‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 12 sur 327 · W., ihid · texte numérisé non relu

W., ihid

De tous les princes du sang, celui qui devait rendre le plus de services à la couronne était aloi^ connu sous le nom de Jean, bâtard d'Orléans, en attendant de Têtre sous celui de comte de Dunois. Qu'on ne s'étonne pas de cette appellation aujourd'hui un peu crue. La pruderie n'est pas la caractéristique de la langue du xvr siècle. C'est le nom que prend le prince dans ses actes officiels, qui commencent ainsi Jean, bâtard cTOrléans. Le mot s'applique à bien d'autres dans un siècle qui fut le tombeau des mœurs chrétiennes ; les bâtards des grandes familles foisonnent dans les Chroniques du temps. L'honneur des mœurs chrétiennes s'était réfugié dans les classes populaires, comme il l'était plus tard, avant la Révolution. Le bâtard d'Orléans, alors âgé de vingt-sept ans, s'était révélé en 1427 à la rescousse de Montargis, en forçant les Anglais à lever le siège de cette importante place. Il avait à Orléans le titre de lieutenant général du roi pour le fait de la guerre ; et il prenait soin des intérêts de ses frères Charles et Jean, prisonniers de l'Anglais.

Après Dunois, le représentant royal à Orléans était, en qualité de bailli, Raoul de Gaucourt, qui avait en outre le titre de grand maître de la maison du roi. Issu de l'une des plus nobles familles de Picardie, dès l'âge de treize ans il portait les armes, à la suite de Charles VI, en 1388. Jusqu'à sa mort, en 1461, il prend part à tous les grands événements du pays. Il était à Nicopolis. Le désastre d'Azincourt entraîne pour lui une captivité de dix ans, à la suite de laquelle il ne recouvre la liberté qu'au prix d'une grosse rançon. Il est présent aux grands faits de la délivrance d'Orléans ; il sauve le Dauphiné, dont il est gouverneur, à la bataille d'Anthon en 1430 ; est fait une seconde fois prisonnier des Anglais en 1441, donne ses fils en otage de la rançon à payer, et il entre à Rouen avec Charles VII en 1449 *.

Le roi était entre les mains du sire de La Trémoille. Perceval de Cagny nous dira que « il avait seul el pour le tout le gouvernemer^t du corps du roi, de toutes ses finances, et des forteresses de son royaume étant en son obéissance ». Il a été parlé ailleurs de cet odieux personnage % ainsi que du chancelier, Regnault de Chartres ^ l'homme de la diplomatie, de Gérard Machet, le confesseur du roi *. Le connétable Richemont , a-t-il été exposé aussi, pour renverser La Trémoille, avait pris les armes, lorsque la Pucelle avait fait les premières démarches auprès de Baudricourt^ L'entreprise ayant avorté, les chroniqueurs nous diront à quel point il

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