‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 195 sur 327 · LA PUGELLE, D'APRÈS LE NOTAIRE PIERRE COCHON · texte numérisé non relu

LA PUGELLE, D'APRÈS LE NOTAIRE PIERRE COCHON

connaître, l'histoire non seulement de la Normandie, mais de la France à partir de 1108 jusqu'en 1430. Il s'arrête lorsque la Pucelle arrive à Rouen. Pourquoi nVt-il paspoussé plus loin son œuvre? MM. de Beaurepaire et Auguste Yallet pensent que c'est parce qu'il n'aurait pas pu écrire sans péril ce qu'il pensait du forfait de la place du Vieux-Marché. Le juge prévaricateur qui l'avait commis, ayant poursuivi et puni les propos accusateurs du Dominicain Bosquier, aurait, à plus forte raison, poursuivi et puni les écrits d'un officier de la cour archiépiscopale; conjecture plausible quoique sans caractère de certitude.

Soucieux des besoins du peuple auquel il appartenait par sa naissance, le notaire Pierre Cochon est attaché au parti bourguignon, qui aux yeux de la multitude séduite défendait les intérêts populaires. Il n*aime pas les Anglais, mais il déteste les Armagnacs, défenseurs d*une noblesse immorale, oppressive et insolente. Il tient aux privilèges de Tordre ecclésiastique et les défend vigoureusement. Son langage est trivial, quelquefois grossier, intéressant toutefois dans sa rude franchise. La Pucelle était dans les rangs de ces Armagnacs abhorrés. L'écrivain normand ne partage pas vis-à-vis d'elle les sentiments de Jean ChufiFard, le faux bourgeois de Paris. S'il ne lui donne pas dans les événements la place qu'elle y a remplie, du moins il s'abstient à son égard de tout terme injurieux. Il n'est pas tellement démocrate qu'il ne rende justice aux sentiments d'humanité de Charles VII qui avait recommandé aux capitaines conquérants des places de Normandie de ne faire sentir leurs rigueurs qu'aux Anglais et d'épargner les Français. Le chroniqueur ne fait que rappeler, non sans les confondre quelquefois, les faits passés au sud de la Loire, oumùme de la Seine. Il a quelques particularités remarquables sur les événements plus à portée de son observation. Tels le profond découragement des Anglais, après la défaite de Patay ils voulaient fuir la France ; la part des milices communales dans les guerres de la Pucelle ; Hnaction des Anglais immobiles derrière leurs retranchements aux journées de Senlis; la disette de vivres qui força l'armée française à ne pas prolonger l'attente de la bataille ; la cause de l'échec sur Paris ; la construction du pont sur la Seine attestée par Perceval de Cagny.

Page 1