Se faignaienif dans le texte
plusieurs autres forteresses. Si on eût voulu poursuivre, on eut chassé LES Anglais jusqu'à la mer, vu le courage que chacun avait ; car un Français eût abattu dix Anglais, non pourtant qu'il n'y eût point de force d'homme {sic) ;mais tout procédait de Dieu, auquel louange appartient et non à un autre.
Item. Ce voyant, par Mgr Tévôque d'Orléans avec tout le clergé, et aussi {)ar l'intermédiaire et l'ordonnance de Mgr de Dunois frère de Mgr le duc dOrléans, et du conseil d*icelui, et aussi de l'avis des bourgeois, manants et habitants d'Orléans, il fut statué qu'une procession serait faite le huitième de mai ; que chacun y porterait lumière, qu'on irait jusqu'aux Augustius, et partout où avait été le combat ; on ferait station en chacun lieu, service convenable et oraisons ; les douze procureurs de la ville auraient chacun en leurs mains un cierge où seraient les armes de la ville ; il en demeurerait quatre [des cierges) à Sainte-Croix, quatre à Saint-Euverte, quatre à Suiut-Aignan; le lendemain messe pour les trépassés et là serait oiTert pain et vin, et chaque procureur donnerait à Toffrande huit deniers parisis ; on porterait les chasses de Mgr saint Aignan, et de Mgr saint Euverte, les médiateurs et les protecteurs Je la cité et de la ville d'Orléans. En ce temps, en effet, plusieurs Anglais, qui étaient au siège, affirmèrent avoir vu, durant le siège, deux prélats en habits pontificaux aller en cheminant autour des murs de la ville. Aussi avaient-ils été, Mgr saint Euverlc et Mgr saint Aignan les gardes, et les protecteurs de la ville d'Orléans, au temps que les mécréants vinrent devant icclle; car, h la prière faite à Dieu par ces saints, la ville fut préservée des mainsdesdits mécréants ; et en en approchant, comme rapporte rhistoire, ils furent tous aveuglés, en sorte qu'ils n'eurent point puissance de mal faire entre ici et Saint-Loup.
On ne peut trop louer Dieu et les saints ; car tout ce qui a été fait, l'a été entièrement par la grâce de Dieu. Aussi doit-on avoir grande dévotion à ladite procession, surtout ceux de la ville d'Orléans, attendu que ceux de Rourges-cn-Berry en font solemnité; mais ils prennent le dimanche après l'Ascension (car en Tannée de la délivrance, c'était ce dimanche').
Plusieurs autres villes en font aussi solennité, car si Orléans fût tombé entre les mains des Anglais, le demeurant du royaume en eût été fort blessé. Ainsi, par reconnaissance pour la grande grâce que Dieu a voulu
1. Ce membre de phrase ne se trouve pas dans le manuscrit de Saint-Pétersbourg.