T, A VOLONTÉ ET LES PHÉNOMÈNES SOCIOLOGIQUES 2Q
quelles je n’ai pas besoin d’insister. 11 ne faudrait pas se laisser aller à trop personnifier les éléments psychiques, et surtout à méconnaître le caractère d’unité de la personne humaine, plus arrêté et plus précis que celui du groupe social quel qu’il soit. Les relations des éléments .d’un groupe social avec ceux des autres groupes sociaux sont à bien des égards assez dissemblables de ceux des éléments psychiques d’un individu avec les autres individus ou leurs éléments psychiques. Mais les dissemblances ici sont bien visibles et recouvrent d’ailleurs de profondes ressemblances.
Inversement les faits psychologiques peuvent nous donner des idées plus nettes et plus justes des phénomènes sociaux, nous aider surtout à en comprendre les ensembles, car si nous pouvons mieux étudier les éléments de la société, nous étudions aussi plus aisément les ensembles psychologiques — ce qui revient à dire que l’individu est plus à la portée de notre observation que ses éléments ou que les composés dont il fait partie. Mais je ne voudrais pas dire non plus que la psychologie nous donne tout l’essentiel de la sociologie. Il y a eu naguère des discussions assez vives entre différentes sociologisles, sur le « nominaliste » et le « réalisme social ». Il se peut très bien que les lois sociales ne soient pas toutes explicables par la psychologie, comme le voudrait une sorte de « matérialisme » social analogue au matérialisme psychologique qui réduit la psychologie à la physiologie, mais cette question sort de notre sujet.
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