‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 115 sur 377 · Ibid., p. 146, 130, 90 etc · texte numérisé non relu

Ibid., p. 146, 130, 90 etc

5. lpsa Johanna de ilia abjuratione non multum curabat , necfaciebat de eadem computum, et quod illud quodfecit in hujusmodi abjuratione , fecit precibus adstantium devicta. Procès, t. 1U, p. 55.

LA Pl'CELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS.

dans les prisons ecclésiastiques; elle l’avait si souvent sollicité! Ce fut un des motifs mis en avant pour la pousser à abjurer ; on les lui avait promises; elle les réclamait, et plusieurs assesseurs avec elle; mais Cauchon, la seconde sentence achevée, élevant la voix avait dit : Conduise z-la là oà vous l'avez prise . Elle fut ramenée au château et dans la soirée elle revêtait des habits d’homme. C était le jeudi 24 mai.

Le 27, dimanche, fête de la très sainte Trinité, le bruit se répandait dans Rouen que Jeanne avait repris le costume viril. Par intérêt, par curiosité, par pitié pour la victime, plusieurs ecclésiastiques vinrent à la prison dans le but de s’assurer de la vérité du fait. Les gardes anglais les repoussèrent avec menaces.

Le fait était vrai. Comment avait-il été amené? L’appariteur Massieu raconte dans sa triple déposition que les vêtements de femme avaient été enlevés à Jeanne, que, pressée par un besoin naturel, elle les avait redemandés, qu’ils lui avaient été refusés, et qu’on ne lui avait présenté que des habits masculins, qu’elle avait revêtus1.

Un témoin très grave, le consolateur et le soutien visible de Jeanne à la dernière heure, F. Martin Ladvenu, de l’ordre «de Saint-Dominique, donne une explication que la plume se refuse à retracer. Le sceau virginal renversait tout l’échafaudage de calomnies élevé contre l’angélique jeune fille; un milord anglais fit ce que les tyrans païens n’osèrent tenter que rarement. Elle disait publiquement que cela était la cause pourquoi elle avait repris habit d homme*. Ce sont les paroles du confesseur de la martyre le matin même du supplice.

Pareil motif ne se trouve nullement dans la minute du procès-verbal de la séance qui eut lieu le lendemain, lundi, dans la prison, en présence de Cauchon et de quelques assesseurs. Rien d’étonnant. Comment Cauchon aurait-il pu laisser consigner ce comble de l’infamie dans une pièce juridique, sans se marquer lui-même et la cause anglaise d’une tache d’ignominie sans pareille, sans renverser de fond en comble son édifice d’iniquité? On sait bien que ce n’est pas la seule fois qu’il a arrêté la main de Manchon. Rien de ce qu’ont déposé sur ce point, soit Martin Ladvenu, soit Jean Massieu, ne pouvait paraître dans l’instrument du procès, sans vouer à l’exécration du dernier des barbares le juge qui allait précipi-

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