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abandonnait le parti Armagnac, dont son père et sa famille avaient été un des soutiens. Jusqu'à quel point sa mère Yolande fut-elle consultée? Dans l'état désespéré de son gendre, n'aurait-elle pas approuvé que son fils prît ses sûretés? c'est ce qu'il est permis de se demander.
Quoique dans le volume précédent, il ait été montré par le détail avec combien de raison Jacques Gelu avançait que personne n'obéissait plus au roi de Bourges, il peut être utile d'insister, et surtout de faire connaître les principaux personnages qui interviendront dans les Chroniques.
Nous entendrons Monstrelet, parlant du roi de Bourges, nous dire qu'après la journée des Harengs, la plupart de ses princes et autres des plus nobles seigneurs l'avaient à peu près laissé , et comme abandonné^ voyant que de toutes parts ses besognes venaient au contraire. Chastellain, qu'on serait tenté d'appeler le Saint-Simon de l'époque, tant son burin a de profondeur et de relief, écrit, dans le portrait très favorable qu'il a laissé de Charles VU : « Or il est vrai que ce roi Charles en ses jeunes années se trouva très importuné et très oppressé de ses ennemis, tellement que les dernières bornes de son royaume lui étaient ôtées, entre lesquelles [bornes) la fortune lui était encore très rude, et lui tenait l'esprit très aigre par diverses tribulations et adversités toujours nouvelles, tant du côté de ses ennemis, Bourguignons et Anglais, comme de ses principaux gens eux-mêmes, routiers, Écossais, Espagnols, Lombards, qui dominaient sur lui par hautesse. » Le chroniqueur ajoute, ce qui a été établi ailleurs : « En quoi dévot à Dieu alors il se montra, très patient, mais corrigé peut être de la volonté de Dieu de quelques-uns de ses délits* ».
Sans parler du duc de Bourgogne, le grand coupable, les autres princes du sang étaient presque tous ou un obstacle, ou impuissants. Louis III d'Anjou, le frère aîné de René, duc de Bar, était occupé à faire valoir ses prétentions sur le royaume de Naples. Charles d'Orléans, pour lequel le parti s'était formé, fait prisonnier à Azincourt, après qu'il avait dépensé les immenses revenus de sa famille, qui, dit Chastellain, s'élevaient bien à dix-huit mille écus, était disposé à accepter le traité de Troyes pour voir linir une captivité de près de quinze ans déjà. Celle de son frère, Jean, comte d'Angoulême, avait commencé trois ans plus tôt, ayant été donné par ce même Charles, comme gage du complet payement