Metaphysics, lect. xxi
"1. Cours de philosophie, Des facultés de l'âme.
!>. Ainsi M. Garnier, dans son Traité des facultés de Vâme7 met la sensibilité après la faculté motrice et avant l'intelligence. La conscience ayant été mise à part comme faculté spéciale, cet ordre ne s'explique pas ; c'est elle qui doit être la première.
fausse de la conscience cette classification ne reproduit pas fidèlement l'ordre véritable des développements de la nature humaine, soit que l'on considère exclusivement l'âme de l'homme, soit qu'on parcoure les divers degrés de l'échelle des êtres vivants. La simultanéité, que nous admettons, de l'exercice des facultés n'exclut nullement entre elles un ordre de prééminence et de développement. Or, partout au dedans, comme au dehors de nous, nous voyons que les premiers indices de spontanéité et de vie appartiennent à la sensibilité plutôt qu'à l'intelligence. L'être sentant se révèle partout avant l'être intelligent. Le plaisir et la douleur, plus ou moins confusément sentis, voilà les premières manifestations de l'âme dans l'homme comme dans les animaux. C'est la sensibilité qui donne l'éveil à l'intelligence, et non l'intelligence à la sensibilité. Non seulement c'est elle qui prédomine pendant la première période de l'existence, mais c'est elle qui au début semble se manifester seule et la première. Le plaisir et la douleur effacent d'abord presque entièrement les petites perceptions qui leur sont associées, même la perception qui, comme nous l'avons dit, est la première et la plus universelle de toutes, celle de résistance. Pour intervertir un ordre si clairement manifesté par la nature, il a fallu que ces psychologues fussent placés sous l'empire de cette fausse
théorie de la conscience que nous venons de combattre. Mais s'il est vrai que la sensibilité porte avec elle-même, et en elle-même, sa propre lumière parce qu'elle n'est, comme l'intelligence, qu'une des formes de la conscience, il n'est pas exael d'admettre qu'une faculté quelconque le précède dans Tordre des développements de l'âme humaine.
Un point central lumineux, un foyer d'où rayonnent toutes les facultés, voilà comment nous nous représentons l'âme humaine et la conscience, sauf à encourir à notre tour le reproche de faire des métaphores plus ou moins inexactes. Toutes les facultés ne sont que des aspects divers de la conscience. La conscience est la forme fondamentale de l'âme, loin qu'elle n'en soit qu'une faculté. Aussi l'âme, suivant nous, est-elle toujours, à tous les moments de son existence, quoique à des degrésbien divers, consciente d'ellemême. Si la conscience en est la forme fondamentale, l'activité en est l'essence : vis sui conscia, telle est la meilleure définition qu'on en puisse donner. C'est la conscience, avec ses degrés infiniment variés, qui comprend, qui embrasse tous les phénomènes de cette activité, en même temps que cette activité elle-même, en même temps aussi que le point où elle est limitée par quelque chose qui n'est pas elle, c'est-à-dire par le non-moi.
Après avoir ainsi considéré la conscience au point de vue psychologique, nous allons la considérer au point de vue moral, et achever ainsi de justifier ce sens de conscience morale le plus ancien, Je plus universel, le plus consacré, que nous avons indiqué au commencement de ce livre.