Ibid
Beaupère, Erard, avaient été retenus à Rouen. Erard partit le bûcher éteint, Beaupère deux jours avant qu'il fût allumé.
Le légat Césarini occupé en Bohème avait institué des subdélégués qui se trouvèrent presque seuls avec les députés de l’Université de Paris, ainsi que nous l’apprend Crevier décrivant ainsi les commencements de l’Assemblée : « La marche du concile de Bâle fut d’abord très lente. Les députés de l’Université en arrivant dans cette ville s’y trouvèrent presque seuls. Personne ne témoignait de l’empressement pour se rendre au lieu de l’assemblée... Nos députés se donnèrent des mouvements infinis pour attirer à Bâle le concours de ceux qui devaient y former le concile. Us écrivirent aux princes, aux prélats, aux chapitres, aux Universités; ils envoyèrent deux d’entre eux à l’empereur et au Cardinal légat1. »
Une réunion générale tenue le 23 juillet se composa presque uniquement de l’abbé de Vézelay, des députés de Paris et du clergé de Bâle. Pareille réunion ne fut pas encore assez osée pour se donner le nom de session d’un concile œcuménique; cela ne devait pas tarder; quelques prélats qui, relativement à l’Eglise universelle, n’étaient pas sensiblement bien plus nombreux, devaient s’approprier cette auguste qualification.
L’âme du petit groupe est le faux prêcheur du cimetière SaintOuen, Guillaume Erard. Il s’agite, ainsi qu’il l’affirme lui-même dans ses lettres à l’Université. A Paris on lit solennellement ses lettres; elles sont consignées dans les annales de l’Université». La correspondance est activo pour le temps. Lecture publique en est donnée en juillet, en septembre, en octobre2. Beaupère est, avec Erard, le personnage important. Vers le milieu de septembre, l’interrogateur de Jeanne est député par ce qui commence à s’appeler concile œcuménique vers le pape Eugène IV, avec mission de lui rendre compte de l’état de choses. Il le fit en consistoire, et ainsi qu'il a été dit, infidèlement, à s’en rapporter aux auteurs de Y Histoire de l’ Église gallicane 3.
Cependant le groupe de Bâle s’accroissait, surtout de clercs en quête de fortune et de renommée, et de prélats tarés ou mécontents. Tel était Capranica qui ne pardonnait pas à Eugène IV de ne lui avoir pas conféré le chapeau de cardinal promis par Martin V \ L’évêque amenait à sa suite un jeune clerc, non encore dans les ordres sacrés, de grand talent, cherchant à sortir de son obscure pauvreté et à se faire une carrière. C’était Æneas Sylvius Piccolomini. Des vues pareilles y amenaient d’autres