‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 129 sur 327 · Souffia » d'aval. Les bateaux devaient remonter · texte numérisé non relu

Souffia » d'aval. Les bateaux devaient remonter

2. Texte de Saint-Péterbourg; celui delà Vaticane porte : qui avaient amené la PuctUe^ mais [dus haut le même texte de la Vaticane porte que les capitaines avaient été donnés à Jeanne.

la bastille du champ Saint-Privé ; ils étaient en deux ou ti'ois chalands, mais ils furent si effrayés qu'il s'en noya beaucoup ; et, qu'il en soit ainsi, on le vit depuis par leurs harnois trouvés en la rivière. Quand arriva le samedi, septième de mai, ln conseil flt tenu en L4

VILLE, ET LES B0UKr,£01S REQUIRENT LA PlCELLE QU'eLLE VOCLL'T ACCOMPUR LA

CHARGE qu'elle AVAIT DE par Dicu et aussi de par le roi; et à ce faire elle fut émue ; elle parlit, et, montant h cheval, elle dit: « En nom Dieu Je le ferai, ET QUI m'aimera, qu'il me suive ! » Les seigneurs allèrent avec elle et passèrent la rivière ; des vivres et de l'artillerie furent amenés ; et ils vinrent si près que, dès le matin, la Pucelle donna Tassant auxdites Tourelles.

Devers la ville, ceux qui y étaient firent des ponts pour donner Tassaut; car il y avait Irois arches rompues avant que Ton put joindre les Tourelles. Ce fut une merveilleuse chose de faire les ponts, car les Anglais avaient fait de grands boulevards, forts et avantageux ; mais en tout cela Dicu ouvrait, car lorsqu'un homme venait pour travailler auxdits ponts, il était ouvrier, ainsi que s'il eût accoutumé pareil travail toute sa vie. Ceux de la ville chargèrent un grand chaland plein de fagots, d'os de cheval, de savates, de soufre, et des plus puantes choses que Ton sût trouver; il fut mené entre les Tourelles et le boulevard, et là le feu y fut mis, qui leur fit un grand dommage. Et, pour tirer, les Anglais avaient les meilleurs canons du royaume; mais un homme eut jeté uae boule aussi loin que pouvait aller la pierre d'iceulx canons* ; ce qui était un beau miracle.

Jtem. Quand vint environ quatre heures après midi, quelques chevaliers virent un colombcau blanc voler par-dessus Tétendard de la Pucelle, el incontinent, elle dit : « Dedans, enfants! en îiomDien^ ils sont nôtres. » El jamais on ne vit grouée {volée) d'oisillons se parquer sur un buisson, comme chacun monta sur ledit boulevard. Et, ce voyant, Glacidas, qui était le chef, et avec lui de vingt à trente hommes, tombèrent dans la rivière, car ils avaient coupé le pont dans la pensée de tromper nos gens *. Et là fut -accomplie la prophétie faite audit Glacidas par la Pucelle qu'il mourrait sans saigner; ainsi fit-il, car il se noya avec plusieurs autres. Les Tourelles furent prises, ainsi que plusieurs seigneurs comme le sire de Ponyngs, le sire de Molyns. Il y avait là de cinq à six cents combattants, si résolus qu'ils ne craignaient pas, durant quinze jours, toute la puissance de France et d'Angleterre. Tandis que la Pucelle faisait son

1. Phrase fort obscure; en voici le texte : Et à venir joindre Usdils Anglais avoifutl des meilU'urs canons du roijutilme; mais uncj homme cust aussi fort getté une hole cormt la pien'e pavait aller dUceulx canons; qui estoit un tel miracle.

2. Car ils avaient copé ledict pont, pour cuidtr tromper nos gens.

CHRONIQUE DE LA D&UVRA>'CE D'ORLEOS ET DE Lk FÊTE :<ï S MAI. 307

devoir, ceux de la ville le faisaient du côté de la ville tant par terre que par eau. Quant à ceux qui ne furent pas tués, la Pucelle le? amena deux à deux, prisonniers, à Orléans.

lient. Quand vint le dimanche, huitième dudit mai. les gens des autres bastilles tinrent conseil, et partirent au plus matin: là était TaLbot. et ils se mirent aux champs. Ce que voyant ceux de la ville, ils sortirent avec toutes leurs forces, la Pucelle avec eux. pour leur courir sus: mais elle dit qu'on les laissât aller, encore que chacun fût en ordre de bataille, tant d'un côté que de Tautre; et Ton prit entre les deux armées leurs bombardes et leur artillerie ; mais la Pucelle avec les seigneurs firent retirer tous leurs gens ; là fut faite une haute et grande louange à Dieu en criant Noël. Il y avait en la compagnie plusieurs prêtres et gens d'Eglise qui chantaient de belles hymnes ; et la Pucelle dit que chacun allât ouïr la messe. Et ne demandez pas si à Orléans chacun faisait grande joie, tant aux ^lises comme en plein air, pour le grand don que Dieu leur avait fait.

liem. Il ne tarda guère que les seigneurs amenèrent la Pucelle vers le roi Charles qui était à Tours, et considérez quelle réception on leur fit. Le roi remercia bien hautement Dieu, et aussi Mgr de Dunois et les maréchaux, et La Hire, et tous les autres capitaines qui lui avaient tenu compagnie. Talbot demeura à Meung, à Baugency, à Jargeau et à Janville, et aussi tous ses gens.

Le duc d*Alençon ne tarda guère à venir avec la Pucelle. Le siège fut mis à Jargeau, où était le comte de Chifort [Suffolk). ayant avec lui plusieurs capitaines anglais : il y avait là de six à sept cents combattants ; et il ne fallut que deux jours pour qu'ils fussent pris de bel assaut. Et Dieu sait si ceux d'Orléans étaient fainéants ' à mener aux assiégeants artillerie, gens, et aussi vivres.

Et puis après Ton vint par devant Meung-sur-Loire, où était Talbot et toute sa puissance, mais il n'osa frapper sur nos gens, car il était tout éperdu. Puis nos gens vinrent mettre le siège devant Baugency, et là se trouva Mgr le Connétable de France. Les Anglais qui là étaient prirent composition et s'en allèrent joindre Talbot.

Nos gens, dans la poursuite, se trouvaient près de Patay 'PaHtoy\ contre ledit Talbot; il fut pris, et environ quatre mille Anglais y furent tués, qui tous s'étaient retirés vers ledit Talbot. En ce jour se rendirent Janville et

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