Lectures et essais, I
2. M. Grant Allen lui-même, dans un article dont je citerai des passages, admet qu'une famille donnée dont les descendants évolueraient vers le type noir s'ils étaient soumis aux seules influences géographiques de Tombouclou, conserverait très probablement les caracières de la race blanche si on la laissait subir pendant très longtemps l'action de la région de Hambourg avant de la transplanter à Tombouclou.
demeure stagnante; et cette impulsion s'éteint sans la sympathie de la communauté.
Toutes ces considérations ne dépassent pas les suggestions du simple bon sens. Ceux qui voudraient savoir comment les développe un homme de génie, devraient lire Phi/sique et Politique, de Bagehot, ce précieux petit ouvrage qui, à mon avis, traduit très complètement, et de la manière la plus vivante, le processus du développement et des modifications de.* choses concrètes, et écarte avec le même soin toute prétention à une pseudo-philosophie de l'évolution. Mais il existera toujours des esprits pour lesquels ces conceptions paraîtront personnelles et étroites, et alliées à un anthropomorphisme depuis longtemps discrédité dans les autres domaines de la connaissance. L'individu périt, diront-ils, tandis que le monde acquiert une importance toujours plus grande; et chez un Buckle, un Draper et un Taine, personne n'ignore à quel point le mot « monde » en est arrivé à devenir à peu près synonyme du mot climat. Nous connaissons tous également la controverse qui oppose les partisans d'une « science de l'histoire » à ceux qui refusent d'admettre des « lois nécessaires » partout où les sociétés humaines sont enjeu. Spencer, notamment, attaque vigoureusement la théorie du « grand homme » en histoire :
Le développement des sociétés par l'action des grands hommes peut parfaitement s'admettre tant qu'on s'en tient aux notions générales sans chercher à les particulariser. Mais si, mécontents du vague, nous demandons que nos idées soient serrées de près et définies avec exactitude, nous découvrons que cette hypothèse est profondément incohérente. Si, au lieu de nous en tenir à cette explication du progrès social par l'action du grand homme, nous faisons un pas de plus et demandons d'où vient le grand homme, nous trouvons la théorie complètement en défaut. Il y a deux réponses possible» à cette question : ou l'origine du grand homme est surnaturelle, ou bien elle est naturelle. Dans le premier cas, c'est un dieu en mission et nous retombons dans le principe théocratique —
LES GRANDS IIOMl!i:S ET LEIR MILIEU 247
OU plutôt nous n'y retombons pas du tout... Cette solution estelle inacceptable? Alors l'origine du grand homme est naturelle; et cela admis, il faut le classer sans hésiter avec tous les autres phénomènes de la société qui lui a donné naissance, parmi les produits des états antérieurs de cette société. Au même degré que toute la génération dont il forme une petite partie — au même degré que les institutions, la langue, les sciences et les mœurs — au même degré que la multitude des arts et que leurs applications, il n'est qu'une résultante... Vous êtes forcé d'admettre que la genèse du grand homme dépend des longues séries d'influences complexes qui ont produit la race au milieu de laquelle il apparaît, et l'état social auquel cette race est lentement parvenue... Avant qu'il puisse refaire sa société, il faut que sa société l'ait fait lui-même. Tous les changements dont il est l'auteur immédiat ont leurs causes principales dans les générations dont il descend. S'il existe une explication vraie de ces changements, il faut la chercher dans cet agrégat d& conditions dont sont sortis et les changements et l'homme*.
Reprocher le caractère vague de leur croyance à ceux qui reconnaissent le pouvoir d'initiative des grands hommes, ne manque point, à mon avis, d'une certaine impudence.
