Lettre à Arnauld, édit. Cousin, t. X, p
Les disciples ont la même doctrine que le maître. « C'est la même chose à l'âme, dit Malebranche, dans le premier chapitre de la Recherche de la vérité , de recevoir la manière d'être qu'on appelle la douleur que d'apercevoir ou de sentir la douleur, puisqu'elle ne peut ressentir la douleur qu'en l'apercevant. » Arnauld dit la même chose, en d'autres termes que Malebranche et Descartes : « Quoique ce soit que je connaisse, je connais que je le connais par une certaine réflexion virtuelle qu'accompagne toutes nos pensées \ »
D'après Leibniz, l'essence de l'âme est la perception. Par perception il entend toute pensée à partir du degré le plus humble et le plus obscur que, contrairement à Descartes, il attribue non seulement aux âmes humaines, mais aux âmes intérieures des animaux. Quand la perception prend un certain degré de clarté, où l'homme seul peut atteindre par la réflexion, il lui donne plus particulièrement le nom d'aperception ou de conscience. Ainsi la conscience ou aperception, dans Leibniz, n'est qu'un état supérieur de la perception qui, avec des degrés divers de clarté ou de confusion, est l'essence même de toutes les âmes.