Discours touchant la méthode de la certitude
dentés que celles de la richesse! Que d'intrigues, que de cabales, quelle lutte des partis tendant chacun à confisquer la liberté à son profit ! Depuis que l'égalité existe en droit pour tous, jamais les inégalités en tout genre n'ont été, je ne dis pas plus grandes, mais plus vivement senties et plus impatiemment supportées. Sans vouloir revenir au passé, on peut de plus en plus vérifier la justesse de ce que dit M. Taine : « Quand les rangs sont marqués, les ambitions bornées, l'envie est moindre, elle a un moins grand champ pour s'exercer. »
Ayant déjà fait ailleurs1 ce tableau des dangers que court la civilisation la plus avancée sans la morale, je n'insiste pas davantage sur les diverses sortes d'appréhensions quepeut faire naître, chez tout homme qui réfléchit, l'état actuel de la société en France et en d'autres pays, partout où la scission augmente entre l'élément intellectuel et l'élément moral. Hors de là, encore une fois, le meilleur devient le pire, et le progrès social n'est fondé en quelque sorte que sur le sable.
Protestons donc contre tout ce qui peut affaiblir, d'une manière directe ou indirecte, et particulièrement dans l'enseignement public, ce fond moral qui est dans la conscience de tous, mais qui a tant