Supposez que j'attribue largement à l'exemple donné par J. S. Mill la modération singulière qui distingue aujourd'hui en Angleterre les discussions sociales, politiques et religieuses, et qui contraste si vivement avec la bigoterie et le dogmatisme d'il y a soixante ans. Il se peut que mon hypothèse soit inexacte quant aux faits, mais il est certain, en tout cas, que je « cherche à particulariser » le problème », loin de « m'en tenir aux notions générales ». Et si Spencer m'affirme que les phénomènes en question ne dérivent nullement d'une influence personnelle, mais de r « agrégat de conditions » et des « générations » dont descendent Mill et ses contemporains, en un mot, de l'ordre entier des choses passées, c'est à lui-même assurément et non point à moi que l'on pourrait reprocher de se « contenter du vague ».
1. Introduction à la Science sociale, édition française, pages 34 à 36.
248 LA VOLONTÉ DE CnOIRE
Il est de fait que la méthode sociologique de Spencer est identique à colle par laquelle on invoquerait le zodiaque pour rendre compte de la chute du moineau, et un dîner de treize convives pour expliquer la mort de l'un d'eux. Elle possède une valeur scientifique à peine supérieure à celle de la méthode orientale, qui consiste à résoudre tous les problèmes par le truisme irrécusable : « Dieu est grand ». Nous autres Occidentaux, nous nous refusons depuis longtemps à nous rejeter sur les dieux là oîi nous pouvons trouver un principe d'explication plus rapproché de nous, et cette attitude nous paraît distinguer l'intelligence féconde d'avec l'intelligence stérile.
Croire que la cause de toutes choses doit être cherchée dans ses antécédents, voilà le point de départ, le postulat initial, et non point le terme, la consommation de la science. Si celle-ci doit nous faire sortir du labyrinthe par l'orifice même par où nous y sommes entrés il y a quelque trois ou quatre mille ans, il ne valait guère la peine de nous être attachés à ses pas dans l'obscurité. S'il existe quelque chose d'humainement certain, c'est que la société proprement dite du grand horiime « ne fait pas celui-ci avant d'être refaite par lui ». Ce qui fait le grand homme, ce sont des forces physiologiques qui ont autant et aussi peu de rapport avec les conditions sociales, politiques, géographiques et anthropologiques, que l'état du cratère du Vésuve avec le vacillement du gaz qui m'éclaire lorsque j'écris. Spencer prétendrait-il que les influences sociologiques ont toutes convergé vers Stratford-sur-Avon, le 28 avril 1564, de manière qu'un Shakespeare, avec toutes ses particularités mentales, dût y naître, — de même que la pression extérieure de la mer détermine dans un bateau une voie d'eau de forme particulière? Et entend-il affirmer que si le même Shakespeare était mort du choléra infantile, une autre mère, à Stratford-sur-Avon, devait nécessairement
mettre au monde un duplicata du grand homme pour restaurer l'équilibre social, — comme la même voie d'eau réapparaît, en dépit de l'éponge, aussi longtemps que le niveau extérieur demeure inchangé? Ici, comme ailleurs, il est très difficile, au milieu des conceptions vagues de Spencer, de démêler exactement le sens de sa pensée.
Nous possédons cependant en la personne de son disciple, M. Grant Allen, un philosophe qui lève à cet égard tous nos doutes. Cet auteur très informé, suggestif et brillant, a publié dans le Genlleman's Magazine, deux articles où il maintient que les individus ne possèdent aucune initiative dans la détermination des modifications sociales.
