‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 149 sur 327 · Texte : Et ne vous doublez de vos corps, etc · texte numérisé non relu

Texte : Et ne vous doublez de vos corps, etc

2. Saint-Phal, à 20 kilomètres de Troyes, possédait alors un château donl on peut reconnaître la vaste enceinte. Le seigneur était, en 1429, Etienne de Vaudry, comte de Joigny , gouverneur du Tonnerrois. U était Bourguignon .

ajouté à celte réponse, que quelque fut leur vouloir, ils étaient empêchés par la grande multitude des gens de guerre présents dans la ville et qui étaient plus forts qu'eux. Cette réponse ainsi faite, un chacun s'était retiré sur les murs à son poste, avec Tintention et volonté ferme de résister jusqu'à la mort, si on faisait aucun effort contre eux ; et il leur semblait que, au plaisir de Dieu, ils rendraient bon compte de ladite cité ; et de nouveau ils requéraient les habitants de Reims d'avoir à envoyer par devers le régent et le duc de Bourgogne remontrer leur nécessité. Ils mandaient aussi comment ils avaient reçu des lettres de Jeanne la Pucelle qu'ils appelaient Coquarde *, laquelle ils certifiaient être une folle pleine du diable, que sa lettre n'avait ni rime ni raison, et qu'après en avoir fait lecture et s'en être bien moqués, ils l'avaient jetée au feu, sans lui faire aucune réponse, d'autant que ce n'était que moquerie. Ils mandaient aussi que quelques-uns des compagnons^ de ladite ville avaient pris un Cordelier qui avait su, confessé et juré en paroles de prêtre et sous la foi de ses vœux de religion, qu'il avait vu trois ou quatre bourgeois se donnant comme de la ville de Reims qui entre autres choses disaient au Dauphin qu'il allât sûrement à Reims, et qu'ils se portaient forts de le mettre dedans ladite ville. Et iceux de Troyes mandaient à ceux de Reims de prendre avis sur ce, et d'observer à qui l'on se fiait.

Les habitants de Chàlons reçurent pareils avis des habitants de Troyes touchant la venue et l'arrivée du Dauphin, et de plus, que les lettres de Jeanne la Pucelle avaient été portées à Troyes par un nommé Frère Richard le Prêcheur^. Ils en baillèrent avis aux habitants de Reims, leur mandant qu'ils avaient été fort ébahis dudit Frère Richard, d'autant plus qu'ils estimaient que ce l'iit un très bon prud'homme; mais qu'il était devenu sorcier. Ils mandaient aussi que les habitants de Troyes faisaient forte guerre aux gens du Dauphin, avec plusieurs autres paroles de bravade ; et que, sur ces nouvelles, ceux de Chàlons avaient intention de tenir et de résister de toutes leurs puissances à rencontre desdits ennemis.

Les habitanisde Reims reçurent pareillement des lettres du Dauphin, écrites le quatrième jour de juillet, par lesquelles il leur mandait qu'ils pouvaient bien avoir reçu nouvelles de la bonne fortune et des victoires qu'il avait plu à Dieu de lui donner sur les Anglais, ses anciens ennemis, devant la ville d'Orléans, etdepuis.à Jargeau, Baugency, Meung-sur-Loire, en chacun desquels lieux ses ennemis avaient reçu très grand dommage;

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