‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 175 sur 327 · Texte: Us avaient tenus plusieurs destroicts parîemens · texte numérisé non relu

Texte: Us avaient tenus plusieurs destroicts parîemens

Beauvais, Creil, Pont-Sainte-Maxence, Choisy, Gournay-sur-Aronde, Remy, la Neuville-en-Heez, et de Tautre côté Mognay, Chantilly, Saintincs et plusieurs autres. Lui firent aussi serment les seigneurs de Montmorency et de Moy.

Et, en vérité, si, avec son armée, il flt venu a Saint-Quentin, Corbie,

^lENS, AbBEVILLE, et DEVANT PLUSIEURS AUTRES VILLES ET CHATEAUX FORTS, LA plupart DE LEURS HABITANTS ÉTAIENT TOUT PRÊTS A LE RECEVOIR COMME SEIGNEUR, ET ILS NE DÉSIRAIENT AUTRE CHOSE AU MONDE QUE DE LUI FAIRE OBÉISSANCE ET PLEINE OUVERTURE \

Toutefois il ne fut pas conseillé de s'avancer si avant sur les marches du duc de Bourgogne, tant parce qu'il le sentait fort de gens d'armes, que pour Tespérance qu'il avait qu'il se fît entre eux quelque bon traité.

Après un séjour de peu de jours à Senlis, le roi en partit et avec toute son armée alla se loger à Saint-Denis; les gens s'en étaient enfuis à Paris, je veux dire les plus grands bourgeois et plus notables habitants. Ses gens se logèrent à Aubervilliers, à Montmartre, et aux villages près de Paris.

Alors était avec le roi Jeanne la Pucelle, qui avait très grande renommée. Chaque jour elle exhortait le roi et ses princes à faire assaillir la ville de Paris. Il fut conclu que cet assaut serait livré le lundi 42 septembre^ Cette conclusion arrêtée, on fit apprêter tous les gens de guerre, et ce lundi le roi se mit en bataille entre Paris et Montmartre, ses princes avec lui.

La Pucelle, avec l'avant-garde qui était fort nombreuse, s'en alla, son étendard en mains, à la porte Saint-Honoré, faisant porter avec elle plusieurs échelles, des fagots, et d'autres appareils nécessaires à un assaut. Là elle fit entrer plusieurs de ses gens à pied dans les fossés et elle commença l'assaut à dix heures environ ; il fut très dur, âpre et cruel, et dura sans discontinuer de quatre à cinq heures, ou même plus. Les Parisiens se défendirent vigoureusement et avec grand courage, soutenus qu'ils étaient par Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne et chancelier de France pour le roi Henri, et par plusieurs autres notables chevaliers que le duc de Bourgogne leur avait envoyés, tels que le seigneur de Gréquy, le seigneur de l'Isle-Adam, Messire Simon de Lalaing,

i. Et pour vérité^ sHl, à toute sa puissanchCf fusl venu à Sainct^Quentirif Corbie^ Amieni^f AbbettllCj et plusieurs autres fortes villes et fors chasteaulx, la plus grande partie des hahitans d'ycelles estaient tous pretz de le recevoir à seigneur y et ne desiroient au monde aultre chose que de lui faire obeyssance et plaine ouverture. Et c'est alors que Charles VII concluait des trêves, à Tinsu et entièrement contre Tavis de la Pucelle !

2. Ce fut le 8. — Monstrelet est inexact dans toute cette partie pour laquelle il faut consulter Percerai de Gagny. Le roi ne bougea pas de Saint-Denis.

Messire Waleran de Beauval, et d'autres notables hommes qui avaient amené quatre cents combattants. Avant ledit assaut, on avait assigné à chacun, par capitainerie, la garde des ]ieux propices et convenables. Pendant cet assaut, plusieurs Français furent renversés et abattus, un très grand nombre furent tués et blessés par les canons, les coulevrines, et les autres armes de trait que les Parisiens déchargeaient contre eux.

Jeanne la Pucelle fut très fort navrée {blessée); elle demeura tout le jour dans les fossés derrière le revers du talus *, jusqu'au soir que Guichard de Thiembronne et d'autres allèrent la quérir. D'autre part il y eut plusieurs blessés parmi les défenseurs de la ville. Finalement, les capitaines français, voyant leurs gens en si grand péril, et considérant qu'il leur était impossible d'emporter la ville de force, alors que les Parisiens étaient unanimes à vouloir se défendre, sans qu'il y eût division parmi eux, firent soudainement sonner la retraite, et retournèrent à leurs logis, en emportant les morts et les blessés. Le lendemain le roi Charles, triste et affligé de la perte de ses gens, s*en alla à Senlis pour procurer la guérison et les soins des blessés. Les Parisiens se con* firmèrent encore les uns les autres dans leur dessein, promettant qu'ils résisteraient jusqu'à la mort de toutes leurs forces, au roi, qui, à ce que l'on disait, voulait entièrement les détruire. Peut-être le craignaient-ils, se sentant gravement coupables envers lui qu'ils avaient privé de sa capitale, et vu qu'ils avaient mis à mort plusieurs de ses loyaux sujets, comme il a été plus pleinement exposé ailleurs.

Chapitre lxxii. — [Le chroniqueur raconte comment, pendant ce temps, le duc de Bourgogne s'efforçait de raffermir dans la fidélité à sa cause ces mêmes villes d'Amiens et d'Abbeville qu'il nous a dit désirer plus que tout au monde faire obéissance à Charles VU. Le duc fit si bien qu'elles s'armèrent pour être prêtes à le suivre dès qu'il le voudrait.]

Chapitre lxxii. — Com??ient le roi Charles de France s'en retourna en Touraine et en Berry.

Charles, roi de France, voyant que la ville de Paris, la capitale de son royaume, ne voulait pas se mettre en son obéissance, arrêta avec ses conseillers de laisser des gouverneurs et des capitaines institués par lui dans toutes les bonnes villes, cités et châteaux rentrés en son obéissance, et de

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