‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 148 sur 327 · Si vous voulez qu'il en soit ainsi · texte numérisé non relu

Si vous voulez qu'il en soit ainsi

3. Texte : Duquel elle est chascun jour en son service roial.

a Loy aulx François, venez au-devant du rofj Charles et quiln'y ait point de faute, et n'ayez aucune inquiétude ' pour vos corps et vos biens si ainsi le f eûtes. Et si ainsi ne le faites, je vous promets et certifie sur vos vies, QUE NOUS ENTRERONS à Caide de Diett, en toutes les villes qui doivent être DU SAINT ROYAULME, et y fcTons bonnc paix ferme, qui que vienne contre.

A Dieu vous commant (vous recommande), Dieu soit garde de vous, s'il lui plaist. Response 6ri>/ (prompte) devant la cité de Troyes. Escrit à Sainct- Paies ^ y le mardi quatriesme jour de juillet. »

De tout ce qui est dit ci-dessus, les habitants de Troyes baillèrent avis aux habitants de Reims, en leur envoyant copie desdites lettres, comme on voit par leurs lettres écrites le môme jour cinquième du mois de juillet, mandant comme ils attendaient ce jour les ennemis du roi et du duc de Bourgogne pour ôtre assiégés par eux. Contre pareille entreprise, quelque puissance qu'eussent lesdits ennemis, vu et considéré la juste querelle qu'ils tenaient et les secours de leurs princes qui leur avaient été promis, ils étaient résolus de plus en plus de se garder eux, et ladite cité, en Tobéissance du roi et du duc de Bourgogne, et cela jusqu'à la mort, ainsi qu'ils Pavaient tous juré sur le précieux corps de Jésus -Christ. Ils priaient les habitants de Reims, comme frères et loyaux amis, d'avoir pitié d'eux, et d'envoyer par devers Monseigneur le régent, et le duc de Boui^ogne pour les requérir et supplier de prendre pitié de leurs pauvres sujets et d'aller les secourir.

Par d'autres lettres écrites le même jour, à cinq heures après midi, sur les murs de la ville, les mêmes habitants de Troyes baillent avis à ceux de Reims, comment l'ennemi et adversaire en sa personne, et avec sa puissance, était arrivé cedit jour, environ neuf heures du matin, devant la ville, et y avait mis le siège ; comment il leur avait envoyé ses lettres closes signées de sa main, scellées de son scel secret, contenant ce qui est transcrit ci-devant. Ces lettres ayant été lues au conseil, après délibération il avait été répondu aux hérauts qui les avaient apportées, et auxquels on n'avait pas donné entrée dans la ville, que les seigneurs, les chevaliers et écuyers qui étaient dans Troyes de par le roi et de par le duc de Bourgogne avaient juré et fait serment, et les habitants avec eux, de ne pas laisser entrer dans la ville quelqu'un de plus fort qu'eux ; et que à rencontre de ce serment ceux qui étaient dans la ville n'oseraient y introduire ledit Dauphin ; et en outre, pour excuser les habitants, il avait été

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