‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 196 sur 327 · LA PUCELLE, D'APRÈS LE NOTAIRE PIERRE COCHON · texte numérisé non relu

LA PUCELLE, D'APRÈS LE NOTAIRE PIERRE COCHON

Sommaire : I. — Siège et délivrance d*Orléans. — Idée qu'on se faisait de la Pucelle. "- Prise des villes des bords de la Loire. — Bataille de Patav. — Profond découra-

gemenl des Anglais. — Rapidité des conquêtes avant et après le sacre. — Terreur inspirée par la Pucelle. — Concours que lui prête le peuple. U. — Rencontre près de Senlis. — Inaction des Anglais retranchés dans leur camp. — Retraite des Français faute de livres ; retraite des Anglais. — Siège de Paris. — Famine dans Paris. — Assaut donné à la \ille. — Elle est sur le point d'être emportée. — Victoire arrêtée par La Trémoille, par un message bourguignon. — Mécontentement des assaillants. — Trêves. — Retraite de Charles VU. — Pont jeté sur la Seine.

L'an 1 428, avant Pâques le siège fut mis par les Anglais devant la ville d'Orléans, où ils se fortifièrent très fort de fossés, boulevards et bastilles. Et ils y furent jusqu'au mois de juin* de l'an 1429. En ce mois, ceux de dedans la ville sortirent avec une autre quantité de gens d'armes, et une jeune fille que l'on appelait la Pucelle. Plusieurs disaient qu'elle était envoyée de par Dieu, pour aider Charles, Dauphin, fils de Charles, roi de France, trépassé, à recouvrer son royaume, qu'avait conquis Henri, roi d'Angleterre, dont devant il est fait mention. Lesdits gens d'armes et la Pucelle sortirent ainsi, assaillirent de force les boulevards des Anglais, y mirent le feu, et tuèrent une grande quantité d'Anglais, tant qu'il fallut que lesdits Anglais levassent le siège, s'enfuissent; et ainsi ils furent tous ébahis.

Item. En cet an, etaudit mois de juin, environ la Saint-Jean, les Anglais se rallièrent pour aller contre les Français qui les avaient ainsi battus*, et ils les trouvèrent plus tôt qu'ils n'en auraient eu besoin ', car lesdits Français prirent deux forteresses, l'une nommée Jargeau, l'autre Baugency; ils y tuèrent grande quantité desdits Anglais, ils y gagnèrent grosses finances, des canons, des bombardes et d'autres instruments de guerre ; et incontinent ils vinrent vers une forteresse nommée Janville. Ils trouvèrent et rencontrèrent les Anglais à grosse compagnie, et là ils tombèrent [deffèrirent) sur eux si âprement que les Anglais ne savaient comment se défendre. Plusieurs y furent tués, les autres faits prisonniers, et les Français demeurèrent les maîtres.

Là furent pris trois grands seigneurs anglais, à savoir le comte de Suffolk, M. de Scalles (cTEscal/ez), et un nommé Talbot qui était un des bons routiers des Anglais. Il n'échappa des Anglais qu'un nommé Jean Fastoff, avec sept ou huit cents Anglais qui étaient à cheval. Ils s'enfuirent quand ils virent que la partie tournait mal; s'ils eussent été à pied, comme ceux du gros de l'armée, il ne serait pas demeuré un seul

i. Jusqu'au 8 mai.

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