‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 7 sur 327 · XII AU LECTEUR · texte numérisé non relu

XII AU LECTEUR

d après des traductions. C est beaucoup moins qu une traduction qu'ont subi les textes de nos vieux chroniqueurs ; le^ lecteur pourra, je Tespère, faire fond sur notre travail, comme sur le texte même. Sans parler de plusieurs textes originaux reproduits aux Pièces justificatives, on trouvera, au bas delà page, ceux qui ont paru amphibologiques, ou avoir une importance spéciale.

La méthode qui vient d'être exposée n'est pas celle qui est aujourd'hui en honneur. On s'attache à la reproduction matérielle, parfois photographique des textes. Cela peut assurer la conservation de nos monuments historiques ; mais borner là le travail de l'historien, ce serait faire descendre l'histoire au rang du métier. Il est vrai que le plus souvent le texte est accompagné de notes, parfois trois ou quatre fois plus étendues que l'écrit original minutieusement reproduit. N'est-ce pas ajouter une difficulté de plus à une lecture déjà fatigante, en interrompant par des renvois, à chaque membre de phrase, celui qui l'a entreprise ? N'est-ce pas faire de l'histoire le domaine exclusif de quelques rares amateurs qui s'en partagent les lambeaux ? Quelle que soit la valeur des annotations et la somme de travail qu'elles représentent, l'auteur, au lieu d'être un historien, reste toujours un scoliaste, titre jusqu'ici peu considéré. Quoi qu'il en soit, la Vraie Jeanne d' Arc n'aurait pas mis à la portée du plus grand nombre les sources de la plus merveilleuse des histoires, si nous nous en étions tenu à la méthode aujourd'hui préconisée. Les amateurs de l'érudition pour ainsi dire mécanique, par la collation avec les originaux, pourront dire si nous avons réussi à respecter l'intégrité du sens des documents reproduits.

La Vraie Jeanne cCArc est une œuvre de recherches. Plus l'histoire de la Libératrice est en dehors des histoires connues, plus elle a besoin d'être appuyée sur des preuves irréfragables. L'on ne saurait trop redire que la Providence y a splendidement pourvu. Pas de personnage historique qui soit entré dans la postérité porté par semblable nuée de témoins bien informés, amis, ennemis, indifférents ; qui se soit révélé lui-même d'une manière plus sincère et plus à l'abri de toute méfiance.

Il y a longtemps qu'on a commencé à grouper quelques-uns de

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