‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 109 sur 327 · C*est une erreur · texte numérisé non relu

C*est une erreur

2. La phrase donnée par Quicherat est de tout point inintelligible. Il le constate luimême, et il a raison ; mais il a tort d'affirmer que c'est la phrase donnée par tous les manuscrits. Le manuscrit 23 283 est le seul qui présente cet imbroglio. Les manuscrits 2860 et 2861 portent la phrase ici reproduite.

3. C'est encore inexact. Entre l'assaut de Saint-Loup et de Saint-Augustin se place la fête de TÂscension, qui ne fut pas un jour de combat.

4. Le manuscrit reproduit par Quicherat porte « la Beauce », les deux autres « de la Vicomte ». C'est « de la Sologne », qu'il faut lire.

se retirèrent en la ville, et la Pucelle avec eux, et une partie des gens demeurèrent aux champs toute la nuit.

Le lendemain au matin, qui était jour de samedi, les Français passèrent de nouveau la rivière pour assaillir la bastille du pont. Et là furent le sire de Rais, le bâtard d'Orléans, le sire de Gaucourt, le seigneur de Graville, le sire de Guitry, le sire de Coarraze, le sire de Villars, messire Denis de Ghailly, Tamiral messire Louis de Culan, La Hire, Poton, le commandeur de Giresme, messire Florent d'IUiers, le Bourg de Mascaran, Thibaud de Thermes et plusieurs autres ; lesquels donnèrent l'assaut de toutes parts à ladite bastille du pont depuis le midi jusque au soleil couchant, et tant, que par force d'armes la bastille fut prise. Et là moururent les seigneurs [atiglais) de Poynings, et de Molyns, et un capitaine nommé Glacidas, Anglais, qui était capitaine d'icelle bastille. Comme il pensait se retirer dedans la tour du boulevard, le pont fondit, et lui et tous ceux qui étaient sur ce même pont fondirent en la rivière de Loire; et là dedans furent qui morts, qui pris, qui noyés, de nu à V Anglais [de 400 à 500 Anglais).

Le lendemain matin, qui fut dimanche, les Anglais se levèrent de devant Orléans et s'en allèrent à Meung-sur-Loire, la plupart à pied; et ils laissèrent leurs bastilles, leurs vivres et leur artillerie; ce dont ceux de la ville d'Orléans furent moult refaits, et ils eurent très grand confort des vivres qu'ils trouvèrent es dites bastilles.

Le comte de Suffolk prit la charge de cinq cents Anglais, pour les mener à Jargeau, sur Tordre de sire de Talbot, lieutenant pour le roi d'Angleterre. Le sire de Talbot demeura à Meung et à Baugency jusqu'à ce qu'ils eussent des nouvelles du duc de Bedford, et de grands secours. Le duc leur envoya messire JeanFastolfet toutce qu'il put réunir de gens.

Et lors les chefs de guerre qui avaient été dedans la ville d'Orléans durant le siège, et Mgr le connétable de France, comte de Richemont*, Mgr d'Alentjon et Mgr d'Albret, vinrent et mirent le siège à Jargeau et le prirent d'assaut. Là furent pris ou tués de quatre à cinq cents Anglais; et fut pris, sur le pont de la ville sous lequel passe la rivière de Loire, le comte de Suffolk qui s'y était retiré après la prise de la place. Il se rendit à un écuyer d'Auvergne, nommé Guillaume Regnault, que le comte fit chevalier pour que l'on dît qu'il avait été pris par un chevalier. A la prise des Anglais, qui fut faite sur le pont par les Français, se noya Alexandre de la Poule, frère dudit comte.

1. Encore une erreur. Richemont ne fut nullement à la prise de Jargeau.

Les Français et la Pucelle viDrent de là mettre le siège devant Baugency ; les Anglais, vu la peur qu ils avaient en voyant la fortune tourner contre eux, se rendirent et livrèrent Baugency par composition. Dans la place étaient de six à sept cents Anglais, ayant pour capitaine messireGuichardGuettin.

Quand le sire de Talbot et messire Jean Fastolf surent que Baugency s'était rendu et que les Anglais s'en étaient allés en Normandie un bâton en leur poing, ils partirent pour se rendre à Janville \ Les seigneurs de France le surent ; ils les poursuivirent bien six lieues, et ils les atteignirent en face d'un fort moustier {monastère) nommé Patay. C'est là que les Anglais furent combattus et déconfits ; là furent pris le sire de Talbot, et d'autres jusqu'au nombre de trois cents ; il y eut vingt deux cents morts (2200); messire Jean Fastolf s'enfuit avec plusieurs autres. Par cette journée les Anglais laissèrent Meung, Janville, La Ferté, et d'autres forteresses du pays de Beauce.

Le roi, instruit de ces nouvelles, s'en alla à Gien et de là à Auxerre avec toute son armée, et il vint à Troyes. Il renvoya le Connétable et contremanda le comte de Pardiac, parce que le sire de La Trémoille craignait qu'ils ne voulussent avoir le gouvernement du roi, lui faire déplaisir de sa personne, et le bouter dehors.

