‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 162 sur 327 · ENGUERRAND DE MONSTRELET · texte numérisé non relu

ENGUERRAND DE MONSTRELET

ÏIii.guerrand de Monstrelet est de tous les chroniqueurs celui que, "^<l^^'à notre siècle, les histoires aimaient le plus à citer, pour la période '^^^^t il a retracé les annales.

^tonstrelet est Picard d'origine, issu, dit-il, de noble famille, quelquesin^ eroient par voie de bâtardise. Il naquit vers 1390 et mourut en 1453. ^^ parti bourguignon, il était particulièrement attaché à Jean de '^^^embourg. Aussi cherche-t-il à mettre son protecteur particulièrement ^^ ^cène, et lui fait-il une large place dans sa Chronique. On connaît assez ï^^^ les fonctions qu'il exerça durant sa vie. Il nous apprend lui-même ï^'il était à Compiègne, lorsque la Vénérable y fut prise.

Sa Chronique s'étend de 1400 à 1444. Elle fut imprimée de bonne heure,

^^tsla fin du xv* siècle. Les éditions en ont été multipliées dans la suite.

^ans notre siècle, Buchon Ta fait entrer dans sa collection ; M. Douet

^Wrc en a donné une édition sous le patronage de la Société de l'Histoire

^e France. On possède de nombreux manuscrits de la Chronique de

Monstrelet.

Ses pages sur la Libératrice, malgré quelques inexactitudes de détail, sont, à deux points près, réservées, assez complètes et enchâssées dans le cadre des événements. Elles renferment de précieux aveux. Il a eu le tort de recueillir, sur le séjour de la Vierge à Neufchâteau, l'impure fable qui avait cours à la cour de Bourgogne, fable par laquelle on prétendait expliquer les merveilles de la guerrière. Jeanne, servante d'aubei^e à Neufchâteau, y aurait pris les allures de la libre cavalière. Le conte a passé de confiance de la Chronique de Monstrelet dans une foule d'écrits^ même émanés de plumes catholiques.

L'on n'a pas observé que le procès de réhabitation réduit à néant cette injurieuse invention. £n racontant la prise de la Libératrice à Compiëgnc, Monstrelet promet de donner la suite de l'histoire de la prisonnière. Il se contente de reproduire le récit menteur envoyé par la cour anglaise au duc de Bourgogne et aux princes de la chrétienté. Il est permis d y voir un calcul de sa part.

Ce ne sont pas seulement les pages qui regardent directement la Pucelle qui vont être insérées, mais toutes celles qui aident à mieux connaître son histoire, et notamment les désastreuses trêves qui interrompirent sa céleste mission.

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