‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 108 sur 327 · LA PUCELLE, D'APRÈS LE HÉRAUT BERRY · texte numérisé non relu

LA PUCELLE, D'APRÈS LE HÉRAUT BERRY

*^ ^ lE : 1. — I^ Pucelle arrive et est examinée «iurant le carême. — Avis des

H ^^^ ^ «urs. — Elle est équipée.

'.""^ ie héraut de la Pucelle aux Anglais emf»ri<onné, en attendant d«î jiouvoir être . \^^*- — Fausse assertion qu'après son entrée à Orléans, la Pucelle serait revenue ^'^is. — Prise de la bastille Saint-Loup. — Inutiles efforts des Anglais f>our la *urir. — Erreur du chroniqueur sur le jour de la prise des Augustin*:. — .\ttaque Tourelles. — l'n jour entier de combat. — Anglais pri«, tués ou noyés. — ûte des Anglais.

Ijes Anglais dispersés à Jargeau, Meung et Daugency. — Secours envoyé [>ar Cord. — Prise de Jargeau, de Baugency. — Retraite de l'armée anglai«ï«; ver» |..^^ '^Ile. — Taillée en pièces à Patay.

' ^ La Trémoille fait congédier Richemont et de Pardiac. — Le roi, en se rendant

.. ^^ ^im», reçoit robéissance de Troyes, de Chàlons. — Solennité du sacre.

* *^ Nom des principales villes parcourues par le roi après le sacre. — I-es armées

. ^tise et française en présence à Thieux et auprès de Senlis. — Quelques particu-

^^^îtés sur cette dernière journée. — Séjour à (>)mpiègne. — Fallacieuses promesses

de Jean de Luxembourg. — Le roi à Saint-Denis. — La Trémoille fait retirer l'armée lors de l'assaut de Paris. — Bedford vole au secours de la Normandie. — Itinéraire du roi dans son retour vers la Loire. — Duplicité du duc de Bourgogne.

— Sauf-conduit qui lui donne facilité pour resserrer son alliance avec Bedford. VI. — Sens et Melun se rendent français. — La Pucelle empêchée par La Trémoille

d'aller combattre en Normandie avec le duc d'Alençon. — Échec contre La Charité.

— Couronnement du roi d'Angleterre en Angleterre, et mariage du duc de Bourgogne. — Échec d'un complot pour remettre Rouen au roi.

VIL — Siège par le duc de Bourgogne, de Choisy, près Compîègne. — Prise de Château-Gaillard. — La Pucelle va passer par Soissons pour venir à Choisy ; Intrigue du capitaine pour ne pas laisser entrer la troupe de la Pucelle. — Dispersion de la troupe de la Pucelle. — Trahison du capitaine de Soissons. — Prise de Choisy. — Siège de Compiègne. — La Pucelle prisonnière et vendue aux Anglais.

Efi cet an i429, et en ce môme temps de carême, arriva par devers le roi, au châtel de Chinon, une jeune fille de Tâge de dix-huit à vingt ans, nommée Jeanne la Pucelle. Elle était née et nourrie d'emprès Vaucouleurs, à un village de dessus la rivière de Meuse, et avait été toute sa jeunesse jusqu à cette heure à garder les brebis. Elle vint devant le roi et en le saluant lui dit ces paroles : « Que Notre-Seigneur l'envoyait vers lui pour le mener couronner à Reims et pour lever le siège que les Anglais tenaient devant la bonne cité d'Orléans, et que Dieu, à la prière des saints, ne voulait pas que ladite cité fut prise ni périe ».

Sur ces paroles, le roi la fit examiner par plusieurs sages docteurs de son royaume, auxquels elle répondit sagement et par bonne manière, tellement que tous les docteurs étaient d'opinion qua son fait, son dit et ses paroles, étaient faits et dits par miracle de Dieu. Et pour ce, il fut proposé et ordonné en grande délibération du conseil que, pour faire et accomplir les choses qu'elle avait dites, en intention qu'elle pût les commencer et achever au plaisir de Dieu, on lui baillerait chevaux, harnais et gens pour l'accompagner et voir son fait et ce que ce serait. Et tout fut fait, conseillé et ordonné audit châtel de Chinon durant ledit temps de carôme, alors que un chacun était en dévotion. Et la conduisaient le maréchal de Rieux [Rais) et le sire de Culan, l'un maréchal et l'autre amiral.

L'an mil II II' et vingt-neuf fut levé le siège d'Orléans, le xii'' jour de mai *. Et en ce temps se partit la Pucelle du châtel de Chinon ; elle prit

1 . Le 8 et non pas le 12. Le récit de la délivrance d'Orléans renferme d'autres inexactitudes : inutile de les relever.

congé du roi, et chevaucha tant par ses journées qu'elle arriva dedans la bonne cité d'Orléans malgré les Anglais. Par un héraut, elle leur envoya publiquement devant tout le monde des lettres portant qu'il s'en allassent, que Dieu le voulait, que sinon il leur mescherroit (arriverait malheur), et que Dieu se courroucerait contre eux s'ils faisaient le contraire. Lesdits Anglais prirent le héraut, et décidèrent qu'il serait ars^ et firent faire V attache (le bûcher [?]) pour le brûler. Toutefois, avant qu'ils eussent reçu le sentiment et conseil de ceux de l'Université de Paris et de ceux tenus de ce faire [de donner conseil)^ ils durent lever le siège, furent morts et déconfits, et partirent si hâtivement qu'ils laissèrent le héraut en leurs logis tout enferré, et s'enfuirent.

La Pucelle visita les bastilles qu'ils avaient élevées ; et étaient avec elle le sire de Rais, maréchal de France, le bâtard d'Orléans, et messire Louis de Gulan, amiral, et plusieurs autres chevaliers et écuyers dessus nommés. Le lendemain la Pucelle partit d'Orléans et vint à Blois pour avoir argent et vivres *. Cela fait, elle vint audit lieu d'Orléans avec une grosse puissance de gens d'armes.

Sitôt qu'elle fut entrée en la ville, le peuple sortit d'Orléans [des remparts) par le grand vouloir qu'ils avaient d'ôtre hors la servitude des Anglais. Ils assaillirent la bastide de Saint-Loup et la prirent d'assaut. Et alors les Anglais qui étaient es autres bastilles loin de là se mirent en chemin pour secourir la bastille de Saint-Loup. Mais avant qu'ils fussent à mi-chemin, ils aperçurent que le feu était dedans et qu'elle était perdue pour eux*.

Etaient allés à l'attaque Mgr le bâtard d'Orléans, le sire de Rais, et plusieurs autres, quand ils surent que le jieuple était ému d'y aller. Ce fut le commencement de la levée du siège. Là furent morts et brûlés 60 Anglais, et 22 furent faits prisonniers. Ils furent à Mgr le bâtard d'Orléans. Cette bastille était tenue par un capitaine anglais nommé Thomas Guérard, qui était capitaine de Montereau pour les Anglais.

Ce soir ', les Français passèrent en bateaux la rivière de Loire, et allèrent assaillir les bastilles du côté delà Vicomte* {de la Sologne), et celle des Augustins devant la porte du pont et les prirent. Et ce soir, les Français

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