‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 86 sur 377 · Procès , t. V, p · texte numérisé non relu

Procès , t. V, p

4. Histoire de l’Êglise gallicane , t. XVI, p. 246, 224, 225.

LA PUCELLE DEVANT L’ÉGLISE DE SON TEMPS

partenant à une femme'. Il ne reparaît pas aux informations canoniques; il était retiré dans sa stalle de Besançon et devait être avancé en âge.

Jacques de Touraine, frère mineur, docteur en théologie, appelé encore Textor ou même Texier, fut l’un des six interrogateurs mandés de Paris à Rouen. Il est signalé comme ayant montré de l’animosité et de la passion contre la jeune fille3. A la réhabilitation, on trouva écrit de sa main un brouillon qui était censé résumer les faits acquis à la cause. Il diffère sensiblement des XII articles qu’il vint soumettre aux docteurs parisiens ; il n’est pas dit s’ils étaient plus ou moins défavorables à l’accusée 3. Il m’a été impossible de découvrir autre chose sur cet indigne fils de saint François.

Gérard Feuillet était aussi un des docteurs parisiens appelés à Rouen. Il a touché une indemnité de frais de voyage pour avoir été renvoyé à Paris durant le procès afin d’y traiter des affaires de la Pucelle. Rien n’indique qu’il ait pris une part autrement marquée au drame sacrilège.

Je m’abstiens encore d’assigner un rang de particulière ignominie à Pierre Maurice, le sixième interrogateur venu de Paris. Il semble avoir voulu réellement sauver Jeanne, et pour cela avoir encouru les menaces des Anglais; il l’a confessée, et il aimait à répéter que jamais confession ne lui avait laissé pareille édification 4. Ces témoignages d’intérêt contrebalancent les votes, hélas ! trop peu favorables qu’il a rendus, et les exhortations caritatives que lui aussi a prodiguées à l’héroïne. Il la voyait perdue, et il espérait peut-être la sauver par une rétractation qu’il a souvent urgée.

Ces séides de Cauchon mettaient dans leur oppression quelques dehors et quelques formes; ainsi ne faisaient pas d’Estivet et Loyseleur.

Jean d’Estivet, dit aussi Bénédicité, était chanoine de Beauvais et de Bayeux. Il avait rempli les fonctions d’official dans le premier diocèse et était intimement lié avec Cauchon. Chaleureusement Anglais comme l’évêque chassé avec lui, il avait au cœur contre le parti français la rage du prélat avec des formes plus avilies.

Cauchon en fit son promoteur dans la cause de la Pucelle et se déchargea sur lui des basses besognes. Il dut être content. D’Estivet employait vis-

1. Procès , t. II, p. 20, 21 ; de Beaürepaire, Rechci'ches , etc.

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