‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 107 sur 327 · DIT LE HÉRAUT BERRY · texte numérisé non relu

DIT LE HÉRAUT BERRY

On s'explique assez difficilement que Ton ait attribué à Alain Chartier une Chronique dont Fauteur se fait connaître dans le prologue, à peu près dans les termes suivants, qui se lisent dans plusieurs manuscrits du XV* siècle.

« Je, Berry, premier Hérault du roy de France, mon naturel et souverain seigneur, et roy d'armes de son pays de Berry, honneur et révérence à tous ceux qui ce petit livre liront. Plaise savoir qu'à la seizième année = de mon âge, alors que chacun, ainsy que nature l'ordonne, pense à s'ap — pliquer là où sa plaisance l'incline, je pris mon plaisir et délectation k^ voir et à suivre le monde. X cette heure {vers 1402), le noble royaulme d^= France et la noble cité de Paris avoient la plus haute renommée de toussa les royaulmes chrétiens. Là abondoient le plus, prélats, chevalerie, mar — chands, clercs et commun peuple; là se trouvoient haults honneun richesses et plaisirs. Je m'appensai de voir à mon pouvoir les honneui et haults faits de ce très noble et très chrestien royaulme, de me trouve: par le plaisir de Dieu, partout où je saurois voir les haultes assemblé* et haults faicts d'iceluy royaulme et de? aultres à mon pouvoir, et que vue d'icelles choses seroit mise par moy en escrit, tant les biens fai(^ que les mauvois. »

Ce n'est pas Denys Godefroy qui a restitué au héraut Berry, air», qu'on le lit dans nombre d'écrits modernes, la Chronique dont il ^' l'auteur. Godefroy donnait son Recueil des historiens de Charles VU 4601 ; or en 1631, dans son Abrégé royal de F alliance chrotiologique f Histoire sacrée et profane, le Père Labbe signalait, d'après le savî André Duchesne, l'erreur qui l'attribuait à Alain Chartier.

Berry nous donne d'autres détails personnels dans son Traité d^-^ armoiries^ qui débute ainsi : « Je, Gilles Le Bouvier, dit Berry, premi*^** hérault de très hault et très chrestien roy Charles septiesme, par luy nomni^ et créé hérault en l'an MCCCCXX, et depuis coronné et créé par iceluy prince en son chastel de Meliun en la feste de JNoël, roy d'armes des pay^ et marches du Berry, etc. »

Roi d'armes était le titre le plus haut d'une hiérarchie qui comprenait les hérauts d'armes, le poursuivant d'armes, et les aspirants au titre de poursuivant, ou les simples chevaucheurs. Les hérauts d'armes avaient uno haute importance dans le moyen âge, chargés qu'ils étaient de proclamations aussi significatives que les déclarations de guerre, ou les propositions de paix, de veiller à ce que dans les tournois tout se passât coct £ormément aux règles de la chevalerie, d'animer les combattants, etc. Ils devaient être très versés dans l'art héraldique. Aussi Gilles Le Bouvier a-t— ilfait un Traité des armoiries. Il a écrit une Géographie', un passage en a été cité au premier chapitre de ce volume: enfin il a écrit une Clironique de l'an 1402 à 1433.

lierrv est très succinct dans ses récits. Comme témoin sur la Pucelle, il la'offre guère d'intérêt que pour ce qui regarde le siège de La Charité, et la tentative faite par Jeanne afin de déloger le duc de Bourgogne du siège deChoisy; pour tout le reste, c'est presque un sommaire souvent inexact.

11 existe de nombreux manuscrits de la Chronique de Berrj*. Quicherat se senil de textes renfermant deux phrases qu'il déclare justement inintelligibles, mais il a tort d'ajouter qu'elles sont telles dans tous les manuscrits. Les manuscrits n" 2860 et 2861 renferment des phrases fort claires, et en accord avec le contexte. 11 y a dans le n' 2861 plusieurs fsits omis dans le texte de Quicherat, faits qui aident à mieux comprendre t histoire de Jeanne d'Arc, et qui seront reproduits; tel le recouvrement ^'«Welun.

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