‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 179 sur 327 · DEPUIS L'ARRIVÉE A CHINON JUSQU'A LA PUBLICATION DES TRÊVES · texte numérisé non relu

DEPUIS L'ARRIVÉE A CHINON JUSQU'A LA PUBLICATION DES TRÊVES

Sommaire : I. — La Pucelle, son innocence. — Sa mission. — Conduite à Chinon. — Reçue par le Dauphin, regardée comme folle par le plus grand nombre. — Armée.

— Suit la guerre. — Son étendard. — Constante dans l'affirmation de sa mission.

— Orléans délivré, places recouvrées. — Patay.

11. — La Pucelle à côté du Dauphin. — Sa grande renommée. — Aucune ville ne peut résister à ses sommations. — Troyes se rend, quoique très attaché au duc de Bourgogne. — Le duc à Paris s'entend avec son beau-frère, et amène sa sœur avec lui.

— Le duc de Bar au siège de Metz en juillet. — Conquêtes de la Pucelle. — Elle éclipse la renommée des capitaines, leur jalousie. — Résistance de Perrinet Grasset.

m. — Les habitants de Reims promettent fidélité au duc de Bourgogne. — En attendant, la Pucelle fait de nouvelles conquêtes. — Reims se soumet. — Le sacre. — La Pucelle armée, et non armée. — Son costume. — Soumission de Laon. — La llire, bailli du Vermandois. — Soumission de Soissons, de Senlis; et pas de Noyon.

IV. — L'armée devant Paris. — Pertes près de Saint-Laurent. — Assaut à la descente de Montmartre. — Merveilleux courage de la Pucelle. — Elle est blessée. — Secours reçus d'Angleterre par le régent. — Conférences pour la paix près de La Fère ; sans résultats. — Les villes qui font soumission au Dauphin, et celles qui ne la font pas.

— Lettres du régent au Dauphin. — Charles continue ses conquêtes. — Les deux armées en présence durant l rois jours. — Les Anglais refusent de sortir de leur parc. — Soumission de Beauvais et des pays environnants.

Le dix-huitième jour de juin, après dîner, les gens du régent, qui s'étaient réunis mis en campagne contre ceux du Dauphin, furent cornplètements défaits près d'Yenville et d'Étampes. Le r^ent retourna à Paris avec peu de ses gens* ; le seigneur de TIsle-Adam fut aussitôt après envoyé dans cette ville.

Le Dauphin viennois ainsi relevé, la Pucelle se tenant toujours auprès de lui armée comme un capitaine et ayant grand nombre de gens sous ses ordres, le Dauphin commença à conquérir places et pays, grâce aux exploits de la Pucelle et à la renommée qui commença partout à se répandre de la jeune fille. Il n'y avait pas de forteresse qui, sur sa simple parole et sommation, ne voulût se rendre, pensant et espérant à cause de ses merveilles que c'était chose divine. Elle faisait merveilles d'armes avec son corps, maniait très puissamment le bourdon de sa lance, et s'en aidait aisément, ainsi qu'on le voyait journellement.

Avec cela elle admonestait les gens au nom de Jésus, et faisait des prèchements pour inviter le peuple à se rendre à lui et à obéir au Dauphin. Elle fit tant enfin que la renommée qu'elle faisait des miracles courut partout, jusques à Rome. L'on disait que dès qu'elle venait devant une place, les gens de dedans, quelque volonté qu'ils eussent avant de n'obéir ni au Dauphin ni à elle, étaient tous changés, sans courage, privés de toute puissance pour se défendre contre elle, et se rendaient tout aussitôt, comme firent Sens ^ et d'autres forteresses, encore que le roi n'entrât pas dans quelques-unes, mais il en obtint des vivres pour son argent.

Une si grande renommée suivit la Pucelle jusques à Troyes -en-Champagne, ville qui avait toujours tenu le parti de Bourgogne, et avait promis de le tenir et de ne pas s'en séparer. Et cependant la ville se rendit incontinent, sans coup férir, sur Tadmonition et sommation d'icelle Pucelle. Ce dont toutesgens furent ébahis, surtout Mes princes et seigneurs tenant le parti de Bourgogne, qui étaient en grande perplexité.

A l'entrée de juillet, le duc de Bourgogne accompagné de Messire Jean de Luxembourg et d'autres seigneurs de Picardie alla à Paris pour prendre des mesures et s'assurer des forces à rencontre des entreprises du

4. Le chroniqueur veut sans doute parler de la défaite de Palay. Le régent n'y était pas. il confond le prince avec Fastolf, le grand maitre de son hôtel.

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