‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 181 sur 327 · Aucune autre chronique ne parle de pareille perte · texte numérisé non relu

Aucune autre chronique ne parle de pareille perte

à ses gens d'aller à Tassaut ; elle s* avança elle-même de si près quelle fut blessée d'un trait à la cuisse. Repoussée, elle et son armée. Tassant ne leur valut aucun avantage. La ville de Paris était gardée et défendue par le seigneur de Saveuse, messire Hue de Lannoy. les bâtards de Saint-Pol et de Thyans et d'autres.

Pendant ce temps, le régent de France tenait la campagne sur la rivière de la Seine avec son armée. Avec lui étaient le cardinal de Winchester et le seigneur de Villougby, arrivés depuis peu avec six mille combattants. -^ Avant que le roi Charles allât devant Paris, il y avait eu un conseil entre Tarchevëque de Reims, le seigneur de La Trémoille. Poton et La Hire d'une part, et Messire Jean de Luxembourg, le chancelier de Boui^ogne, les seigneurs de Croy et Lourdin de Saligny de Tautre; mais, en conclusion, on n*en vint ni à une trêve ni à une paix. La journée fut tenue près de La Fère. -

Quand les gens du roi virent que Paris ne viendrait pas à obéissance, des députés furent par plusieurs fois envoyés à Compiègne. La ville se rendit par traité et fit obéissance au roi Charles. Guillaume de Fla\y y fut commis pour capitaine avec de grandes forces.

Alors se rendirent les forteresses de Creil. le Pont-Sainte-Maxence, Château-Thierry, Lagny et plusieurs autres ; mais Brcteuil, Chartres tinrent bon, ainsi que Pontoise, Mantes, Vemon. le Pont-à-Meulan, Charenton, le bois de Vincennes et d'autres. La guerre demeura ainsi par tout le royaume de France.

En ce temps, le troisième jour du mois d*aoùt, le régent partit en armes de Paris, et envoya une lettre au roi Charles sur le fait de ses guerres et conquêtes. Xe chroniqueur cite ici la lettre déjà reproduite dans la Chronique de Monstrelet« page 4:j2.

Nonobstant ces lettres, le roi Charles ne prit et ne voulut prendre aucune journée, ni pour combattre ni pour conférer ; mais il conquérait toujours de nouveaux pays. Toutefois les deux armées française et anglaise furent durant trois jours bien près Tune de Tautre en rase campagne; mais les Anglais, moins en force que les Français, se renfermèrent dans une clôture et ne voulurent pas sortir de leur enceinte, sinon pour combattre à pied ; leurs ennemis étaient trop nombreux, et ils les eussent combattus à pied et à cheval. Pour cela la chose demeura en ce point, excepté que quelques gentilshommes de Picardie de la garnlHon de Paris étant à cheval, attaquèrent, en la fête de Notre-lJame de la mi-août, ceux de Tarmée du roi qui eux aussi élaieril h riliuval. Il y eut alors une passe de fers de lance sans grande perle ni d'un côté ni de l'autre... Sur le soir de ce jour, les bataillons h pied d(» cliaciinn des parties se retirèrent, et le roi Charles retourna h (^n'|»y-iîn-VuloiM...

En ce temps, la cité de Beauvais et une partie du pays de Beauvaisis se mirent en Tobéissance du roi Charles. Et ses gens allèrent par le pays de divers côtés, prendre, non de force, mais par traités, villes et châteaux.

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