Habit and intelligence, 2 vol. iu-8. London
qui commence, suffit pour nous réveiller, d'où il faut conclure que nous entendions réellement ce bruit, pendanl que la conscience était à la lettre endormie. Enfin Murphy invoque aussi en faveur de sa thèse ces sensations qui, de désagréables qu'elles étaient d'abord, deviennent agréables par la répétition et par l'habitude. Si ces sensations, comme il est à croire, sont demeurées les mêmes, ue faut-il pas qu'elles aient changé de relation avec la conscience ?
Selon le même philosophe, il y aurait des pensées, comme des sensations, sans conscience. Nous avons des liaisons d'idées qui reviennent tout à coup à la mémoire, sans que rien d'intérieur semble avoir pu les suggérer. Comme rien n'a lieu sans cause, si elles n'ont été amenées par aucune idée dont nous ayons conscience, elles doivent avoir, suivant lui, des idées sans conscience pour antécédent. Tous ces exemples, à notre avis, ne prouvent rien, sinon qu'il y a des sensations très diversement conscientes, faibles et confuses, des pensées sourdes et obscures qui nous échappent, avec divers degrés de latency, comme dit Hamilton, soit parce que notre pensée est dirigée ailleurs, soit parce que la conscience que nous en avons, à cause de leur multitude ou de leur faiblesse, n'a pas un degré suffisant de netteté et de vivacité.
Que d'instabilité d'ailleurs dans ces degrés divers d'effacement ou de relief! Que de changements à vue, pour ainsi dire, sur cette scène, où tout est si mobile, de la conscience distincte ! Suivant que l'attention se porte d'un côté ou d'un autre, suivant le jeu bizarre de tel ou tel rapport d'association, la lumière se fait, ou l'ombre s'étend, sur telle ou telle série de pensées ; ce qui était tout à l'heure comme inaperçu et couvert d'ombre, paraît tout à coup, ou reparaît, plus ou moins clair ou même en pleine lumière. Mais ce n'est pas à dire que ces faits fussent plongés clans une inconscience absolue qui ne pourrait être que le néant. Qu'une sensation, d'agréable qu'elle était, devienne désagréable, c'est qu'elle a changé en effet, l'impression sur les organes n'étant réellement plus la même, ou à cause du degré d'intensité, ou par l'effet de l'habitude, ou par quelque association d'idées, ou encore parce que l'organe est autrement disposé, et non parce que, tout en restant la même, elle ne serait plus dans les mêmes rapports avec la conscience.
En France l'inconscience a de moins nombreux partisans. Citons cependant une thèse de beaucoup de mérite, la Vie inconsciente de M. Colsenct, où il est question d'idées inconscientes. Les instincts, dit l'auteur, sont des idées inconscientes qui se transmettent, à travers la vie. dans la série
drs individus d'une même espèce. Qu'il y ait des aptitudes ou tendances inconscientes, nous le comprenons, mais non pas des idées. Toute idée, comme dit bien M. Renouvier, est une fonction de la conscience ; au moins à un certain degré1. C'est d'ailleurs peut-être une simple inexactitude de langage de la part de M. Colsenet, puisqu'il dit aussi que dans les faits psychologiques, l'inconscient absolu n'existe pas.
Mais, à rencontre de toutes les analyses psychologigues, la physique moderne ne nous obliget-elle pas, par de remarquables expériences, comme celles de Savart, à admettre l'existence d'éléments tout à fait inconscients dans notre vie mentale? Qu'il y ait des sensations élémentaires qui entrent dans la composition de nos sensations notables, qu'il y ait un minimum visible ou audible, comme nous l'avons déjà dit, nous ne le nions pas; mais nous disons que ce qui est audessous de ce minimum est un fait qui demeure simplement physiologique et n'entre pour rien dans la vie de l'esprit. Tout ce qui est à conclure, c'est que les conditions physiologiques nécessaires, pour qu'il ait un retentissement quelconque dans la vie de l'esprit, n'ont pas eu leur accomplissement. Il est donc impossible, par aucune