Inleridant géiiérui de Champagne, dont Greux relevait
la domination des ducs de Lorraine, il n'est point surprenant que les habitants de ce lieu aient cessé de jouir du privilège qui leur avoit été accordé. Les services importans que Jeanne dWrc avoit rendus au roïaume dans le tems où il étoit en proie aux Anglois, avoient déterminé Charles Vil à ne pas se contenter d'accorder à la famille de cette fille célèbre les distinctions les plus honorables. Pour conserver davantage le souvenir des services qu'elle lui avoit rendus, il voulut encore illustrer le lieu de sa naissance, en lui accordant un privilège que tous nos rois ont successivement confirmé ; mais les ducs de Lorraine, que ces services ne regardoient pas, ne se crurent pas obligés d'en partager la reconnoissance, et dès que les traités de 1571 et de 1373 les eurent maintenus dans le droit d'imposer des subsides sur le Barrois, et que le village de Domrémy eût fait partie de cette province, il se trouva confondu avec toutes les autres communautés et assujetti comme elles à toutes les impositions.
M Ce village étant rentré aujourd'hui sous la domination du roi, ses habitans réclament le privilège dont ils ont joui depuis Tannée 1429 jusqu'au moment où il a été démembré de la Champagne pour être réuni au Barrois. Cette demande meparoit devoir être accueillie très favorablement.
« l*Le village de Domrémy est le même que celui qui est dénommé dans
les lettres patentes du mois de juillet 1429 ; et ce qui le prouve, c'est que
ce ^village dépend encore aujourd'hui de la paroisse de Greux, qui est
également dénommée dans les mômes lettres patentes ; c'est que tous les
historiens font naître Jeanne d'Arc à Domrémy près de Vaucouleurs, et
qu'il n'y a jamais eu près de cette ville qu'un seul village qui a emprunté
d'elle son surnom de Domrémy-la-Pucelle : c'est qu'enfin on y voit encore
aujourd'hui la maison dans laquelle elle est née et où elle a demeuré avec
ses parents, jusqu'au moment où elle en partit pour aller trouver
Charles VII à Chinon.
« 2* Lorsque les lettres patentes du dernier juillet 1429 accordèrent aux villages de Greux et de Domrémy Texemption de toute espèce de subsides, Jeanne d'Arc avoit rendu à la France les services les plus importans en faisant lever le siège d'Orléans, en soumettant plusieurs villes au ï*oi, et en le conduisant à Reims où il fut sacré le 17 juillet de la même année. Ce fut pour prix de ces services que ce prince voulut illustrer la patrie de la Pucelle, en lui accordant un privilège qui servît à conserver 1^ souvenir de ses grandes actions et celui de la reconnoissance que lui Revoit la France entière.
«Je sais que plusieurs écrivains ont cherché à jetter des doutes sur le
^eneilleux de l'histoire delà Pucelle ;mais aucun n a encore tenté d'afl'ai-
Wir sa gloire et tous nos historiens conviennent que dans ces temsmalheu-
^^tix, ce fut elle qui, par son courage, son intrépidité et l'audace qu'elle
ni. 22
sut inspirer à Tarmée de Charles VII, changea absolument la face des afTaires ; ce prince lui dut le commencement des succès dont son règne fut une suite continuelle, et le monument de sa reconnoissance envers elle paroît ne pouvoir pas être trop respecté.
« 3° Le village de Greux a joui jusqu'à présent de Texemption contenue dans les lettres patentes du mois de juillet 1429. Ce privilège aïantété accordé par le même titre au village de Domrémy, il paroltdevoir en jouir également aujourd'hui ; il sembleroit même que s'il y avoit une préférence à accorder à Tun de ces deux villages, elle devroit l'êlre à celui de Domrémy, puisque c'est dans ce dernier que Jeanne d'Arc est née, et que le privilège accordé par Charles VII n'a été étendu au village de Greux que parce que c'est dans ce lieu qu'est située la paroisse de laquelle ces deux villages dépendent. L'interruption que celui de Domrémy a éprouvée dans la jouissance de ce privilège ne me paroît pas devoir être un obstacle à son rétablissement, parce que ses habitans ne l'ont perdu qu'en passant sous une domination étrangère, parce que la possession du village de Greux semble avoir réclamé dans tous les tems en faveur de celle de Domrémy, et parce qu'enfin la confirmation successivement faite par nos rois d'un titre commun à ces deux villages paroît avoir assuré à l'un et l'autre la conservation du privilège qu'il contient.
« Ces motifs, monsieur, me déterminent à penser qu'il n'y a aucun inconvénient d'ordonner l'exécution des lettres patentes du dernier juillet 1429, et de maintenir en conséquence les habitans de Domrémy dans l'exemption des subsides qui leur avoit été accordée par ces lettres patentes.
