Des vraies et des fausses idées, chap. il
2. Toutes nos douleurs sont des pensées, dit-il dans une lettre à Arnauld, ce qui est la doctrine même et la langue de Descartes.
La pluparl des philosophes du dix-huitième siècle, à l'exception des Ecossais que nous aurons à combattre, ont considéré la conscience du même point de vue que les philosophes du dix-septième. Locke, pas plus que les Cartésiens, ne lui fait une place à part parmi les facultés de l'âme dans Y Essai sur V entendement humain 1 . Il en est de même de Condillac : « La perception et la conscience, dit Gondillac, ne sont qu'une même opération sous deux noms. En tant qu'on ne la considère que comme une impression de l'âme, on peut lui conserver celui de perception; en tant qu'elle avertit l'âme de sa présence on peut lui donner le nom de conscience'2. »
Buffon, sans doute en s'inspirant de Descartes, a mieux dit encore que Condillac : « Notre âme n'a qu'une forme très simple, très générale, très constante; cette forme est la pensée 3. »
Selon Kant, il est impossible de concevoir une seule de nos représentations sans la conscience ou le sens interne qui, dit-il, est la condition formelle de l'existence même d'un état intérieur : « Le
L C'est à tort, il nous semble, que M. Garnier place Leibniz el Locke parmi ceux qui ont fait de la conscience une faculté spéciale. La perception de Leibniz est cette force représentative, vis representativa, Vorstellungskraft qui, selon Wolf, est L'essence de l'àme : Natura animae in vi representativa consistit. (Psychologia rationalis, cap. i.)