La diiïérence qui sépare deux nations, dit-il, qu'il s'agisse du domaine de l'intelligence, du commerce, de l'art, de l'éthique, ou de leur constitution générale, dépend, en définitive, non point de quelque mystérieuse propriété de la race, de la nationalité, ni de toute autre abstraction inconnue et inintelligible, mais simplement et uniquement des circonstances physiques auxquelles ces nations sont exposées. S'il est reconnu — ce qui est le cas — que la France est nettement distincte de la Chine et la population de Hambourg de celle de Tombouctou, alors ces différences notoires et visibles sont entièrement imputables à la position géographique des diverses races. Si les êtres implantés à Hambourg s'étaient établis à Tombouctou, rien ne les distinguerait aujourd'hui des nègres à moitié barbares qui habitent cette métropole de l'Afrique centrale i; et si la population qui s'est installée à Tombouctou avait élu domicile à Hambourg, elle apparaîtrait aujourd'hui sous les espèces de marchands à peau blanche vendant bruyamment un xérès
1. Assertion tout à fait inexacte alors même que ces êtres seraient du même sang que les nègres ! Le facteur géographique disparaît complètement devant le facteur ancestral. La différence entre l'action de Hambourg et celle de Tombouctou sur les divergences définitives de deux races, ne compte pas auprès de la différence de constitution qui a séparé leurs ancêtres et qui conserve toute son importance alors même qu'elle serait invisible à l'œil nu, comme elle l'est chez deux frères jumcMUX. Dans la race la plus homogène, on ne saurait découvrir deux couples si identiques qu'ils puissent, une fois exposés à un même milieu, engendrer deux lignées identiques. La divergence, imperceptible au point de départ, s'accroit avec chaque génération, et finit par donner des produits entièrement dissemblables.
contrefait et un porto indigeste... L'agent de modification doit être cherché dans les conditions géographiques générales et permanentes de la terre et de l'onde;... ce sont elles qui ont communiqué une forme nécessaire et inévitable aux caractères et à l'histoire de chaque nation... Nous ne saurions considérer aucune nation comme un agent actif de difTûrencialion à l'égard d'elle-même. Seules les circonstances environnantes peuvent produire de ce côté quelque résultat*. Toute autre hypothèse soustrairait l'entendement humain à la loi universelle de causalité. Il n'y a ni caprice ni impulsion spontanée dans les efforts de l'homme. Ses goûts et ses inclinations mêmes doivent résulter des causes environnantes*.
Ailleurs, le même auteur, à propos de la culture grecque, écrit encore :
Elle fut absolument et sans réserve le produit de l'Hellade géographique agissant sur un facteur donné, à savoir sur un cerveau aryen pur de toute modiflcation... Pour moi, je considère comme une proposition évidente par elle-même que rien ne peut différencier deux groupes de personnes en dehors des conditions physiques auxquelles elles sont soumises, conditions qui comprennent, bien entendu, les rapports de lieu et de temps qui existent entre elles et les autres groupements. Toute autre hypothèse équivaudrait à nier la loi primordiale de causalité. Supposer que l'entendement puisse se modifier lui-même, c'est supposer qu'il puisse être modifié sans cause 3.
Cette crainte perpétuelle de voir violer la loi de causalité universelle sous prétexte que nous refusons d'adopter une forme de causalité débitée par une école particulière, nous remplit d'impatience. De tels écrivains sont incapables d'imaginer une alternative. Pour eux, pas de tertium quid entre le milieu extérieur et le miracle. Aut Cœsar aut nullux ! ouïe spencérisme, ou le catéchisme !
Si M. Allen entend par « conditions physiques »,
1. Ces deux phrases nient dogmatiquement l'existence d'un cycle physiologique de causalité relativement indépendant.
2. Comment se crée une 7tation, article publié dans le Gentleman s Magasine en 1878, et réimprimé dans le numéro de Décembre de la même année du Popular Science Monthly Supplément.
3. Hellas, article publié dans le Gentlcman's Magazine en 1878 et réimprimé dans le Popular Science Monthly [supplément, Septembre 1878.
LES GRANDS HOiDIES ET LEUR MILIEU 2Ôi
comme il le prétend, le cycle extérieur de la nature visible et de l'homme, sa proposition, du point de vue physiologique, est simplement fausse. Car à l'apparition d'un génie, l'esprit d'une nation se modifie « lui-même » en vertu de causes appartenant au cycle invisible et moléculaire. Que si au contraire M. Allen traduit par « conditions physiques » l'ensemble de la nature, son assertion, même vraie, se ramène à cette vague profession de foi asiatique qui, en soumettant toutes choses à la fatalité, ne se pique certes ni d'être très moderne, ni d'être très scientifique.