« J'ai l'honneur de vous renvoïer la requête des habitans de Domrémy
et les pièces qui y étoient jointes.
« Je suis avec respect, monsieur, votre très-humble et très-obéissant
serviteur,
<c De La Galaisière. »
A une demande si juste et si bien motivée, le conseil, en décembre 1771, répondit en alléguant les édits de 1614 et de 1634, fort étrangers à la question.
Les voici tels qu'ils sont cités : « Les édits de 1614 et 1634 portent, l'un : «Art. 10...Quelesdescendans des frères delaPucelle d'Orléans qui vivent à présent noblement jouiront à l'avenir des privilèges de noblesse et leur postérité de mâle en mâle, vivans noblement, même ceux qui pour cet effet ont obtenu nos lettres patentes et arrêts de nos cours souveraines ; mais ceux qui n'ont pas vécu et ne vivent à présent noblement, ne jouiront plus à l'avenir d'aucuns privilèges. Les filles et femmes aussi des-
cendans des frères de la Pucellè d'Orléans n'anobliront plus leurs maris h Ta venir ».
L'édit de 1634 porte, article 7 :« Que les descendans des frères de la Pucel le d'Orléans insérés au corps de la noblesse et vivans à présent noblement jouiront des privilèges de la noblesse, et leur postérité de mule en mâle vivans noblement. Mais ceux qui n'ont vécu et ne vivront à présent noblement ne jouiront plus à l'avenir d'aucuns privilèges ; comme aussi les filles et femmes descendans des frères de la Pucelle d'Orléans n'anobliront plus leurs maris à l'avenir. »
Et l'on écrit à la suite de la demande : « Décidé que toutes ces exemptions ont été révoquées par les édits de 1614 et 1634 ».
Les habitants de Domrémy ayant renouvelé leur demande à l'avènement de Louis XYI, voici ce qui fut répondu de Paris le 18 février 1776 :
ce La demande des habitans de Domrémy a déjà été rejettée en 1771 ; les édils de 1614 et de 1634 ayant éteint les privilèges accordés à la famille même de la Pucelle, on n'a pas cru que les habitans du village dans lequel elle était née dussent être traités avec plus de faveur.
« C'est par ces mêmes motifs, monsieur, que, tout récemment, le conseil a refusé d'accueillir la demande en confirmation de privilège que renouveloient les habitants de Greux à Tavènement de Sa Majesté à la couronne. Ainsi les habitants de Domrémy ne verront plus avec envie cette différence qui ne faisoit que multiplier leurs vaines prétentions sans leur donner plus de solidité. »
Dans une lettre à d'Ormesson, en date du 2i février 1776, La Galaisière lui fait savoir qu'il a communiqué aux habitans de Domrémy la décision intervenue.
Les instances des habitants de Greux, dont on trouve les pièces dans la même liasse, achèveront de nous faire connaître l'historique du glorieux privilège.
11 faut rendre cette justice à nos rois. Ils avaient confirmé en termes Ws chaleureux le privilège concédé par Charles VII, jusqu'à l'époque ^ominieuse qui devait voir la fin de la monarchie. La liasse d'où tout ^iest tiré renferme une copie authentiquée d'une double confirmation <le Louis XV, Tune du 10 août 1723, l'autre du 26 janvier 1730, copie faite très probablement pour arrêter la néfaste interruption qui allait se produire. Or, dans les lettres confirmatives de 1723, on lit que les habitants de Greux ayant été molestés dans la jouissance de leurs privilèges, un arrêt du conseil royal du mois de février 1683 défendit semblables
tracasseries à l'avenir sous peine d'avoir à payer l'amende énorme de quinze cens livres.
A l'avènement de Louis XVI, les habitants de Greux demandèrent confirmation de leur privilège. On voulut avoir l'avis de l'intendant de Champagne, M. Bouille d'Orfeuil. Il répondit par la lettre suivante, du 15 septembre 1775 :
« Monsieur, j'ai reçu les deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 16 avril et le 24 juillet dernier, concernant le projet cy-joint de lettres patentes que les habitans de Greux, élection de Chaumont et subdélégation de Vaucouleurs, ont présenté au conseil pour obtenir la confirmation des privilèges de leur paroisse.
« Je me suis procuré, monsieur, des éclaircissemens certains sur la nature et Torigine des privilèges des habitans de Greuic. Ces privilèges, qui leur ont été accordés par lettres patentes de Charles VII du 31 juillet 1429, en considération des services importans rendus à TEtal par Jeanne d'Arc, dite Pucelle d'Orléans, native de leur paroisse, consistent dans l'exemption et franchise de toutes tailles, subsides, aydes, subventions et autres impositions généralement quelconques mises et à mettre. Il ne paroît pas que ces habitans en aient obtenu le renouvellement sous les régnes de Louis XI, de Charles VIII, ni de François P'; mais ils ont toujours été confirmés depuis très exactement à chaque nouvel avènement au trône, savoir par lettres patentes de Henri II du 9 avril 1551, par celles de François II du 15 octobre 1559, par celles de Henri III do 25 janvier 1584, de Henri IV du 24 mars 1596, de Louis XIII du moisde juin 1610, de Louis XIV du mois de mars 1656, et enfin par celles de Louis XV du 19 août 1723.
