus que tout cela, j’ai besoin d’amour, et nul amour d’ici-bas n’a su me contenter.

kËVUË DE LA SÀINTE-ËACË

Le moment de la consécration approche... Ah ! sonne, sonne surtout maintenant, ô cloche bénie ; fais entendre ta voix comme un joyeux hosanna, car Jésus va descendre du sein de son Père ; Il va se faire Eucharistie pour m’aimer ; et son amour va me satisfaire, me rassasier, me combler de bonheur et me plonger dans un océan de charité et d’ivresse. Oh ! sonne donc toujours, ô tendre cloche de la consécration, car tu es la voix de l’amour, la voix bien-aimée de mon Eucharistie !

Oui, j’aime l’Eucharistie ; entendez-le, échos d’alentour ; répétez-le en chœur, montagnes et prairies ; redites-le avec moi : Amour, amour à l’Eucharistie qui transperçait le cœur de la séraphique Thérèse !

Cloche, tu ne veux retentir que pour entraîner tous les cœurs à aimer ardemment l’aimable Eucharistie. Sonne donc chaque fois que Jésus-Christ s’immole ; sonne chaque fois que le prêtre élève la sainte Hostie, l’Hostie d’amour vers le ciel.

Sonne, quand le prêtre va le prendre et se nourrir de celui qu’il a consacré sous les humbles voiles de son amour ; sonne et dis aux fidèles qu’ils ouvrent leurs cœurs, que l'heure de l’amour est venue et que le céleste hymen des âmes avec Jésus va maintenant s’accomplir ; sonne, et qu’ils se prosternent dans l’humilité ; sonne, et qu’ils s’avancent dans l’ardeur de leurs désirs et de leurs besoins ; sonne pour avertir les Anges que l’amour va couronner son œuvre, l’œuvre des siècles éternels ; qu’ils accourent en longues files pour voir leur Créateur, leur Roi de gloire se donner en nourriture à l’homme pécheur; qu’ils voient, qu’ils admirent, qu’ils adorent : c’est l’excès de l’amour !

Sonne, cloche glorieuse, quand on porte l’Eucharistie en triomphe, et que ta voix soit sonore, qu’elle soit belle et joyeuse pour augmenter l’éclat de son triomphe : Sit laus plena, sit sonora , sit jucunda !

Sonne encore quand l’Eucharistie sort en hâte pour aller consoler un mourant, lui porter son pardon, le soutenir dans le dernier combat ; annonce au pauvre moribond que l’Ami a quitté son temple et qu’il se dirige vers sa demeure désolée ; appelle les fidèles à faire cortège à ce bienfaiteur, à cet ami dévoué, afin que cette visite soit encore un triomphe, le triomphe de l’amour et de la bonté !

Sonne toujours pour la consolation de ceux qui souffrent, de ceux qui espèrent, de ceux qui prient : sonne, car tu es la voix des magnificences et des amabilités du Seigneur, la voix de l’amour, la voix de l’Eucharistie.

R. P. Hermann

PCUR&UOI DOUTER

Pourquoi vous tant fatiguer à douter ? Vous perdez votre temps, et vous ne verrez jamais la lumière si vous continuez ainsi à vous torturer l’esprit. — Je vois bien que vous avez raison ; il y a si longtemps que je doute, sans pouvoir arriver à rien. Vraiment, je voudrais me débarrasser de ces tiraillements de l’esprit et du cœur. Connaissez-vous un moyen efficace de me donner la paix avec la foi ? — C’est bien simple : ne raisonnez pas tant, et croyez simplement ce que croient des millions d’autres, qui trouvent dans leur croyance leur force et leur consolation. Allez, entrez dans une église, regardez le Tabernacle, et entendez Jésus vous dire : allez en paix, votre foi vous a sauvé.

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