‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 142 sur 327 · BUDE · texte numérisé non relu

BUDE

La pièce H porte « Données à Ghinon, etc. » ; cependant il est très certain que le roi était alors à Ghâteau-Thierry. Gharles du Lys a visé deux fois ce même acte avec la rubrique « Gliâteau-Thierry ».

Cette pièce est suivie d*une note « dont voici quelques lignes : Pour copie coUationnée sur lesdittes lettres patentes à nous représentées sur parchemin par les habitans et communauté dudit Greux, dépositaires d'icelles ainsy que de différentes lettres patentes confirmatives des mômes pri vilègeSy . . . ladite collation faicte à la requette et diligence des maire, sindic, habitans et communauté de Domrémy-la-Pucelle. » Le notaire royal Vivenot signait cette pièce le 8 novembre 1769, et, le 10 novembre, sa signature était légalisé à Vaucouleurs par le contrôleur Fyot, et par le vice-délégué de l'intendant de Champagne, Duparge.

Ce qui motivait de la part des habitants de Domrémy la demande de celte copie authentique, c'est que, par une anomalie étrange, ils étaient privés depuis deux siècles du bénéfice de leur privilège, tandis que les habitants de Greux n'avaient cessé d'en jouir. 11 s'est trouvé deux rois de France qui ont eu le sens assez perverti pour aliéner la maison de la Pacelle. L-n vrai Français aurait plutôt souffert Taliénation du Louvre. En Posant en d'autres mains, le joyau perdit le privilège qu'il conférait à ^^qui dormaient à son ombre ; mais avec le retour de la Lorraine à la France, il redevenait français, et les habitants de Domrémy réclamèrent le 'ôiéfice des lettres de Gharles VIL L'intendant général de la Lorraine eut Thonneur d'appuyer leurs réclamations par la lettre suivante, adressée à d'Ormesson. Comme elle fait l'historique du privilège, la voici tout entière :

« Monsieur, j'ai examiné la requête présentée au conseil par les habitans de Domrémy, que vous aviez d'abord communiquée à M. d'Orfeuil ' par votre lettre du 24 décembre 1769 et qui m'a ensuite été renvoyée par lui, parce que la communauté de Domrémy est de mon département. Il résulte des éclaircissemens que je me suis procurés sur cette affaire que CharlesVII, voulant reconnoître les services importants que Jeanne d'Arc, connue sous le nom de la Pucelle d'Orléans, avoit rendus à l'Etat,

ACCORDA, A LA PHIÈRE DE CETTE FILLE CÉLÈBRE, aUX vilIagCS de GrCUX et Dom-

rémy l'exemption de toutes tailles, aides, subsides et subventions qui pourroient être imposées à l'avenir dans le bailuage de Bassigny dont ces DEUX VILLAGES DÉPENDOiENT ALORS. Lcs Icttrcs patcutcs qui Contiennent cette exemption sont du dernier juillet 1429.

(' La paroisse deGreux comprend deux villages, celui de Greux et celui de Domrémy, qui dépendoient tous deux alors de la province de Champagne. Jeanne d'Arc est née dans celui Domrémy; ainsi le privilège accordé par Charles VII regarde principalement ce dernier village, et n'a été étendu à celui de Greux que parce qu'il faisoit partie de la paroisse qui avoit donné naissance à cette fille illustre : le village de Greux n'ayant point changé de domination n'a jamais éprouvé d'interruption dans son privilège, qui a été confirmé successivement par tous les rois à leur avènement au trône.

« Le village de Domrémy, à qui ce privilège étoit commun, a cessé aa contraire d'en jouir depuis près de deux siècles, parce qu'il a été démembré de la province de Champagne, pour passer sous la domination des ducs de Lorraine en leur qualité de ducs de Bar.

(( Les difficultés qu'avoit fait naître en différentes circonstances la souveraineté des ducs de Lorraine sur le Barrois furent réglées par un concordat passé le 25 janvier 1371 entre le roi Charles IX et le duc de Lorraine Charles III. Il survint dans la suite de nouvelles difficultés, et il restoil d'ailleurs beaucoup de confusion dans les limites de la Champagne et du Barrois. Le roi Henri III, qui avait succédé à Charles IX, et le duc Charles, commencèrent par faire régler définitivement les limites de ces deux provinces, et pour achever de terminer les autres difficultés qui s'étoicnt élevées, Uenri 111 donna le 8 août 1375 une déclaration par laquelle, en confirmant et expliquant le traité de 1571, il conserva au duc de Lorraine tous les droits de régale et de souveraineté sur le Barrois, et en particulier celui d'établir dans cette province toutes tailles, aides et subsides.

« Ce règlement de limites ayant fait passer le village de Domrémy sous

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