‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 92 sur 377 · Aperças nouveaux , p · texte numérisé non relu

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L'UNIVERSITÉ ET LA MISE EN JUGEMENT DE LA PUCELLE

La Pucelle avait été prise par un homme d’armes de la compagnie de Jean de Luxembourg, par Lionnel bâtard de Wendonne. Luxembourg, lieutenant-général de Philippe duc de Bourgogne, d’une famille qui avait donné des empereurs à l’Allemagne, alliée à la famille royale de France, était par suite possesseur de la captive. C’est dans ses forteresses de Beaulieu et de Beaurevoir qu’elle fut gardée depuis le commencement de sa captivité jusqu’au jour qu’elle fut livrée aux Anglais (fin de novembre 1381). Temps de négociation, de marchandage, et de solde du prix d’achat.

Luxembourg était chevalier ; l’honneur lui défendait de trafiquer d’un prisonnier, à plus forte raison d’une femme ; il ne pouvait s’en dessaisir que pour le rendre à la liberté gratuitement, sur rançon, ou par échange. Le vendre, c’eut été ramener parmi les chrétiens les usages païens, ou traiter des chrétiens comme des infidèles. La tante du sire de Luxembourg, une digne sœur du Bienheureux Pierre de Luxembourg, plaidait, avec l’épouse môme du duc, la cause de Jeanne ; elles méritèrent toutes deux la vive reconnaissance de son noble cœur. Charles VII, les lettres qui vont être citées l’insinuent, a dû être fidèle aux recommandations de l'archevêque d’Embrun, et de son coté tenter des démarches.

Mais l’Angleterre a pressé son allié, et par le duc de Bourgogne qui en était le suzerain, et surtout par Cauchon. Une quittance de ce dernier atteste que depuis le premier jour de mai jusqu’au 30 septembre il a voyagé pour le service du roi d’Angleterre; l’évêque spécifie surtout ses voyages pour le fait de Jeanne qu’on dit la Pucelle , tant auprès du duc de Bourgogne, qu’auprès de Luxembourg ; il atteste que ses journées lui ont été payées cinq livres tournois chacune1. Il a offert encore plus d’argent qu’il n’en a touché, puisqu’il a débattu avec Luxembourg le prix de vente de la proie convoitée.

L’abbréviateur du procès, qui écrivait sous Louis XII et avait en mains les pièces qui pouvaient l'éclairer, atteste que Luxembourg a longtemps résisté à l’acte honteux qu’on lui demandait. A quoi icelui Luxembourg ne voulait entendre , et ne voulait la bailler à nulle fin 2.

Le temps écoulé entre le jour où commence la captivité, 23 mai, et celui où la Pucelle est livrée aux Anglais (fin de novembre), autorise

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