‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 37 sur 377 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA PUCELLE ET LE CLERGÉ DU PARTI FRANÇAIS

Sommaire : I. — Enthousiasme religieux du parti français. — On en fait un crime à la martyre. — Prière liturgique pour le succès des armes du roi.

II. — Consternation du parti français à la nouvelle de la captivité. — Lettre de Gelu à Charles VII. — Oraisons pour la délivrance, processions de pénitence.

III. — Correspondance de Régnault de Chartres avec les habitants de Reims. — Le berger du Gévaudan. — Réflexions.

Tous les royaumes de la chrétienté étaient dans la stupeur : omnia christianorum régna stupebant , écrit un savant contemporain étranger, le dominicain Jean Nider1. On venait en France pour s’assurer d’un fait tel que, comme nous l’a dit l’auteur de l’abrégé de l’histoire du monde, les annales humaines n’en avaient pas enregistré de semblable. Quel ne dut pas être et quel ne fut pas l’enthousiasme du parti français! Il créa l’armée qui, en quelques semaines, conquit la Champagne et File de France, et eut chassé l’Anglais, sans les ténébreuses menées de la Trémoille, et de ceux qui s’engraissaient des malheurs de la France.

Un des griefs que le sanhédrin de Rouen chercha à échafauder contre Jeanne fut tiré des hommages qu’elle recevait dans son parti. Elle confesse quelle avait grand’peine à se dérober à ceux qui voulaient lui baiser les mains, que les femmes faisaient toucher leurs anneaux à son anneau. Elle se soustrayait de tout son pouvoir, dit-elle, à tous ces honneurs, et ne faisait d’exception que pour les pauvres qu’elle n’eut jamais le courage d’écarter. La dame Régnier de Bouligny, qui avait eu l’honneur de lui donner l’hospitalité à Bourges, raconte que les femmes présentaient à la céleste envoyée des objels pieux à toucher. Jeanne riait, et se tournant vers son hôtesse, elle lui disait: Touchez-les , vous; ce sera aussi bon que si c'était moi1.

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