‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 13 sur 327 · La Paysanne et r Inspirée , p · texte numérisé non relu

La Paysanne et r Inspirée , p

tomba dans la disgrâce du prince. Un des sympathiques personnages de l'entourage royal est Robert le Maçon, seigneur de Trèves-en- Anjou. Né dans une condition humble, ses connaissances juridiques Tavaient fait passer dans les rangs de la noblesse, que Charles VI lui conféra en 1410. En 1418.il sauva la liberté et peut être la vie au Dauphin; il en devint le chancelier, et quoique en ayant résilié les fonctions en 1422, il continua à faire partie du grand conseil jusqu'à sa mort en 1442^.

Si Ton pouvait attendre de quelqu'un une fidélité à toute épreuve, c'était de celui dont le parti national portait le nom, du fils et de Thérilier du connétable d'Armagnac. Voici quelques-uns des coups de pinceau du portrait que nous en trace Chastellain : « Régnant en son quartier de pays, prince puissant et redouté, fort et roi à rencontre de tous ses cousins, n'écoutant personne, ni sujet ni obéissant au roi qu'à sa volonté, il possédait villes et châteaux imprenables, et avait dessous lui meubles à rinfini... Avec son orgueil, de sa propre autorité, sans conseil ni aveu du roi, il traita de sa fille avec le roi des Anglais, au grand préjudice des Français*. »

Le comte de Foix, un Grailly, avait pour ancêtres ces partisans de l'Anglais fameux sous le nom de « captai deBuch ». Un de ses frères s'était fait tuer à Montereau en défendant Jean sans Peur. Créé gouverneur du Languedoc par Charles VI et par Henri de Lancastre, non seulement il fut maintenu après leur mort ; mais le gouvernement anglais l'avait chargé de faire prêter aux habitants de Languedoc et de Bigorre le serment le plus explicite au traité de Troyes'. En 1423 il se rallia avec Richemont au parti national, fut maintenu dans son gouvernement et s'y comporta tellement en souverain qu'il dut en demander pardon et en obtenir grâce du roi en 1436.

Un des premiers compagnons de guerre de la Pucelle, qui combattit à ses côtés jusqu'au siège de Paris, fut Gilles de Rais, maréchal de France. Il avait vingt-cinq ans. On se demande avec terreur s'il était alors le monstre, un des plus singuliers de l'histoire qui en compte de si variés, le monstre qui fut brûlé à Nantes en 1440, à l'âge de trente-six ans. Son récent historien, M. l'abbé Bossard, déclare ne pouvoir pas résoudre la question. Possesseur d'ime immense fortune, abandonné à lui-même dès son enfance, fou de tout ce qui pouvait attirer sur lui le regard, guerre, magnificences en tout genre, même dans les cérémonies religieuses, la curiosité, le désir de maintenir ou de relever une fortune jetée à tous les

i. Anselme, t. IV, p. 391.

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