La cité de Troyes fit obéissance au roi, qui, partant de là, vint à Châlons qui lui fit pareillement obéissance, et de là à Reims où il fut grandement accompagné des seigneurs de son sang et des barons de son royaume, tels que le duc d'Alençon, le comte de Vendôme, le sire d'Albret, le bâtard d'Orléans, le comte de Clermont, les maréchaux, l'amiral, le maitre des arbalétriers, le sire de Laval et moult d'autres barons. Et le roi fut sacré et couronné à Reims en moult grande solennité.

Le roi partit ensuite de Reims et vint à Soissons, de là à Château- Thierry et à Provins qu'il mit en son obéissance ; et de là il vint à Crépyen-Valois. Le duc de Bedford fit savoir au roi que s'il voulait la bataille, il le recevrait. Et aussitôt les lettres reçues des mains des hérauts, le

I. De tous les chroniqueurs, Wavrin, que Ton trouvera au livre IV, est celui qui expose le plus nettement les mouvements qui eurent lieu de part et d'autre à la veille, oo le jour même de la bataille de Patay. Les autres, et particulièrement celui-ci, présentent des obscurités.

roi partit et vint àLagny-Ie-Sec, et il laissa son avant-garde à Dammartin. Les coureurs français et anglais escarmouchèrent tout le jour sur une petite rivière à un village que Ton appelle Thieux. Sur le soir de ce jour, le duc de Bedford partit avec toute son armée, et s'en alla à Louvres. Le roi de France et son armée étaient à Crépy et l'avant-garde à Baron.

Le lendemain, au point du jour, Tarmée de Bedford vint près de Senlis en un lieu nommé La Victoire. Les Français étaient logés dans les villages d'alentour. Quand ils surent la venue des Anglais, ils se réunirent et se disposèrent en ordre de bataille. Le roi de France vint de Crépy à Montépilloy, où il coucha cette nuit. Le lendemain les deux armées furent durant tout le jour Tune près de l'autre, sans haie et sans buisson, à la portée d'un trait de coulevrine, et ne se combattirent pas. Le soir le roi se retira et s'en alla avec son armée à Crépy, et le duc de Bedford à Senlis.

Le lendemain le roi s'en alla à Compiègne qui lui fit obéissance ; il y resta huit jours. Là vint messire Jean de Luxembourg, qui lui fit de grandes promesses de faire la paix entre le roi et le duc de Bourgogne ; ce dont il ne fit rien, sinon le décevoir. Le roi partit de là et s'en vint à Senlis ; la ville lavait mandé quérir. Son avant-garde passa outre et vint à Saint-Denis. L'armée était sous la conduite de Mgr d'Alençon, de la Pucelle et des maréchaux. Vinrent à l'aide du roi le duc de Bar nommé René, le damoiseau de la Marche (de Commercy) et celui de Roudemac.

De là le roi vint à Saint-Denis, et son armée vint devant Paris pour Tassaillir ; mais le sire de La Thémoille fit retourner les gens d'armes A Saint-Denis.

Le duc de Bedford vint pour cette cause (?) à La Chapelle-Saint-Denis avec son armée *, et de là il s'en alla à Rouen, de peur que la Normandie ne se révoltât, à la suite de Beauvais etd'Aumale qui s'étaient donnés au roi-

Le roi partit ensuite de Saint-Denis pour venir en Berry. Il vint ^ Lagny, qui s'était mis sous son obéissance, d'où il s'en alla à Provins e^ à Bray, qui se réduisit à lui. Il passa la rivière d'Yonne à gué lui et so armée, près de Sens, d'où il vint à Courtenay et à Château-Renard, de là à Gien.

Il pensait avoir accord avec le duc de Bourgogne. Le duc lui av mandé par le sire de Charny, qui lui en avait apporté les nouvelles, qu lui ferait avoir Paris, et qu'il viendrait à Paris pour parler à ceux q^ tenaient son parti. Pour cette cause le roi lui envoya son sauf-cond pour venir à Paris; mais quand il fut à Paris, le duc de Bedford et L resserrèrent leurs alliances à l'encontrc du roi, plus fort qu'ils l'avaient fait jusque-là ^ Ce même duc s'en retourna avec son sa

1. Bedford avait pris le chemin de la Normandie avant la tentative contre Paris.

2. Le duc de Bourgogne fut nommé gouverneur de Paris, et reçut du roi d'Ang'

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conduit par les pays de l'obéissance du roi en ses pays de Picardie et de Flandres.

[Dans les manuscrits 23282 et 2861. on trouve à la suite le récit de la victoire d'Antbon, de la reddition de Sens et de Melun, dont il n'est pas question dans le manuscrit 2860.

