De lui commeUre et condescendre
rendit-il dans cette ville, où il fut reçu en grande liesse des habitants, et il se logea en son hôtel royal. C'est là que revinrent vers lui le chancelier et les autres ambassadeurs qu'auparavant il avait envoyés vers le duc de Bourgogne, avec lequel ils avaient tenu des conférences étroites *, ainsi qu'avec ses conseillers. Cependant il n'y avait pas eu d'accord arrôté ; mais, en conclusion, il avait été convenu que le duc enverrait de son côté une ambassade vers le roi Charles pour avoir son avis et continuer les conférences. Je fus alors informé que la plupart des principaux conseillers du duc de Bourgogne avaient grand désir et affection à ce que les deux parties opérassent leur réconciliation. Toutefois Maître Jean de Thoisy, évoque de Tournay, et Messire Hue de Lannoy, qui venaient présentement de vers le duc de Bedford, et étaient chargés par lui de faire des observations au duc de Bourgogne, de l'exhorter à tenir le serment fait au roi Henri, n'étaient pas bien contents que le traité se fit. C'est sur leur parole que la conclusion fut retardée, et qu'on prît une autre journée pour envoyer une légation vers le roi Charles. Elle fut confiée à Messire Jean de Luxembourg, évêque d'Arras, à Messire David de Brimeu et à d'autres notables et discrètes personnes...
[Monstrelet, pour épargner la réputation de son maître ou même celle de Charles VII, coupables, le premier d'un rôle de duplicité, le second d^imbécillité, fait ici une omission de toute importance. Des trêves qui devaient durer jusqu'à Noël, et dont la teneur fut prolongée jusqu*à Pâques, furent conclues le 28 août à Compiègne. Leur texte va être donné dans la Chronique dite des Cordeliers. Il jette le plus grand jour sur l'échec contre Paris, et sur tout le reste de la carrière de la Libératrice jusqu'à sa captivité.]
Chapitre lxx. — Comment le roy de France fit assaillir la cité de Paris.
Le roi Charles de France étant encore à Compiègne reçut des nouvelles d'après lesquelles le duc de Bedford, le régent, s'en allait avec une armée en Normandie pour combattre le Connétable, qui travaillait fort le pays du côté d'Evreux. Par suite, le roi Charles quitta Compiègne après un séjour de douze jours environ, y laissant Guillaume d« Flavy pour capitaine. Avec son armée il allaà Senlisqui, après traité, se rendit au roi. Il se logea dans ses murs avec une grande partie de ses gens ; les autres se logèrent dans les villages environnants.
En ces jours firent obéissance au roi plusieurs villes et forteresses :