Et comment un penseur aussi averti que M. Allen a-t-il pu omettre en ces matières de distinguer entre les conditions nécessaires et les conditions suffisantes d'un résultat donné ? Il se peut que les relations commerciales de l'Hellade avec l'univers, telles que les permettait la situation géographique du pays, aient constitué une condition nécessaire de l'intelligence versatile de ses habitants ; mais si l'on prétend qu'elles ont constitué à cet égard une condition suffisante, d'où vient que les Phéniciens n'aient point dépassé les Grecs en intelligence ? Un milieu géographique ne saurait produire un type mental déterminé; il ne peut que favoriser certains types produits accidentellement et , contrarier le développement de certains autres. Je répéterai une fois de plus que sa fonction se réduit à opérer une sélection, et à déterminer les éléments qui doivent subsister en éliminant ceux qui sont incompatibles avec les premiers. Des habitudes d'imprévoyance seraient incompatibles avec le milieu arctique : mais que les habitants de ces régions joignent à leur amour de l'épargne le caractère pacifique de l'Esquimau ou l'humeur belliqueuse du Scandinave, il ne faut voir là, dans la mesure où le climat entre en jeu, qu'un simple accident. Les évolutionnistes ne doivent pas oublier que si nous
-iJ-^ LA VOLONTE DE CROIRE
sommes tous pourvus de cinq doigts, ce n'est pas que quatre ou six doigts ne nous eussent convenu tout aussi bien ; mais il s'est ti'ouvé simplement que le premier vertébré d'une classe supérieure à celle des poissons en a possédé cinq ; d'autres qualités — nous ignorons lesquelles — ont assuré le prodigieux succès de sa postérité, et ont remorqué à leur suite cette particularité qui subsiste encore, bien qu'elle ne présente rien d'essentiel.
Il en est ainsi de beaucoup de particularités sociales. La question de savoir laquelle de celles-ci sera remorquée par le petit nombre de caractères qu'exige le milieu, est liée à la question des accidents physiologiques qui peuvent surgir parmi les individus. M. Allen prend l'engagement de démontrer sa thèse en détail par des exemples tirés de la Chine, de l'Inde, de l'Angleterre, de Rome, etc. Je n'hésite pas à prédire que toutes ces nations ne le conduiront pas plus loin que ne l'a fait la Grèce'. Il apparaîtra sur la scène quand le rideau aura été baissé, et il montrera, ce qui va de soi, que les qualités développées par chaque race n'étaient pas incompatibles avec leur milieu. Mais il omettra complètement de prouver qu'elles aient été les seules nécessaires et les seules possibles.
Les naturalistes savent assez quelles formes indéterminées peut revêtir l'accord de la faune avec son milieu. Un animal peut améliorer de beaucoup de manières ses chances d'existence : il peut se développer dans l'eau, sur les arbres ou sous terre ; devenir petit et léger ou volumineux et massif; épineux, cornu, visqueux ou venimeux; plus timide ou plus belliqueux; plus rusé ou plus fécond; plus apte à l'existence solitaire ou à faire partie d'un troupeau ; et chacune de ces adaptations — et bien d'autres encore — peut s'accommoder chez lui des milieux les plus différents.
