‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 110 sur 327 · McIun fut repris par les Anglais dans la suite · texte numérisé non relu

McIun fut repris par les Anglais dans la suite

qui est à sept lieues de Rouen, assis sur un roc, près de ladite rivière de la Seine. Là ils trouvèrent le sire de Barbazan, prisonnier du roi d'Angleterre, qui avait été pris {en 1420) dans la ville de Melun, dont il était capitaine. Barbazan fut amené vers le roi notre sire, qui fut moult joyeux de sa délivrance.

En ce temps * la Pucelle partit de Compiègne accompagnée de l'Archevêque de Reims, du comte de Vendôme et de plusieurs autres capitaines et gens de guerre. Ils chevauchèrent tant qu'ils vinrent devant la ville de Soissons, pensant passer par ladite ville pour aller combattre le duc de Bourgogne qui était devant ledit Pont-à-Choisy, entre les deux rivières d'Oise et d'Aisne.

Quand ils furent arrivés devant la ville de Soissons, un écuyer de Picardie nommé Guichard Bournel, que le comte de Clermont, fils du duc de Bourbon, avait fait capitaine de la place, refusa l'entrée de la ville aux seigneurs et gens d'armes ; il suborna les gens de la ville en leur faisant entendre que ces seigneurs et gens d'armes venaient pour s'y mettre en garnison, afin d'amener le peuple à la résolution de ne pas les admettre dans l'intérieur de la ville. Les gens d'armes couchèrent cette nuit aux champs ; et, sur la fin, quand on approcha de la nuit, le capitaine bouta dans la ville la Pucelle, l'archevêque de Reims, et le comte de Vendôme avec une petite compagnie de leurs gens*. Le lendemain les gens d'armes s'en allèrent au delà de la rivière de la Marne et de la Seine, parce qu'ils ne trouvaient pas de quoi vivre sur le pays, et aussi qu'ils étaient grands seigneurs, en grand nombre, et accompagnés de plusieurs gens de guerre.

Ils ne pouvaient pas vivre dans la ville de Compiègne, car les habitants s'attendaient à ce que, de jour en jour, le siège fût mis devant leurs murailles. Les seigneurs s'en allèrent à Sentis, et la Pucelle à Compiègne.

Incontinent qu'ils furent partis de Soissons, ledit Guichard vendit la cité au duc de Bourgogne et la mit en la main de messire Jean de Luxembourg ; ce qu'il fit laidement et contre son honneur.

Cela fait il s'en alla avec ledit duc, qui par ce moyen eut obéissance du Pont-à-Choisy, et vint mettre le siège devant Compiègne. Vinrent à son aide les comtes de Stafford et d'Arondel, Anglais, avec mille et cinq cents combattants qui furent au siège devant Compiègne.

La Pucelle y fut prise par un Picard, et depuis messire Jean de Luxembourg la vendit aux Anglais.

1. Pendant le siège de Choisy. Pour délivrer cet avant-poste de Compiègne, la Pucelle, empêchée de passer la rivière de l'Aisne, fit par Soissons le détour dont il va être parlé.

2. Quicherat a suivi le manuscrit 28283, qui n'est guère intelligible ; les manuscrits 2860 et 2861 expriment bien clairement le sens ici relaté.

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