‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 228 sur 327 · Registres communaux de Reims, p · texte numérisé non relu

Registres communaux de Reims, p

affaires de la Pucclle qu'il s'est rendu dans cette ville ? L'acompte d*un voyage qui ne semble pas encore à sa fin est du dernier jour de septembre. Or, à cette date, d'après le livre des comptes de Toumay, la victime était livrée; elle avait quitté Beaurevoir, elle était à Arras. La quittance ellemême nous autorise à poser ces questions, puisque la seule affaire spécifiée comme ayant fait l'objet de cet itinéraire de cinq mois, c'est le fait de Jeanne que l'on dit la Pucelle.

Nous avons plusieurs pièces authentiques sur la manière dont s'est effectué le payement de l'achat de la Pucelle. Quicherat les a reproduites dans toute leur étendue ^ Il suffira de donner les passages dans lesquels intervient le nom de la martyre.

Le premier, en date du 3 septembre 1430, est tiré d'une circulaire du trésorier général Thomas Blount, et de Pierre Sureau, receveur général des finances en Normandie. Voici le texte :

« Thomas Blount, chevalier, trésorier et général gouverneur des finances du roi notre sire en Normandie, et Pierre Sureau, receveur général desdites finances, commissaire du roi notredit seigneur en cette partie, aux élus sur le fait des aides à Argentan et Exmes, et au vicomte dudit lieu, ou à leurs lieutenants, salut.

(' Reçues par nous les lettres du roi notredit seigneur, données à Rouen, le second jour de ce présent mois de septembre, par lesquelles il nous est mandé et commis d'asseoir, faire cueillir et lever et recevoir dedans le (cTici ait) dernier jour d'icelui mois la somme de quatre-vingt mille livres pour le premier payement de Taide de vi" mil (120 000) livres tournois octroyés au roi notredit seigneur par les gens des trois Etats du duché de Normandie,... en l'assemblée faite à Rouen au mois d'août passé, pour tourner et convertir, c'est à savoir dix mille livres tournois au payement de l'achat de Jeanne la Pucelle que l'on dit être sorcière, personne de guerre, conduisait les ostz (mimées) du Dauphin, etc. »

Ainsi c'est bien exprès, la prenière dépense à laquelle doit pourvoir l'aide extraordinaire votée par les Etats normands, celle qui passe môme avant le recouvrement de Louviers, c'est de payer Tachât de Jeanne la Pucelle. Elle a été bien réellement vendue, puisqu'elle a été achetée; la renommée publique en fait une sorcière ; c'est elle qui conduit les armées du roi.

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