‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 252 sur 377 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

RECUSATION DU JUGE; APPEL AU PAPE SUFFISAMMENT EXPRIMÉ (folio clxxxxiu r°-CLxxxxiv r°).

Sommaire : I. — Tous les motifs qui peuvent faire récuser un juge réunis dans Cauchon, et Jeanne Ta plusieurs fois récusé.

II. — Elle est censée en avoir appelé au Pape, même quand elle n’a pas employé le mot appel. — Beau rapprochement avec saint Paul devant Festus. — Fausse application de lois et canons qui interdisent l’appel pour cause d’hérésie. — Ses réponses ne préjudicient pas à son appel.

La cruauté, la passion, rincompétence du juge, les illégalités de la prison, tout ce qui vient d’être exposé nous avertit suffisamment que Jeanne a dû récuser ce prétendu juge, et qu’elle avait de légitimes raisons pour en appeler des torts qu’elle avait à souffrir et de ceux qui la menaçaient. Une vérité élémentaire en droit, c’est que non seulement des ennemis mortels, mais pas même des hommes suspects de haine, ne peuvent ni ne doivent être juges, ainsi qu’on l’expose longuement au chapitre quia suspecti ( raus . III, q. V). La récusation est définie : un acte par lequel on décline la juridiction d’un juge, à cause des soupçons de partialité qu’il inspire. Personne ne doit être forcé de comparaître et de plaider devant un juge suspect (c. ad hæc de rescriptis ).

L’on ne trouve pas dans le droit l’énumération bien expresse des causes qui rendent un juge suspect. La loi indique seulement d’une manière générale une légitime raison de suspicion. On peut cependant en assigner six : l’amour de la louange, la crainte, la colère, l’amour, la haine, la cupidité. Le juge perverti par une de ces passions examine mal la vérité, de là ce vers :

Lau$j timor , ira, necant , amor, odium , donaque cæcant omnes.

La louange, la crainte, la colère tuent; l’amour, la haine, les présents

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