Ceux qui ont lu A.-R. Wallace se rappelleront le
passage de son « Archipel Malais » où ces considérations sont remarquablement mises en lumière :
Bornéo présente une étroite ressemblance avec la Nouvelle- Guinée, non seulement par sa vaste superficie et par l'absence de volcans, mais par la variété de sa structure géologique, l'uniformité de son climat et l'aspect général de la végétation forestière qui recouvre sa surface; les Moluques forment le pendant des Philippines par leur structure volcanique, leur fertilité extrême, leurs forêts luxuriantes et leurs tremblements de terre fréquents; et Bali, avec l'extrémité Est de Java, possède un climat presque aussi sec et un sol presque aussi aride que Timor. Cependant, entre ces groupes d'iles qui se correspondent, qui semblent construites sur un même modèle, soumises au même climat et baignées par les mêmes mers, on découvre les plus grands contrastes dès que Ton compare leur faune. Nulle part la vieille théorie suivant laquelle les différences ou les similitudes des formes d'existence correspondraient et seraient dues dans chaque pays à des différences et à des similitudes physiques inhérentes à ces contrées elles-mêmes, ne se heurte à une contradiction aussi directe et aussi palpable. Bornéo et la Nouvelle-Guinée qui, au point de vue physique, sont aussi semblables que possible, se trouvent, au point de vue zoologique, aussi loin l'une de l'autre que les deux pôles; pendant que l'Australie, avec ses vents secs, ses plaines découvertes, ses déserts rocheux, et son climat tempéré, produit cependant des oiseaux et des quadrupèdes proches parents de ceux des forêts chaudes, humides, luxuriantes, qui recouvrent toutes les plaines et les montagnes de la Nouvelle-Guinée.
On aperçoit par là que des milieux physiques et géographiques similaires peuvent se concilier avec l'existence d'animaux très différents, et que les mêmes animaux peuvent s'accommoder de milieux géographiques très divers. Un écrivain particulièrement distingué, E. Gryzanowski, tire le meilleur parti de la même thèse qu'il appuie sur l'exemple de la Sardaigne et de la Corse :
Ces deux îles sœtfrs, dit-il, placées au milieu même de la Méditerranée, à distance sensiblement égale des centres de la civilisation latine et néo-latine, à la portée des Phéniciens, des Grecs, des Sarrasins, possédant une ligne de côtes supérieure à un millier de milles, dotées d'avantages évidents et attrayants,
recelant des sources cachées de richesses agricoles et minérales, sont demeurées cependant inconnues, méprisées et certainement négligées pendant les trente siècles de l'histoire de l'Europe... Ces îles possèdent des dialectes, mais pas de langue propre; des souvenirs de batailles, mais point d'histoire; des coutumes, mais point de lois; la vendetta, mais point de justice; des besoins et des ressources, mais aucun commerce; des chantiers et des ports, mais pas de marine marchande; des légendes, mais nulle poésie; de la beauté, mais aucun art. Et, il y a vingt ans, on pouvait encore y découvrir des universités, mais nul étudiant... Que la Sardaigne, avec toute sa barbarie pittoresque et son atmosphère de sensibilité, n'ait jamais produit un seul artiste, voilà assurément un phénomène presque aussi étrange que sa barbarie même... Tout auprès du foyer de la civilisation moderne, à l'endroit même qu'un géographe a priori désignerait comme lomplacement le plus favorable au progrès matériel et intellectuel, commercial et politique, ces deux sœurs si singulières ont dormi leur sommeil séculaire *.
L'auteur compare ensuite la Sardaigne avec la Sicile sur quelques points de détail. Tous les avantages matériels sont en faveur de la Sardaigne, « et la population sarde, issue d'ancêtres plus mêlés que ceux de la race anglaise, semblait devoir prétendre à de plus hautes destinées que la Sicile ». Or l'histoire passée de lia Sicile a précisément été brillante à l'extrême, et son commerce actuel est important. Le D'' Grysanowski possède sa théorie personnelle sur la torpeur historique de ces deux îles favorisées. Il attribue leur stagnation à l'absence continue de toute autonomie politique, à la domination ininterrompue d'une puissance continentale. Je ne discuterai pas cette théorie, mais si ces contrées n'ont jamais acquis l'autonomie, cela tient, à mon avis, à ce qu'elles n'ont jamais engendré un individu dont le patriotisme et les aptitudes aient pu communiquer à ses concitoyens un sentiment d'amour-propre national, d'ambition, et d'aspiration à une vie indépendante. Il parait vraisem-