‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 6 sur 327 · AU LECTEUR. XI · texte numérisé non relu

AU LECTEUR. XI

à deux colonnes, et nous y avons inutilement cherché plusieurs mots des Chroniques que nous avons reproduites. Ajoutons que la construction des phrases s'écarte delà construction aujourd'hui en usage. Elle prête souvent à l'équivoque, surtout dans l'emploi des pronoms relatifs qui peuvent grammaticalement se rapporter à plusieurs sujets. La phrase, parfois démesurément longue, se compose de parties qui ne sont reliées entre elles que par d'interminables et. Les mots (///, d'Ue^ semblent faire partie des articles, avec lesquels ils sont écrits comme s'ils en étaient la seconde syllabe, tant ils sont fastidieusement répétés. On les trouve employés parfois, alors même qu'il n'a pas été question du dit personnage. Les textes cités dans leur intégrité aux Pièces justificatives, au bas des pages, ou dans l'ouvrage même, démontreront suffisamment que la lecture courante de semblables documents est exclusivement réservée à quelques rares spécialistes, voués à des travaux d'érudition.

Le travail de rajeunissement a porté d'abord sur l'orthographe qui a été modernisée. Aux mots que ne comprendrait pas de prime abord un lecteur médiocrement instruit, ont été substitués les termes aujourd'hui usités. Un déplacement de mots a suffi parfois pour rendre facile l'intelligence de phrases confuses dans le texte. La suppression des ^/, des dit^ permet souvent de leur donner une coupe qui heurte moins l'oreille. Garder avec cela la saveur de la vieille langue qui, par sa naïveté, s'harmonise si bien avec le sujet, ce serait la perfection. Le but a été poursuivi ^ L'auteur est le premier à regretter qu'il n'ait pas toujours été atteint.

Mutiler un chef-d'œuvre de Michel-Ange, altérer le coloris d'un tableau de Raphaël, passe pour un attentat auprès des artistes. Quand il s'agit d'un chef-d'œuvre des mains de Dieu, tel que Jeanne la Pucelle, c'est un sacrilège. Altérer sciemment le sens des textes, c'est s'exposer à le commettre. Notre conscience nous dit que nous sommes innocent de semblable crime ; c'est avec un vrai scrupule qu'il a été procédé aux changements indiqués. Ne faire dire h l'écrivain que ce qu'il dit, tout ce qu'il dit, a été l'objet d'une préoccupation constante. Tous les jours, non seulement dans les sciences sacrées, mais dans tout ordre de connaissances, Ton argumente

1. CeKains chroniqueurs écrivent tourelles^ d'autres tourneUes^ bastilles et d'autres bastideSf etc. 11 n'y avait pas de raison de changer ce qui est parfaitement intelligible pour tout lecteur.

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