‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 15 sur 327 · Anselme, t. VI, p · texte numérisé non relu

Anselme, t. VI, p

Anglais. Il devait mourir des blessures reçues à la victoire de Castillon, qui leur porta le dernier coup en 1453 *.

La Bretagne envoya Alain Giron avec ses cent lances, Rais, les jeunes seigneurs de Laval, Guy et André, etc., et elle eût fourni un appoint bien plus considérable encore, si Ton avait accepté les services du Connétable, qui venait si bien accompagné.

Parmi les réformes que Jeanne devait opérer, et que Gerson groupe sous quatre chefs, le chancelier indique celle des milices du roi et des milices du royaume. Les milices du roi, c'étaient, ce semble, les milices nobles et les milices mercenaires ; et les milices du royaume, étaient les milices bourgeoises ou municipales, celles que les chroniqueurs appellent le commun.

Le service militaire était dans Tordre civil le premier devoir de la noblesse, créée pour faire régner la justice et l'ordre dans ses fiefs, et pour défendre le roi, le pays, toutes les causes nationales. Elle devait accourir sur le mandement du roi, chaque feudataire menant à sa suite ses vassaux et arrière-vassaux. Sous les Mérovingiens et lesCarlovingiens, les nobles seuls ont fait la guerre; mais soit que la noblesse ne répondît pas assez unanimement à Tappel royal, soit qu'elle ne fût pas assez nombreuse pour résister dans certains périls extrêmes, les rois de la troisième race prennent à leur services des bandes mercenaires. Réunis sous la conduite d'un chef plus hardi, les mercenaires faisaient de la guerre un moyen d'existence libre et sans frein. S'ils pouvaient être utiles pour la bataille, ils étaient, en dehors, les fléaux du pays. Ils ont laissé, sous le nom de ribauds, de brabançons, de routiers, de compagnons, de grandes compagnies, le renom d'hommes sans aveu, ne redoutant pas les périls, il est vrai, mais prêts à tous les excès. Le nom de brigands leur fut donné dans les premières années du xv* siècle; il est resté dans la langue, et tout le monde en connaît la sinistre signification ; la férocité d'une brute servie par le corps et l'intelligence d'un homme. Ce ne furent pas les rois seulement qui soudoyèrent de ces bandes ; les seigneurs se donnèrent aussi ce luxe dans leurs guerres privées.

Les chefs de ces bandes d'aventuriers étaient ordinairement des nobles en quête de la fortune qui leur manquait; il semble bien que La Hire

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