Le récit de la victoire d'Anthon est anticipé. Celle victoire fut gagnée le 11 juin 1430, plus de quinze jours après la prise de la Pucelle, contre le prince d'Orange et le duc de Savoie qui voulaient se partager le Dauphiné. Voici ce qui regarde Sens, et surtout Melun, où Jeanne devait recevoir, dans la semaine de Pâques 1430 {Pâques était le 16 avril) la révélation qu'elle serait prise avant la Saint-Jean.]

Ledit an {14W anc, st.), en hiver, ceux de la cité de Sens se réduisirent en l'obéissance du roi, et eurent leur abolition*. Ils mirent dehors leur capitaine nommé Pierre de Beaufort.

En ce même an la ville de Melun se mit en l'obéissance du roi, et ils eurent une abolition.

La manière dont elle fut réduite fut celle-ci: les gens de ladite ville

qui étaient bons Français virent que la plupart des gens de la garnison

avaient été courir devant Yèvres-en-Gâtinais, pour prendre des vaches.

Les gens de la ville, pour parvenir à leurs fins, publièrent qu'à Pontoise

il y avait grande foison de gens d'armes Picards qui voulaient venir en

garnison à Melun, et qu'ils voulaient être maîtres des gens des villes où

ils se trouvaient : et ils dirent qu'ils n'y entreraient pas. Or Melun était

tenu par messire Jean de Luxembourg, et le château était gardé pour lui

par Dreux d'Humières, avec grand nombre de gens. Il advint qu'il n'y

uvait dans le château que dix personnes, les autres étant sorties au dehors.

Ceux de la ville leur ôtèrent les clefs, fermèrent les portes, et envoyèrent

quérir promptement le capitaine du Pont-de-Seine, le commandeur de

Giresmes, et messire Denis de Chailly qui se mirent en la ville, et en

Vile du château, qui fut ainsi assiégé.

Ceux qui étaient allés courir trouvèrent les portes fermées et s'en allèrent à Corbeil, qui tenait pour les Bourguignons. Les gens du roi vinrent au siège de toutes parts. Ceux de Corbeil vinrent par la rivière, espérant ainsi entrer; mais quand ils surent que la bastille était en Tile

terre la Champagne, joignant ainsi ses Étals de Bourgogne à ses Étais de Flandres et du Nord. C'était une formidable puissance. Heureusement la Champagne était à conquérir. La Pucelle l'avait donnée au roi. 1. Amnistie pour le passé.

du château, ils s'en retournèrent. Ainsi la ville et le château furent réduits au roi, Melun redevint français et les Bourguignons et les Anglais perdirent ce passage*.

Le roi étant à Gien au retour du sacre, et le duc d'Alençon avec lui, celui-ci désirait amener avec lui en Normandie la Pucelle et les hommes d'armes du roi ; mais le sire de La Trémoille ne le voulut pas; il envoya la Pucelle, au plus fort de l'hiver, avec son frère, le sire d'Albret et le maréchal de Boussac et bien peu de gens, devant la ville de La Charité. Ils furent là environ un mois, et ils en partirent honteusement, sans que secours vint à ceux de dedans; ils y perdirent bombardes et artillerie. Dans un assaut il y mourut un baron du pays du Dauphiné, nommé Raymond de Montmor, dont fut dommage.

En cet an fut couronné en Angleterre le roi Henri, encore bien jeune, et le duc de Bourgogne épousa la fille du roi de Portugal ; leurs noces lurent célébrées à Bruges-en-Flandre, et il y eut moult grande fête.

Le duc de Bourbon partit pour Beauvais avec tous les gens d'armes des frontières de France et de Beauvaisis; étaient avec lui le comte de Vendôme, l'archevêque de Reims, Poton de Xaintrailles et plusieurs autres capitaines et gens de guerre, tous assemblés pour entrer à Rouen, par le moyen de quelques habitants de la ville. Or, il arriva que lesdits seigneurs, en chevauchant entre Beauvais et Rouen, rencontrèrent cinq ou six-vingts Anglais, qui descendirent à pied ; les Français leur coururent sus à cheval, mais les Anglais se défendirent si vaillamment qu'à la fin les Français retournèrent à Beauvais et les Anglais demeurèrent aux champs.

L an mil IIIl" et XXX, le siège fut mis à Choisy, près de Compiègne, par le duc de Bourgogne, les comtes de Stafford et d'Arondel et messire Jean de Luxembourg, et h la fin, ils prirent la place par composition. Pendant le siège un écuyer gascon, nommé Poton de Xaintrailles, et les gens d'armes de sa compagnie passèrent la rivière d'Aisne entre Soissons elle Pont, et frappèrent sur ledit siège, ils en tuèrent et prirent plusieurs. Entre les autres fut pris un nommé Jean de Brimeu, du pays de Picardie {alias j moult riche écuyer.)

En cette saison Etienne de Vignoles, dit La Hire, partit de Louviers avec une grande compagnie de gens d'armes. Ils passèrent la rivière de hi Seine en bateaux, et ils vinrent prendre par échelles Château-Gaillard,

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