‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 180 sur 377 · RAISONS TIRÉES DU COTÉ DES APPARITIONS ET RÉVÉLATIONS · texte numérisé non relu

RAISONS TIRÉES DU COTÉ DES APPARITIONS ET RÉVÉLATIONS

1° Elles laissaient à Jeanne une telle ardeur du saint amour, quelle eût voulu suivre ses apparitions, si cela lui eut été possible. Elles lui laissaient une joie mêlée de tristesse; la Pucelle pleurait, parce que le poids de la mortalité ne lui permettait pas de s’envoler avec elles. Signe du bon esprit, car, enseigne saint Grégoire, les saints ressentent par une saveur intime les dons du bon esprit, en même temps qu’ils discernent ce que le trompeur leur réserve de souffrances. Je ne veux pourtant pas affirmer que Jeanne ait reçu, d’une manière aussi complète que les saints personnages dont parle saint Grégoire, le discernement des esprits. Il suffit de penser, sauf la détermination de l’Eglise, que ce désir ressenti par Jeanne était une marque de la bonté des esprits qui la visitaient.

2° Jeanne dans ces apparitions se munissait souvent du signe de la croix. Les esprits menteurs ne l’eussent pas supporté; ils se fussent évanouis. Nous lisons dans la vie de la bienheureuse Justine, vierge et martyre du Christ, qu’à l'invocation du magicien Cyprien, devenu plus tard lui aussi athlète du Christ, les démons essayèrent de tromper la sainte, et prirent pour cela diverses formes et diverses figures. Ils se montrèrent d’abord sous la forme d’une vierge pour la détourner de la virginité ; mais

sainte Justine s’armant du signe de la croix, ils disparaissaient aussitôt, ne pouvant supporter cette vue.

Rien d’étonnant. Le signe sauveur proclame la victoire du Christ, la ruine de Satan, la destruction des enfers, dit Cassiodore. Voilà pourquoi Satan ne peut en supporter la vertu. C’est cette vertu qui l’a déçu par l’instrument même dont il s’était servi pour tromper l’homme et l’expulser du Paradis, par le bois. Aussi le signe de la croix imprimé sur le front est pour le chrétien ce que la circoncision était pour Israël, la marque qui distingue le fidèle du mécréant, le casque, le bouclier qui nous arme contre Satan; le fouet avec lequel nous chassons cet universel dévastateur.

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