« Il n'y a aucun lieu de présumer que ces privilèges et immunités aient été révoqués. Les édits de 1614 et 1634 doivent être regardés comme ARSOLUMEWT ÉTRANGERS aux habitaus de Greux, puisque ils n'ont été rendu* que pour restraindre les privilèges dont jouissoient précédemment lei . descendans de la Pucelle d'Orléans*. Il paroît au surplus que, à l'époque de 1429 date del'origine des privilèges accordés à la paroisse de Greux, C6 village et celui de Domrémy qui ne sont distans que d'une portée de fastl formoient une seule et môme communauté; mais en 1571, Charles IX céda Domrémy à Charles III, duc de Lorraine. Ce village a toujoiff* dépendu depuis de celte province; ce ncst qu'en 1767 qu'il est rentré éventuellement sous la domination de la France, et il fait encore aujour-' d'huy partie de la généralité de Lorraine. Il n'est donc pas étonnant qu^
1. C'est par mégarde que le secrétaire laisse échapper étourdimenl les mois : ï* postérité de la Pucelle,
ne possèdent aucun terrain communal que deux cents arpents de bois rassail, chargé de rentes seigneuriales très considérables. Ce qui prouve la modicité de ce village, c'est qu'il n'augmente pas en nombre d'habitans, comme les autres circonvoisins. Si on supprime leurs privil^es, ils seront réduits la plus grande partie à la mendicité. »
Les raisons des habitants de Domrémy et de Greux étaient aussi péremptoires que celles de l'agneau de la fable. Le conseil du roi répondit avec plus de politesse dans la forme, mais avec aussi peu de raison dans le fond que le loup de La Fontaine. Il supprima le privilège, comme le loup supprima Tagncau.
La mesure est tout à fait digne de la plus ignominieuse époque de notre histoire. C'est lorsque, en faisant retour à la France, la Lorraine lui apportait le plus précieux joyau de nos monuments, qu'un conseil royal stupide la découronnait autant qu'il était en lui du signe qui devait en dire à tous la valeur et le prix. Il est vrai que c'était l'époque où Arouel laissait tomber de sa hotte de pornographe la souillure de toute littérature que l'infernal génie osa bien intituler : la Pticelle. On sait qu'une ignoble noblesse en faisait ses délices. L'insultant mépris avec lequel on répondait aux justes raisons des pauvres habitants de Domrémy et de Greux ne semble-t-il par trahir des êtres nourris de l'immonde pâture?
On refusait à la Pucellc, à la Libératrice de la France, les quelques deniers qu'elle avait demandé aux générations à venir d'épargner à la misère des habitants du lieu qui Tavait vue naître ; et Ton prodiguait des millions pour bâtir des palais aux créatures innomables qu'elle poursuivait de la pointe de sonépée! Le peuple de France geignait pour ces Circés dont les mains distribuaient les portefeuilles des ministres, des brevets de généraux, et, faut-il le dire, choses plus augustes encore!
Qu'on ne s'étonne pas si la justice divine a laissé germer de cette gangrène les bourreaux qui devaient en être le châtiment. Si on a pu dire que le vieil empire romain était mûr pour les Barbares, le temps où se produisait Tinfamie qui vient d'être rappelée était mûr pour les Marat, les Robespierre, ces émules des Genséric et des Attila.
Ce sont les deux derniers Valois, Charles IX qui a commandé la Saint- Barthélémy, Henri III l'assassin des chefs catholiques, les Guises, qui ont aliéné la maison de la Pucelle. Dieu a biffé leur race. Rien de leur postérité dans ces palais qu'ils auraient dû céder plutôt que la Santa Casa de la France, la maison de Jacques d'Arc.
Infortuné Louis XVI ! Un des premiers actes de son règne a été, d'après l'avis d'un conseil imbécile, de supprimer le privilège de Greux respecté
par tous ses prédécesseurs. Il supprimait le privilège, témoin subsistant de cette parole dite à tout vrai roi de France : « Vous serez le lieutenant du roi du Ciel, qui est roi de France». Le suzerain, ainsi politiquement éconduit, a laissé le vassal à ses propres forces, et tout en couronnant le chrétien de Tauréole du martyre, a laissé tomber le roi qui ne comprenait plus le miracle de sa légitimité et de ses droits.
