‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 112 sur 377 · Pji f · texte numérisé non relu

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LA REELLE DEVANT l/ÉGLISE DE SON TEMPS.

faits qui sont réprouvés1. Je m'en rapporte à Dieu et a notre saint-père le pape. » Ces paroles, diront unanimement les docteurs de la réhabilitation, privaient les prétendus juges de Rouen de toute juridiction, et annulaient tous leurs actes postérieurs. C’est le cri de saint Paul devant le proconsul romain : civis Romanus sum. Le magistrat païen fit preuve d’une droiture que n’eurent pas les juges de Rouen. Le greffier quitte le style direct; le procès-verbal est conçu dans les termes suivants; termes trop laconiques, où l’on trouve une lacune indiquée par plusieurs points, et cependant termes profondément révélateurs :

« Et pour ce qu'il lui fut dit qu'il ne suffisait pas , et quon ne pouvait pas pour... aller quérir notre saint Père si loin ; aussi que les ordinaires étaient juges chacun en leur diocèse ; et pour ce étoit besoin qu'elle se rapportât à notre mère sainte Église ; et qu’elle tint ce que les clercs et gens en

CE CONNAISSANT EN DISAIENT ET AVAIENT DÉTERMINÉ DE SES DITS ET FAITS. Et de ce

fut admonestée à la tierce monition%. »

L’embarras du greffier semble visible. Il répugnait à la théorie qu’il devait relater; elle est par le fait singulièrement étrange. Que n’y a-t-il pas, en effet, dans les lignes qui viennent d’être reproduites? 1° S’en rapporter à Dieu et au Pape ne suffit pas pour être soumis à l’Église; 2° Le pape est trop loin; on ne pouvait pas surseoir pour aller le quérir : théorie que les successeurs des bourreaux de la Pucclle répéteront jusqu’au concile du Vatican; comme s’il était plus facile de porter une cause devant l’Église dispersée sous tous les cieux, ou même représentée dans une assemblée délibérante de cinq cents ou mille membres, acéphale, telle que les propagateurs des doctrines ici émises se représentaient un concile! Comble de l’absurde, on allait les entendre en appeler au futur concile, c’est-à-dire à un tribunal non encore existant, qui pouvait n’exister qu’après des siècles, ne pas même exister ! 3° Les ordinaires étaient juges chacun en leur diocèse ; mais ils ne le sont pas des causes majeures telles que les révélations, ils ne le sont pas d’une mission aussi extraordinaire que celle de Jeanne; ils ne sont pas juges des causes portées à un tribunal qui leur est supérieur. 4° Ce qui suit est plus étrange encore : et pour ce était besoin qu'elle s'en rapportât à notre mère sainte Église ; mais notre mère sainte Église n’est dans l’ordinaire que tout autant qu il est en accord avec les ordinaires des autres parties qui la composent, ou plus sûrement avec le Pape dans lequel ils sont tous inclus. 5° Était-ce bien kf ordinaire que les interrogateurs entendaient s’en rapporter ? Pour obéir à sainte mère Église suffirait-il d’être soumis à l’ordinaire? Nullement. La pensée intime se trouve dans le dernier membre de ce sorite boiteux. Pour ce

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