‹ La vraie conscienceChapitre 23 sur 74 · Voyez la fin des éclaircissements sur le 2e livre · texte numérisé non relu

Voyez la fin des éclaircissements sur le 2e livre

3. Rapports du physique et du moral de l'homme, 10e mémoire, 29 section, Des premières déterminations de la sensibilité.

du fœtus dans laquelle il lui attribue, non seulement le sentiment du bien-être et de malaise, mais encore certaines impressions de son et môme de lumière. Non content d'une psychologie intrautérine, Huxley, remontant encore plus haut, nous parle d'une psychologie cellulaire.

On ne peut sans doute, destituer le fœtus de tout sentiment, mais nous n'irons pas jusqu'à lui attribuer une impression quelconque, comme Perrault ou Cabanis, qui soit plus vive, c'est-à-dire plus fortement et plus clairement sentie, que dans l'état adulte. Le fœtus ressent sans doute les ébranlements du corps de la mère, mais ce n'est pas à dire que tous ses sens soient déjà ouverts et qu'il ait des impressions de lumière ou même de son. Nous inclinerions à croire qu'il est réduit à une impression unique, l'impression de la résistance, soit des parois dans lesquelle il est enfermé, soit de ses organes naissants. C'est là, comme nous l'avons déjà dit dans le chapitre précédent, avec Alexandre Bain1 et Herbert Spencer2, l'impression

1. Il n'y a pas, dit Bain, de sentiment de notre nature plus important que celui de la résistance. De toutes nos sensations c'est la seule jamais interrompue... Nous portons sans cesse avec nous le sentiment ou la notion de la résistance. (The sensés and intellect, seconde édition, 1861, p. 378, Perception and belief of the material world.)

2. L'impression de résistance est, dit-il, l'élément de conscience primordial, universel, toujours présent. « This is the primordial, the universal, the ever présent constituent of con-

première universelle, la perception qui, avec le plaisir et la douleur, se rencontre dans tous les êtres vivants sans exception.

En laissant de côte les vagissements utérins, admis par les uns et niés par les autres l, les mouvements du fœtus dans le sein de la mère ifat testent-ils pas qu'il éprouve déjà quelques sensations de bien-être ou de malaise, et qu'il est en conséquence déjà sorti, si toutefois jamais il y a été, de la période de l'inconscience absolue? C'est d'ailleurs l'opinion vers laquelle inclinent un certain nombre de physiologistes dont l'autorité est considérable. Selon M. Milne Edwards, l'embryon humain, parvenu à un certain degré de développement, produit des mouvements volontaires et possède un commencement de sensibilité 2. Mùller attribue aussi au fœtus des mouve-

sciousness. » Elle est primordiale en ce sens que les êtres vivants de l'ordre le plus inférieur se montrent capables de l'éprouver, en ce sens qu'elle est la première espèce d'impression reçue par l'enfant, en ce sens qu'elle est sentie par le tissu dépourvu de nerfs du zoophyte, et qu'elle se présente vaguement à la conscience naissante de l'enfant qui est encore au sein de sa mère... Elle est toujours présente et elle est universelle en ce sens que tout animal y est sujet pendant toute la durée de son existence. (Tlieprinciples of psychoiogy, chap. xvi.)

1. Les vagissements utérins sont mis en doute par Bischotf; ils sont affirmés par Burdach. « Le plus fréquemment, dit-il, on les a entendus pendant la dernière semaine, cependant ils ont été remarqués aussi dès le septième mois. La plupart du temps ils étaient accompagnés de mouvements violents exécutés par l'embryon. (Traité de physiologie, trad. Jourdan, t. IV, p. 112.)

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