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raux, depuis celui de Nicée jusqu’à celui de Trente, et leur doctrine commune a été condensée en cette formule lapidaire et définitive du concile du Vatican: ‘‘ Si quelqu'un dit que le bienheureux apôtre Pierre n’a pas été établi par le Christ prince de tous les apôtres, et chef visible de toute l'Eglise militante, et que la primauté, non seulement d’honneur, maïs encore de juridiction, ne lui a pas été conférée directement et immédiatement par Notre-Seigneur, qu'il soit anathème. ”’.
Mais, nos très chers frères, ce n’est pas pour l’avantage privé de son apôtre que Jésus a conféré à Pierre l’autorité souveraine sur son Eglise, Cette Eglise ellemême n’a pas été établie Pour un temps limité. Elle est fondée pour toutes les générations futures et doit durer jusqu’à la fin du monde. Jésus a promis d’être toujours avec elle, et sa présence se continuera jusqu’à la consommation des siècles.
L'Eglise est done immortelle, et son divin fondateur la gardera jusqu’à la fin, telle qu’il Fa lui-même constituée,
Il faut donc que Pierre, qui en est établi la base, demeure aussi longtemps que l'Eglise.
D'ailleurs, c’est en vue de l’unité de son Eglise que Jésus l’a ainsi établie et resserrée sous un seul chef. Cette Eglise, la sienne, qui doit rester seule, unique, à l’exelusion de toute autre,est présentée au monde comme
une société, une famille, un royaume, un corps organique, une personne morale; c’est une maison, un temple, un bercail, toutes choses qui requièrent un maitre, un centre, une tête, un chef, sans quoi tout se divise, se disloque et se disperse.
Qu'on ne dise point,qu'on ne pense point, dit Bossuet, que ce ministère de saint Pierre finisse avee lui. Ce qui doit servir de soutien à une Eglise éternelle ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs. Pierre parlera toujours dans sa chaire; c’est ce que disent les Pères ; c'est ce que confirment six cent trente évêques au concile de C'haléédoine,
Mais, Simon le fils de Jean devra lui, mourir à son tour. Où chercher, où trouver celui qui, par la volonté du Christ sera Pierre à sa place, héritier de ses prérogatives, et revêtu comme lui de la primauté d'honneur et de juridiction sur toute l'Eglise? Qui sera le successeur légitime de Pierre? Celui-là évidemment qui héritera de son titre sur le siège qu’il aura occupé jusqu’à la fin. C'est là dans l'union scellée par la mort qu’il faut voir la volonté définitive du Christ, fondateur de l'Eglise, touchant la succession de son vicaire.
Pierre, apôtre, comme ses frères s’élance dans l’arène à la conquête spirituelle du monde. Il passe ici, là, s'arrête à Antioche, quitte cette ville et vient à Rome, où il fixe son siège, et où il meurt crucifié comme son maître. Il laisse par le fait à l’évêque de Rome, son successeur, toute la gloire et tout le poids de la primauté apostolique.
La ville de Rome qui, à la mort de Pierre, était le centre du monde, et la capitale de l'empire, devient le centre de l'Eglise, la capitale du royaume des cieux sur la terre, et la résidence royale de son chef.
Rome était prédestinée à cette fin glorieuse ; elle était annoncée comme devant être la tête et Ja maitresse des uations. Pierre tn Mourant y confesse ]a vérité du Christ, comme ;] l'avait confessée Par sa parole durant sa vie.
Cette confession demeure, et ses successeurs héritent de la formule Par laquelle chacun vient dire à son tour : Vous tes le Christ, pour s'entendre répondre : Et toi tu es Pierre, sur toi repose mon Eglise.
Pierre continue donc de vivre dans l’évêque de Rome. Et remarquons en Passant que si le titre donne le siège, ceci est indépendant de la résidence actuelle ou effee tive. Ce qui importe c'est le nom de la ville, et le fait divinement ratifié que Pierre à fixé Pour jusqu'à sa mort son siège à Rome. La destinée matérielle de cette cité ne saurait déranger l'ordre établi. Même si Rome était détruite, venait à disparaître, ou que son évêque en fût chassé et n y pût pas demeurer, son nom serait toujours conservé dans l'Eglise, qui verra toujours en elle le fondement solide sur lequel elle repose.
Que l’évêque de Rome soit le Successeur légitime de Pierre dans sa primauté d'honneur et de juridiction sur toute l'Eglise, c’est donc une vérité certaine, et qu'il est permis de croire révélée par Dieu lui-même.
Aussi la tradition catholique a-t-elle toujours unani. mement reconnu que Pierre parle à Rome par le pape ;
que Rome est l'Eglise principale, la plus élevée, la mère de toutes les églises, le principe et l’origine de l'unité dans la société du Christ. Au pape se rattache comme à son premier fondement tout l'édifice élevé par Jésus. Christ. L'Eglise et 2: pape c’est tout un, parceque le pape c'est Pierre, et où est Pierre, là est l'Eglise.
Avec saint Irénée, tous les Pères cherchent à Rome le centre de l’unité catholique.
Au pape, en la personne de Pierre disent-ils, et comme à lui, Jésus-Christ a donné le plein pouvoir de paître, de gouverner et de conduire l'Eglise universelle. Le pape, pontife romain, est le père et le docteur de tous les chrétiens, le chef de l’épiscopat, celui qui garde incorruptible le dépôt de la doctrine. Ce langage, qui est celui des vrais interprètes de la pensée chrétienne et de la doctrine catholique dans le cours des âges, montre bien que la lignée des évêques de Rome, celle des papes, est en vérité, la dynastie des successeurs de Pierre La ville de Rome est bien celle que l’on voit décrite dans les anciennes Ecritures: ‘* La maison du Seigneur sera assise sur la crète de plusieurs monts et posée sur un groupe de collines, et toutes les nations afflueront vers elle. Et des peuples nombreux y viendront en disant : vencz el montons à la maison du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob. IL nous enseignera ses voies et nous marcherons dans ses sentiers, car la loi sortira de Sion et la parole du Seigneur ne restera pas captive dans Jérusalem. 15
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