La Libératrice n'a jamais demandé de lettres d'anoblissement pour sa famille. La seule récompense humaine qu'elle ait sollicitée, c'est l'exemption d'impôts pour Greux et Domrémy. Le sol français se couvre de statues et de monuments à son honneur. Ne relèvera-t-on pas le monument de son choix, celui qu'elle a demandé ? Qui peut douter qu'il ne soit celui qui serait le plus agréable à ses yeux ? Le pouvoir qui voudra véritablement l'honorer fera droit à sa requête. Les registres de l'impôt porteront de nouveau pour Greux et Domrémy, l'antique mention : Néant, laPucelle. Il appartient à ceux qui ont action sur l'opinion publique, de travailler en ce sens jusqu'à ce que les feuilles de l'impôt répètent la formule : « Domrémy et Greux ont à jamais payé leur dette à la France en lui donnant la Pucelle ».
Les lettres d'anoblissement de la famille de la Pucelle.
L'original des lettres d'anoblissement de la Pucelle et de sa famille n'existe pas plus que celui qui concédait exemption d'impôts à Greux et à Domrémy. On en possède plusieurs vidimus^ ou copies déclarées officiellement authentiques, et insérées comme telles au « Trésor des chartes ». Des descendants de la famille anoblie ayant voulu en réclamer les privilèges ont dû prouver et leur descendance, et en même temps exhiber le titre. C'est ainsi que ce titre se trouve sous la date de 1562, au Trésor des chartes, dans un acte de Henri II en faveur de Robert Le Fournier, baron deToumebu, et de Lucas du Chemin, seigneur de Féron*. Denys Godefroy a reproduit cette copie, elle a été reproduite partiellement ou dans son intégrité par bien d'autres, et notamment dans notre siècle par Rochon, Michaud, Quicherat.
In incendie ayant détruit en 1737 la plus grande partie des archives «e la cour des comptes, un édit du roi ordonna à tous ceux qui avaient «es titres qui y ressortissaient d'en faire la présentation, et copie en fut *"^ pour réparer, dans la mesure du possible, les ravages du feu. Parmi ces copies se trouve une reproduction des lettres d'anoblissement de la
*• Arch. imt. Trésor des Charles, reg. 260.
Pucelle que Vallet de Yiriville se croit autoris(^ à donner comme la meilleure. L'on ne reconnaît pas ici la sûreté ordinaire du paléographe. Onn en a pas imprimé d'aussi manifestement et lourdement fautives. Peut-être le critique a-t-il été entraîné par le désir d'appuyer une de ses thèses. Lui qui se fit admonester pour avoir ajouté à son nom patronymique celui de « de Viriville » tient à dépouiller le nom d'Arc de Tapostrophe, et veut qu'on l'écrive « Darc ». Il s'appuie sur la copie de 1738; mais on est bien forcé de dire que la pièce ne lui en donne pas le droit. Le nom d'Arc y revient trois fois, les deux premières fois il est écrit (fArc\ ce n'est qu'à la troisième qu'on lit Darc *. Une recension des textes des érudits de profession ménage parfois de ces surprises et de plus importantes à ceux qui n'ont pas pour leurs assertions la foi aveugle que le clan naturaliste exige vis-à-vis de ses coryphées. Le vidimus de Henri II, comme on le verra, n'est pas non plus exempt de fautes.
Le texte le meilleur semble être celui qui fut donné en 4612 par un membre de la famille , par Hordal, dans son volume bien connu: Heroinaenobilissimœ Johannœ Davc Lotharingœ,.. historia^. Un ami de Hordal, le fameux jurisconsulte Pierre Grégoire, dans son traité Z)e republica {liy. XI, chap. x), avait reproduit les lettres d'anoblissement, quelques années avant Hordal. Elles présentent plusieurs variantes avec celui de Hordal que nous traduisons. Hordal dit que son texte a été enregistré à la cour des comptes à la date du 16 janvier 1429 (a. st.) et qu'il se lit au folio cxxidu Registre de chartes de celte époque.
En voici la traduction :
« Chaules, roi des Français, pour perpétuelle mémoire.
(( Exalter l'effusion des grâces si éclatantes que la Divine Majesté nous a départies par le signalé ministère de notre chère et aimée Pucelle, Jeanne Darc de Domrémy, du bailliage de Chaumont ou de son ressort, et celles que nous en espérons encore, par le secours de la divine Clémence, c'est notre but; et à cette fin nous croyons convenable et opportun que ce ne soit pas seulement la Pucelle, mais encore toute sa parenté qui, non pas tant pour ses services que comme expression de divine louange, soit élevée et exaltée par de dignes marques d'honneur de la part de Notre Royale Majesté. Celle qu'environne une si divine clarté, laissante la race d'où elle est sortie un don insigne de notre royale libéralité, la gloire de Dieu ira se perpétuant et se prolongeant dans toute la suite des âges avec le souvenir de si magnifiques grâces que notre don proclamera.