Raynaldi Annales ecclesiastici , 1460, n
LÀ PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS
de ce monarque ; il lui valut de Rome d’immenses éloges, qu’il ne sut pas continuer à mériter.
Un chroniqueur du temps, Jacques Du Clercq, parlant de cet acte réparateur qui fut de trop peu de durée, nous dit pourquoi l’Université était si fort attachée au diplôme de Bourges, et les effets produits par son application :
«« Par cette Pragmatique Sanction, il y avait tant de nominations d’étudiants des Universités, qu’on ne pouvait donner bénéfices qu’il ne s’en suivît procès. On tenait tellement les pauvres en procès qu'ils perdaient leurs bénéfices. Ils étaient quelquefois quatre, cinq ou six à disputer un évêché ; et puis ils pactisaient ensemble. Celui qui l’emportait laissait une cure à l’un, une chapelle à l’autre, autre chose au troisième ; et s’il y avait vingt écus de dépens, il en payait cent; et de ce, l’on ne se faisait point conscience et ce n’était pas réputé simonie. Bref il semblait bien souvent qu’on marchandât les bénéfices comme les marchands font des denrées. Si petit qu’il fût, il n’y en avait aucun qui fût donné sans litiges; et toujours remportait le plus fort , par prière de prince ou autrement' . »
Tel fut dans l’Église de Dieu l’homme qui débuta à Rouen par servir d’instrument principal à Cauchon. Le bûcher de la place du Vieux- Marché, qu’il a si puissamment contribué à allumer, fut moins dévastateur que l’incendie qu’il a allumé pour une large part dans l’Église Catholique.
Il avait 30 ans lorsqu’il siégeait à côté de Cauchon ; il était bon Anglais et le resta jusqu’au recouvrement de Paris. L’Université le députa au congrès d’Arras avec les instructions dont il a été déjà parlé. Il se rallia si bien à Charles VII, qu’il fut chargé, en 1461, de faire l’oraison funèbre du monarque défunt. Il mourut lui-même en 1469, doyen du chapitre de Paris.
On vante sa modération, il refusa le chapeau de cardinal que lui offrait sa créature, l’antipape Félix. Ænéas Sylvius nous a dit sa modestie extérieure ; son épitaphe exalte son savoir.
C’est le cas de répéter avec Pie IX : « On ne peut rien imaginer de plus dangereux, de plus pernicieux que cette race d’hommes qui, affectant extérieurement des apparences d’honnêteté et de piété, divisent et brisent intérieurement les forces catholiques, accroissent l’audace des ennemis, et excitent involontairement ceux-ci à une colère plus violente contre les vrais enfants de l’Église 2. »
Dans un sens identique, Joseph de Maistre a écrit: « Nulle puissance n’a besoin de révoltés; plus leur nom est grand, et plus ils sont dangereux. »